Roger Roch

L’Abergement : fin de cycle

 

Roger Roch

Roger Roch

Un vrai battant

Tout le monde connaît la verve de Roger Roch dans le milieu politique de la région. Le syndic de L’Abergement ne manque pas une occasion de dire son courroux lorsque les décisions à prendre ne lui plaisent pas. Il ne manque pas de fustiger ce canton «qui séquestre la manne des petites communes». «On prend de grandes décisions au Château mais on délègue aux municipalités le soin de régler l’addition, nous dit M. Roch. Je trouve cela injuste. Prenez les réseaux pour la petite enfance, on a créé le besoin et on doit passer à la caisse.

La facture sociale n’a pas pris l’ascenseur, mais elle a grimpé dans le ciel comme une fusée puisque nous sommes passés de Fr. 12 200.— en 1995 à Fr. 162 000.— en 2010 pour ma localité. Je ne suis pas favorable non plus à l’école continue, qui exigera de nouveaux sacrifices financiers. Dans la foulée, je suis furieux contre l’enseignement scolaire qui est lamentable, car les jeunes qui sortent de l’école arrivent dans le monde du travail avec un bagage de plus en plus affligeant.

Dans un village comme le mien, j’ai un sentiment d’impuissance, ce d’autant plus que les députés de la région ne viennent même pas à notre rencontre pour s’informer de nos soucis alors qu’ils devraient être des éléments-moteur».

On leur doit tout sans retour

Malgré tout, ce ne sont pas uniquement ses démêlés avec le Canton qui ont fini par lasser Roger Roch. Les chamailleries entre voisins l’ont aussi irrité. «J’aime les gens et j’ai de la peine à comprendre pourquoi les citoyens se montrent si peu respectueux de l’autorité. Ils pensent qu’on leur doit tout, mais qu’ils n’ont rien à donner en retour. Ce n’est rien d’autre que de l’égoïsme. Cette absence de convivialité me navre, alors que l’on tente d’aider au mieux nos concitoyens.

Ils ne savent peut-être pas que l’on doit sans cesse se battre. Voyez nos projets de parc éolien, les écologistes les contestent mais qu’ont-ils d’autre à proposer ? Ils veulent économiser l’énergie, mais en s’opposant aux panneaux solaires ou au biogaz, ils nous poussent vers le nucléaire, qui n’est tout de même pas la panacée ».

S’occuper des siens

Roger Roch quittera son fauteuil l’âme en paix. Le gaz et le téléréseau ont été installés dans le village. La tuyauterie, épuration et conduites d’eau ont été presque totalement renouvelées. Nous avons aussi obligé les transports publics à desservir le centre du village, ce qui a nécessité pas mal de négociations. Nous avons un seul souci avec l’or liquide car nous dépendons uniquement de la source Mercier en association avec d’autres communes. Nous envisageons un forage dans l’une de nos forêts mais il faudra dépenser Fr. 70 000.—pour sonder le sol, avec bon espoir de trouver de l’eau.

S’il y a des crève-cœur dans la vie d’un municipal et d’un syndic, il y a aussi de beaux moments comme la rencontre avec de nouveaux habitants charmants. Roger Roch a du reste trouvé des candidats pour compléter la Municipalité à l’heure des élections, car il redoute la fusion, prétextant que l’agrandissement du district a déjà réduit cet aspect de proximité qui existait lorsque les instances cantonales étaient présentes à Orbe.

Il quittera l’Exécutif après avoir passé sept ans comme municipal et 2 législatures (neuf ans et demi) comme syndic. Roger Roch (53 ans) se consacrera à son entreprise mais surtout à sa famille et à ses trois filles afin qu’il les voit grandir sans oublier de renouer avec l’apiculture qu’il avait été un peu mises de côté, pour mieux «piquer» le Canton!

Photo Pierre Mercier