Le revenu agricole a régressé en 2012…

Quel prix pour le lait?

Quel prix pour le lait?

PA 2014-2017, lait, revenu agricole et main-d’oeuvre étaient au programme de l’assemblée des délégués le 23 mai à Echichens.
Le président, Yves Pellaux, dans ses propos, a rappelé que Prométerre se bat sur plusieurs tableaux pour les agriculteurs, mais le seul où il ne peut rien, c’est la météo qui n’a pas été avec les agriculteurs en 2012 et c’est encore pire cette année…

PA 2014-17

Le résultat de la loi n’est pas à la hauteur des attentes de l’association vaudoise de promotion des métiers de la terre, mais il faut accepter ce compromis et aller de l’avant, tout en gardant pour but de maintenir la compétitivité de la production agricole. Les agriculteurs doivent dorénavant chercher les moyens qui leur conviennent afin de toucher malgré tout des paiements directs acceptables pour continuer leur exploitation. Contrairement aux simplifications que souhaitait le Conseil fédéral, on assiste à une recrudescence de contraintes administratives nouvelles.

À quel prix

La valeur de la production agricole a accusé une nouvelle baisse de 1.9% en 2012. La publicité offre des côtelettes de porc à Fr. 12.90 le kg, une salade pommée à Fr. 0.99 ou 6 bouteilles de vin pour Fr. 3.99 la bouteille. La seule qualité de ces produits est leur prix très avantageux. Le seul critère d’achat est-il le prix? Ne devrait-on pas plutôt chercher la qualité, la valeur nutritive, la durabilité ou l’éthique de la production? Heureusement une partie de la clientèle prend le temps de lire les étiquettes ou de faire ses achats dans des ventes directes.

Marché laitier

La crise perdure depuis des années et l’interprofession du lait n’arrive pas à l’endiguer. Une poignée d’acheteurs domine le marché et les quelque 15 000 producteurs sont dans une situation cauchemardesque. La gestion stricte des quantités, pour assurer l’adéquation entre l’offre et la demande est une condition nécessaire à la bonne gestion des ventes. C’est à ces seules conditions que les producteurs bénéficieront d’une réelle plus-value.

Revenu agricole

Selon Jacques-Henri Addor, «En 2012, vivre de l’agriculture tient autant du sacerdoce que de la quadrature du cercle. Une mission âpre, sur le plan économique, dont les exploitants s’accommodent tant bien que mal. Par ses actions, Prométerre se bat pour maintenir les acquis et empêcher l’érosion du revenu.»

L’Office fédéral de la statistique a annoncé que le revenu agricole, en 2012, a régressé de 3.7%. Voici les trois raisons principales:
- Les récoltes ont été de moindre qualité et de moindres volumes.
- La valeur de la production porcine a reculé de 7.3 %
- Le marché laitier a poursuivi sa descente aux enfers. La surproduction (en hausse de 3 %) précipite la chute des prix (- 4.5% en moyenne).

Salaire le plus bas

Le revenu agricole, inchangé depuis deux décennies, est en moyenne de Fr. 3500.- par mois pour un temps de travail proche des 60 heures hebdomadaires. À titre de comparaison, les salaires les plus bas en Suisse sont de Fr. 3560.- dans l’hôtellerie.

Le revenu agricole est par ailleurs de 41 % inférieur au salaire moyen suisse. Les exploitants du sol sont dans une situation de précarité (à quelques exceptions près) et sont dans l’obligation, pour nourrir les leurs, de trouver des sources de revenus complémentaires. Ou alors ils changent de métier, entraînant la disparition des fermes (4 par jour environ), phénomène auquel on assiste depuis trente ans.

En fin d’assemblée, le Dr Giovanni Peduto, vétérinaire cantonal, a signalé qu’un foyer de tuberculose bovine a été découvert en mars sur Fribourg. Le troupeau a été euthanasié et incinéré. Aucun cas humain n’a été détecté à ce jour parmi le personnel des exploitations touchées. Neuf foyers ont été détectés en Suisse, dont deux sur Vaud. Toutes les mesures nécessaires sont prises afin que la Suisse reste un pays indemne de tuberculose. Les produits laitiers soumis à des processus de traitement, soit thermiques (pasteurisation, UHT), soit de maturation (fromage à pâte dure ou mi-dure), peuvent être considérés comme sûrs.

Photo Marianne Kurth