Les Clées: pas de fusion avec Orbe pour le moment

La séance de mardi soir du Conseil général des Clées s’est transformée en marathon avec obstacles, que le président Christian Lambercy a dû franchir avec calme et persévérance. Le rachat du réseau de gaz communal, construit il y a un peu plus de 10 ans par VO Energies, n’a soulevé aucune discussion et a été accepté à la quasi unanimité. La commune touchera en contrepartie de la cession Fr. 230 000.– répartis à parts égales en actions de VOE Holding SA et en espèces.

Deuxième objet, le budget 2014 n’a pas non plus provoqué de discussion: la commune prévoit un budget équilibré  de l’ordre de Fr. 930 000.– aux recettes comme aux dépenses, «avec une tendance aux rentrées fiscales en augmentation», ainsi que l’a relevé Ernest Römer, président de la commission des finances.

Tellement mieux sans la ville

Le point central de la soirée aura été le préavis relatif à l’ouverture de discussions sur une fusion avec Orbe. Une motion de l’ancien syndic Charles Burri, opportunément appuyée par deux nouveaux assermentés du soir, demandait «que l’on attende, avant de discuter avec Orbe, que les communes du haut de la vallée, soit Ballaigues, Lignerolle, Vallorbe et l’Abergement aient fait des offres de fusion aux Clées». Le dépôt de cette motion a provoqué une demande de suspension de séance de la part de la Municipalité.

De retour, cette dernière a expliqué le choix d’Orbe, «vers laquelle la commune est tournée naturellement même si l’exécutif a admis être un peu partagé en son sein». La motion a été modifiée dans la forme. Par deux fois, au vote à bulletin secret, la motion a recueilli 12 voix pour, 12 voix contre et 4 votes blancs. Devant cette résistance, la Municipalité a purement et simplement retiré son préavis, non sans que Heidi Serex fasse remarquer qu’en juin 2013, le même conseil avait voté par 14 voix contre 8 «pour une entrée en matière des discussions de fusion avec Orbe». «Nous reculons donc, si je comprends bien» a-t-elle conclu. On ne peut que lui donner raison.

Deux démissions

La démission de Marinette Benoit est à mettre directement en relation avec le retrait du préavis sur l’étude d’un projet de fusion avec Orbe, imposé par le vote du Conseil lors de sa séance du 3 décembre. La syndique démissionnaire estime qu’elle n’avait pas d’autre choix que celui de tirer les conclusions d’un vote de défiance, ou en tout cas de méfiance en un exécutif qui travaille au bien commun de façon ouverte et responsable.

Que celles et ceux qui refusent la simple étude d’une fusion de communes soient aussi prompts à se porter candidats à l’exécutif qu’à contester le travail d’autrui. Ce d’autant plus que Catherine Gringet, municipale, a elle aussi démissionné dans la foulée, mais pour fin février 2014. Elle était aussi ouvertement favorable à une étude d’un rapprochement de communes avec Orbe.

Une fusion avec le haut n’est pas naturelle

«Je me suis investie à fond pour la commune et aussi en faveur d’un développement harmonieux dans le cadre d’une fusion avec Orbe» explique encore Marinette Benoit. Et d’ajouter: «Je ne peux plus être solidaire d’une politique communale qui tergiverse et qui, en réalité, refuse tout mariage et même toute étude de mariage.» Une fusion hypothétique avec le haut de la vallée de l’Orbe n’est en tout cas pas naturelle et suppose en premier lieu que les communes concernées soient intéressées à un tel processus. Il faudra aussi compter avec des départs de la Municipalité des Clées d’ici à la fin de la législature.


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