Orbe: de l’orientation des casquettes

Menu de «night session» pour le Conseil communal jeudi passé. Pas moins de 13 points à l’ordre du jour, dont certains se sont révélés plutôt corsés. Si l’on a appris à la volée, de la bouche du syndic Claude Recordon, que le futur arrêté d’imposition proposé par l’exécutif pour l’année 2016 devrait rester dans les mêmes ordres de grandeur que celui voté pour cette année, le délibérant urbigène a tout de même investi rapidement plus de 2 millions de francs dans des travaux urgents.

Ainsi, le chemin de Floréal sera entièrement refait, pour un montant de Fr. 1 142 000.–, y compris le marquage au sol en blanc de places de parking demandées par la commission, mais dont la nécessité «n’a pas sauté aux yeux de l’exécutif», ainsi que le précisera le Municipal Jacques-André Mayor. Pour la STEP, le crédit demandé de Fr. 891 000.– a été adopté sans discussion. Il sera destiné pour une part à la réfection des bâtiments et pour le solde à la remise en ordre de diverses installations techniques.

Le bus à contresens

Le modeste crédit de Fr. 44 000.– demandé par la Municipalité pour la pose de feux rouges à l’avenue Donat-Golaz ainsi que pour aménager cette dernière et permettre aux bus Orbe-Chavornay d’y circuler à contresens a en revanche soulevé de nombreuses controverses. Cet objet a engendré un rapport de majorité, présenté par Fanny Naville, proposant de retourner le dossier à l’envoyeur pour nouvelle et plus ample étude, et un rapport de minorité rédigé par Eduard Zingg se prononçant en faveur de la proposition municipale. Le Municipal Jacques-André Mayor a défendu becs et ongles «son projet». «Oui il y a urgence, et celle-ci est due avant tout au nouvel horaire CFF qui doit entrer en vigueur en décembre. Nous ne pouvons pas attendre la séance de fin octobre pour nous décider sur cette question. Une question qui, par ailleurs, a des conséquences sur le long terme.

Proposer des bus supplémentaires permet de démontrer l’utilité publique et l’intensité de l’utilisation de la ligne Orbe-Chavornay. Si nous ne le faisons pas, il faudra s’attendre à ce que de futurs développements ferroviaires de cette ligne soient remis en cause» a, entres autres, expliqué le représentant de l’exécutif sur cette question. Pour la majorité cependant, «la solution du contresens à cet endroit n’est guère praticable, encore moins avec un feu rouge rendant le bus prioritaire et bloquant la circulation en provenance des Terreaux. Il doit y avoir mieux à faire, par exemple en faisant partir ces bus supplémentaires du bas de la ville, là où se trouve la majorité des utilisateurs». Finalement, et après une suspension de séance opportune, le conseil s’est rallié à une forte majorité à une solution médiane proposée par Denis Michaud: oui au préavis municipal, mais avec un délai fixé à la parution de l’horaire CFF de décembre 2016 au plus tard, ceci avec l’instruction à l’exécutif d’étudier plus calmement des variantes à ce tracé.

Le torchon a senti le brûlé

En fin de soirée, le conseil a encore élu sa commission de gestion pour l’année à venir après s’être enflammé autour de la question des doubles ou triples casquettes de certains membres de l’exécutif, sur le terrain de la désormais célèbre fusion Urbagaz-VO Energies. Ce point de l’ordre du jour est apparu à la suite d’une interpellation d’Arnold Poot, qui se demandait tout simplement pour qui roulait le Municipal Jacques-André Mayor dans cette affaire, lui qui préside Urbagaz, et siège au conseil d’administration de VO Énergies, dont le président du conseil n’est autre que le syndic lui-même. Un syndic qui a tenté de calmer le jeu en expliquant les raisons pour lesquelles les municipaux sont membres de ces conseils d’administration – pour préserver les intérêts de la commune et à cause des actions détenues par cette même commune. Il a aussi rappelé que les organes de contrôle avaient approuvé la valorisation des sociétés avant l’échange d’actions.

Le Municipal Pierre Mercier a violemment attaqué son collègue Jacques-André Mayor pour ne pas avoir informé à temps le conseil des résultats très positifs de l’exercice 2014 d’Urbagaz. «J’ai averti que je rompais la collégialité, a précisé Pierre Mercier, ajoutant que le conseil avait été trompé». Plusieurs conseillers se sont exprimés dans le sens de l’interpellation Arnold Poot. Ce dernier n’a pas souhaité transformer cette interpellation en résolution, mais a précisé «qu’il espérait très fort que dans le futur, on ne découvre pas que cette fusion a bénéficié à titre personnel à l’un ou l’autre des membres de l’exécutif. Selon une estimation du groupe Union Libre, la commune va perdre environ Fr. 250 000.– par année de rentrées d’Urbagaz SA, qu’elle «échangera» contre un modeste dividende de l’ordre de Fr. 20 000.– de VO Energies SA., si tout va bien. Quant au contribuable-consommateur de gaz, il a fini de pouvoir disposer du gaz le meilleur marché de Suisse».

TISA et cantines scolaires

L’interpellation Didier Zumbach et consorts concernant les négociations TISA et visant à ce qu’Orbe soit déclarée hors zone TISA n’a pas encore été étudiée par l’exécutif. Celle de Jennifer Ackermann et consorts concernant la sécurisation des cantines scolaires a reçu une réponse positive: les élèves resteront sous surveillance durant toute la pause de midi et pourront aussi demeurer à l’intérieur des bâtiments en toute sécurité.

Experts indépendants…

Amusant de constater que la réponse de BfB Fidam du 28 mai 2015 sur le rapport d’échange dans la fameuse fusion a été adressée à «Urbagaz SA, p. a. vo énergies holding SA, rue de la Poste 2, 1350 Orbe» et non pas au siège social d’Urbagaz SA. On ne sache pas qu’en mai Urbagaz SA eût déjà déménagé, la décision sur la fusion n’ayant été prise que fin juin par l’AG de VO Energies. À ce jour, ce siège social est d’ailleurs toujours à l’Hôtel de Ville d’Orbe. De là à imaginer quelques connivences… il n’y a qu’une petite rue à traverser.