Vision du soir du pendulaire Yverdon-Lausanne.

Le beau voyage !

Comme tous les matins vers six heures et demie, l’hiver, j’observe la guirlande lumineuse qui se dévoile devant l’entrée de Chavornay, rouge devant et blanche vers l’arrière, les distances entre ces flots flamboyants se rétrécissent de jour en jour, il me semble.
Me voilà engagé sur la bretelle et au ralenti; je tente de pénétrer sur la chaussée de l’autoroute, «mais il y en a bien un qui me laissera passer». Lassé d’attendre, je force le passage devant une voiture blanche qui klaxonne au son de ses 110 décibels qui me mettent déjà dans un état d’antiméditation. A force de rouler en accordéon, je traite le conducteur me précédant, de banane, puisqu’il n’arrête pas de ralentir et d’accélérer, il faut dire que la file entière agit de la sorte. En effet, malgré l’interdiction, un poids lourd dépasse un collègue qui roule 2 kilomètres par heure de moins que lui, ce qui prend bien dix minutes avant que le flux ne se rétablisse. Au large de la prochaine sortie, c’est une grosse berline qui me dépasse à une vitesse qui frise l’indécence (à se demander comment il a fait avec autant de véhicules) et qui se rabat, manquant de peu de m’envoyer faire un looping contre le talus.

Quatre kilomètres plus loin, mon attention est attirée par une voiture qui zigzague bizarrement; en la dépassant, je constate que madame est au téléphone, très expressive avec ses mains, à croire qu’elle mime une scène de Cirque. Sans encombre jusqu’à l’échangeur de Villars Sainte-Croix, me voilà bloqué dans un bouchon qui avance au pas; heureusement j’ai prévu un peu de marge pour aller travailler. ça roule enfin un peu, je me dis que j’aurai peut-être le temps d’un café, on peut toujours rêver, surtout en cette période de la journée. Après trois quarts d’heure, j’arrive dans l’enceinte du bureau où je travaille et je vais pouvoir décompresser.
Fini le boulot. Comme c’est une période où tout va bien et que dans les entreprises il n’y a plus de stress, je quitte en laissant une bonne pile de dossiers en retard et je vais récupérer ma voiture pour rentrer chez moi. Bien sûr, j’ai dépassé de quelques minutes le temps de stationnement réglementaire (je n’aurais pas dû prendre ce dernier téléphone) et le pare-brise s’est vu décoré d’un splendide PV.
Entre dingue et lambin
Comme c’est ma période corvée de courses (eh oui! pour s’en sortir financièrement, ma femme travaille aussi) je suis parti un peu plus vite du travail, car vers cinq heures, les routes sont plus fréquentées, c’est connu. Je me lance pour la seconde fois de la journée sur l’autoroute et dans une relative satisfaction, je cale ma vitesse sur les 120 km/h autorisés sur 2 kilomètres. Là, les véhicules qui me précèdent se complaisent à circuler à un bon 75 km/h. Ah oui ! il y a une voiture de la maréchaussée qui roule dans le même sens et je ne sais pas pourquoi, cela a une influence sur la vitesse, c’est dingue. Passé ce goulet, la vitesse se met peu à peu à être normale, et ça fait maintenant trois kilomètres qu’une «pseudovoiture» de sport me colle au derrière, il doit bien laisser 50 cm entre ses multiphares de Guignol et mon pare-choc et si je dois freiner? Je finis par le laisser passer, car je n’aime pas trop le coup du lapin en voiture.
Je dépasse une petite voiture qui ne devrait pas rouler sur ces tronçons à une vitesse aussi basse et essaye de frayer, à coup de clignoteurs, un passage pour sortir, car le panneau affiche la bretelle de sortie à moins de 500 mètres. Ne sachant pas comment j’ai fait pour passer entre une camionnette qui tire une remorque roulant à trop grande vitesse et le motard qui la dépassait, je suis assez fier d’avoir réussi à sortir pour aller faire mes courses.
Pour l’instant, je n’ai pas eu de problème conséquent sur la route, juste pour aller travailler, mais en remarquant l’augmentation régulière du trafic sur l’autoroute Yverdon-Lausanne, je me dis: jusqu’à quand? Car on l’entend bien à la radio, c’est tous les jours qu’elle annonce un accident, un bouchon, ou un contresens sur cette artère. Mais bon, comme tant d’autres, demain je recommence.


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