Anne-Marie Maillefer, secrétaire générale de la Fondation pour l’Accueil de Jour des Enfants.

L’accueil de jour des enfants coûte très cher

Anne-Marie Maillefer, secrétaire générale de la  Fondation pour l’Accueil de Jour des Enfants.

Anne-Marie Maillefer, secrétaire générale de la Fondation pour l’Accueil de Jour des Enfants.

Plus d’une cinquantaine de conseillers municipaux avaient répondu présent jeudi dernier à Grandson à l’invitation de l’ADNV pour une séance de travail traitant de l’accueil de jour de la petite enfance, et notamment des coûts et de l’efficacité des nouveaux réseaux mis en place depuis quelques années.

Plusieurs orateurs se sont succédé pour couvrir un aspect du sujet. Anne-Marie Maillefer, secrétaire générale de la FAJE (Fondation pour l’Accueil de Jour des Enfants) a ouvert les feux par un historique de la création des réseaux, pour se tourner rapidement vers des chiffres concrets. Le canton compte actuellement près de 30 réseaux intercommunaux. Avec les communes concernées, font aussi partie de ces réseaux les grandes entreprises, qui financent une partie des coûts totaux.

La FAJE, qui a un budget annuel de l’ordre de 40 millions, consacre près de 80 % de ce budget au financement des prestations ou des créations de places d’accueil. Si les tarifs appliqués aux parents usagers, qui doivent nécessairement travailler pour pouvoir prétendre à une place d’accueil, sont relativement lissés au niveau cantonal, ce qui n’est absolument pas le cas du tarif pour les communes, et donc pour les contribuables, parents ou pas cette fois. Dans le Chablais, le coût annuel des réseaux par habitant s’élève à Fr. 44.–. Il est de Fr. 99.– à Pully, de Fr. 150.– à Bussigny, et de Fr 92.– à Orbe-La Vallée (AJOVAL). Ce coût, par commune membre, est constitué d’une «contribution socle», payée en toute hypothèse, et d’une quote-part calculée en fonction de l’utilisation effective du réseau par des parents résidents.

Planification financière difficile au niveau du réseau

Au niveau des réseaux, la planification financière semble difficile, si l’on en croit Pascale Fischer, qui a présenté le réseau de Grandson et environs (RadEGE). En effet, les barèmes appliqués aux parents reposent sur leur capacité contributive. Si plusieurs familles plutôt aisées quittent simultanément le territoire couvert pour être remplacées par plusieurs familles vivant avec des salaires bas, les sommes encaissées par le réseau en seront immédiatement réduites, sans pour autant que les coûts changent. Ce qui ne simplifie pas la tâche des gestionnaires.

Des communes en solo

Les communes n’ont pas d’obligation d’adhérer aux réseaux. Mais elles doivent alors organiser l’accueil sur leur propre territoire selon les principes édictés par la FAJE et surtout par le SPJ (Service de protection de la jeunesse) dont les exigences semblent parfois faire peu de cas des coûts qu’elles engendrent. Le cas de Donneloye  a été évoqué par Albert Frey, le syndic de Prahins (dont la commune a fusionné avec Donneloye avec effet au 1er janvier 2012). Cette commune s’organise elle-même, après une étude des besoins, qui a fait ressortir que seuls deux ou trois cas par année ont été recensés entre 2005 et 2010. Il n’en reste pas moins que ce mode de faire  peut fonctionner dans certains cas, mais semble malgré tout difficile à maintenir à long terme.

De fait les autorités de Donneloye et d’autres communes ayant refusé l’adhésion ont mis des préalables à d’éventuelles adhésions : que les réseaux soient vraiment interconnectés, sans exclusivité, jouissent de plus d’indépendance et que l’on tienne compte des particularités locales, notamment dans le choix des personnels engagés pour les tâches en question.

Nul doute que des solutions nouvelles de financement devront rapidement être trouvées, certaines petites communes ne pouvant contribuer plus qu’elles ne le font ; les parents, de leur côté, voient leurs factures de garde d’enfant amputer une bonne partie du deuxième salaire du couple.

Photo Olivier Gfeller