Mais où sont passés les poissons?

Pour le groupe des pêcheurs en rivière de la section d’Orbe, le concours pour l’ouverture, le 3 mars dernier, n’a jamais été aussi catastrophique. Cette année, c’était le concours des «mayaules».

Sur la quinzaine de pêcheurs inscrits, pas un seul n’a ramené de poisson. «Une catastrophe», précise Willy Ballif, «depuis soixante ans que je pêche, je n’ai jamais vu un tel résultat».

Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé. Même dans d’autres sections, des pêcheurs confirmés ont pris très peu, voire même aucune truite.
Il y a vingt ans, même par un froid de canard, les pêcheurs les plus chevronnés attendaient d’avoir capturé leurs dix truites réglementaires avant de pouvoir fêter leurs prises bien au chaud avec leurs amis ou familles.

Mais que se passe-t-il donc?
La faute à qui? Ou à quoi? Le froid, le manque d’eau, la prolifération des oiseaux piscivores?
Bien des pêcheurs vaudois se posent la question.

Que penser du fait de la politique de remise à l’eau de poisson «de mesure». Est-ce que la «reconstruction» des cours d’eau est une si bonne chose? La protection des harles bièvres et autres cormorans n’aurait-elle pas atteint ses limites? L’assainissement des cours d’eau par la séparation des eaux usées et des eaux claires n’a-t-elle pas été trop radicale?

Il n’est pas nécessaire de faire une pêche miraculeuse à chaque fois que l’on lance sa ligne, mais prendre une truite de temps à autre ne serait pas du luxe, vu le prix du permis de pêche annuel(Fr. 150.–). Certains anciens amateurs du bouchon ont même renoncé, cette année encore, à s’adonner à leur hobby préféré.

Le débat est ouvert, sans forcément vouloir faire de polémique… Mais il serait bien dommage que notre «salmo trutta» disparaisse complètement de nos cours d’eau.

Photo Sylvie Troyon