La Praz : la route était fermée pour une bonne cause
237 - 100910, La Praz 17.09.2010
Les travaux étaient terminés et les noms des rues posés.
Les derniers préparatifs
La route de ce village, tout en longueur, était promise pour trois jours, aux piétons, aux habitants, sur deux jambes ou à quatre pattes, sans souci de voir une voiture débouler sur cette avenue, toute neuve et propre en ordre.
La Société de Jeunesse Juriens-La Praz, préparait son caveau et les anciens (de la Jeunesse) bricolait une aire d’arrivée, aux allures de celles d’un marathon… pour les habitants avec un Baby-Foot juste à côté d’un petit bar convivial pour étancher la soif des joueurs, sans oublier la musique.
Un peu plus loin, Willy s’affairait sur la poussière des chaises pour le boulodrome tout neuf, posé juste à côté de chez le syndic, Frédy Schnyder.
Le fromager et sa femme s’activaient à la préparation des tables pour la raclette, surveillant le petit dernier, épris de liberté routière.
Le soleil n’était pas bien haut
Une tente imposante barrait la route aux plus audacieux près de la grande salle, où l’apéritif et le repas seraient servis. Et tout au bout de l’avenue, le petit café, accueillait ses premiers clients. Ils avaient encore le temps, la cérémonie devait débuter à 10h30, devant la ferme des Osches… Ouis, mais, le quart d’heure vaudois n’est pas de mise à La Praz, ce serait plutôt une doublette ou son jumeau! Le programme avait pris du retard. Que voulez-vous, les «Pratoux» prennent le temps de respirer. Ils ont raison.
Cortège et flonflons sur la Grand-Rue
Depuis la grande salle, la Jeunesse Juriens-La Praz a rallié la ferme des Osches au son des tambours et grosses-caisses, avec une motivation phonique débordante. Conviés par la municipalité du lieu, les syndics de Moiry et de Mont-La-Ville étaient venus en voisin, ils paratgeaient les derniers potins avec Frédy et la population, sous un magnifique soleil.
Ensuite, la fanfare la Fifette, a pris les choses en musique, et drapeau du village en tête, elle a ouvert le cortège, emmenant dans son sillage les autorités communales, les invités, les enfants, les parents et les étrangers du dehors… pour cheminer jusqu’au centre du village, juste devant le collège, où les discours étaient prévus.
L’eau au village, une histoire ancienne et complexe
Après les remerciements d’usage et sincères du syndic, Frédy Schnyder parlait de l’historique de l’eau pour le village. Il donnait lecture des recherches faites par Claude Graber dans les archives communales et auprès de la mémoire des anciens, sur l’histoire de l’eau dès le début du 19e siècle à nos jours.
Les premières fontaines en pierres sont arrivées au village vers 1818 venant du carrier de Vaulion Marc-Antoine Bignens, elles remplacèrent quelques bassins en bois, des «auges», qui se détérioraient rapidement. Au début du 20e siècle l’eau se facturait aux nombres de robinets. Depuis 1975, des compteurs furent posés dans chaque maison.
Lors des travaux entrepris par la commune dès 2009, toutes les lignes aériennes, téléphone et électricité, étaient mises en terre, conjointement avec les conduites d’eau toutes neuves et le séparatif. De grands candélabres, élégants et de couleur vert bouteille, illuminaient l’avenue pour le confort de ses habitants. Un investissement énorme pour cette petite commune du pied du Jura. La parole était donnée à Gabriel Cuvit, président du conseil général.
Alors ils ont fait une grande fête
Ils ont pris toute la rue, les enfants profitaient de faire un aller et retour sur la grande avenue avec les ânes d’Anni et Jean-Jacques Sordet. Une table de ping-pong vint bientôt concurrencer le Baby-Foot, et plus loin, un peu en retrait de la route, le boulodrome résonnait des premiers sons mats des boules ferrées atterrissant dans le sable.
Frédy avait réussi à récupérer un poteau de la CVE, qui avait été payé par la propriétaire de l’époque. Et ne se laissant pas démonter, il en demandait deux autres, pour faire les limites du boulodrome. Ça, c’est du recyclage, où je ne m’y connais pas!
Le soir, les enfants n’ont pas été au lit de bonne heure… les adultes, non plus!
Et le dimanche matin, ils étaient à nouveau tous dans la rue, pour prendre le déjeuner face au lever du soleil, révélant un panorama idyllique et sans fil…!
Le village privé de circulation, ce sont les chaises, les tables et les bouteilles qui ont été légion pour remplacer le trafic motorisé. Un parfum d’antan qu’il faisait bon partager.
Photo Marlène Rézenne










