Les Clées: la commune vend du terrain

La semaine passée, le Conseil général des Clées s’est réuni en séance extraordinaire à l’appel de son président Christian Lambercy. Le point important de l’ordre du jour était la vente d’une parcelle communale qui avait fait l’objet de discussions lors de la dernière séance de décembre. D’emblée, la syndique Marinette Benoit a tenu à expliquer aux conseillers présents la genèse de cette séance. «Nous avons ressenti une certaine méfiance à l’égard de notre travail d’exécutif lors de la dernière séance.

Même si vous avez déjà formellement approuvé cette vente aux meilleures conditions du marché, nous avons décidé de revenir devant vous avec une confirmation de cette proposition, assortie d’un prix au m2 fixé, et ceci sur le conseil de la préfecture» a précisé la syndique. Cette introduction a provoqué la réaction de la conseillère Heidi Serex, qui, de son côté, a tenu à rappeler «qu’elle était étonnée de cette convocation, car la décision avait déjà été prise. Elle ne contestait pas la décision, mais le traitement de l’information choisi par la Municipalité, qui se différenciait à ses yeux sans raison de celui adopté pour une autre parcelle elle aussi en vente». La commission chargée d’étudier le préavis municipal a proposé d’approuver sans réserve la vente proposée. Aucun conseiller n’a souhaité s’exprimer et la vente a été confirmée au vote avec une seule abstention. Le point important de l’ordre du jour était donc traité à peine 15 minutes après le début de la séance. Mais c’était sans compter sur les interventions individuelles et autres informations qui l’ont finalement prolongée.

L’ASIBCO crée des soucis

Concernant l’autre parcelle communale encore en vente, René Lambercy, au nom de la Municipalité, a tenu à préciser qu’elle semblait assez difficile à morceler, ce qui avait été prévu au départ. Des intéressés se sont récemment désistés et la critique majeure des amateurs tient non pas dans le prix, conforme au marché, mais dans la desserte en transports publics. Au sujet de fusion possible, la syndique a informé le conseil que des discussions formelles avaient abouti avec Sergey et Montcherand et qu’un projet de fusion serait mis en route.

Avant d’aller plus loin, les communes membres de l’AIVM ont été informées et un délai leur a été donné pour faire connaître leur éventuel intérêt à rejoindre ce projet. D’autres soucis ont été exprimés au sujet de l’ASIBCO, de la possible défection des communes de Baulmes et Chavornay et des répercussions de ces mésententes sur les élèves des Clées. «Il semble clair qu’en toute hypothèse nos élèves, actuellement à Baulmes n’iront, cas échéant, pas à l’école à Sainte-Croix, mais à Orbe», a encore précisé la syndique.

Du gaz dans l’eau de la Tuffière?

Le conseiller Gilles Burri, suivi par d’autres collègues parmi lesquels Christian Benoit, a interpellé l’exécutif au sujet de la source de la Tuffière, propriété de la commune d’Orbe et située sur le territoire de Montcherand, sur les conséquences du zonage de terrains de particuliers ou de la commune en zone S1, S2 et S3 de protection des eaux prévue par la commune d’Orbe et les techniciens mandatés. Gilles Burri de préciser: «On nous dit à Orbe que ce zonage à venir est d’intérêt public, non sans un certain mépris d’ailleurs, et par conséquent que toute indemnisation est à exclure. Or le zonage entraînera des exigences qui dévaloriseront des terrains et obligeront potentiellement leurs propriétaires à faire des travaux de canalisation à leurs frais. En plus, cette source débite trois gouttes seulement en été, et en hiver, elle ne produit que des eaux peu sympathiques de fonte des neiges. La Russille, qui est entièrement en zone de protection et ses habitants ne semblent donc pas d’intérêt public, pour reprendre les arguments du municipal urbigène Jacques-André Mayor, en charge du dossier».

La syndique Marinette Benoit a indiqué que la commune des Clées ne pouvait pas s’y opposer, sauf à financer une étude géologique coûteuse et dont les conclusions pourraient aller dans le même sens que celles commandées par la commune d’Orbe. Cet avis n’est visiblement pas celui de propriétaires privés, qui ne laisseront pas passer la mise à l’enquête sans faire valoir leurs droits.

Du gaz à prévoir donc dans l’eau de la Tuffière, d’autant que la zone de protection prévue s’étend aussi sur le territoire de la commune de Lignerolle, où l’on ne trouverait pas que des heureux.

Photo Olivier Gfeller