Gens du voyage: des conditions moins propices

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Etienne Roy s’est vu confier la responsabilité des gens du voyage en Pays de Vaud, en remplacement de Pierrette Roulet-Grin. Dans le même temps, le canton a modifié les conditions d’hébergement de ces personnes. En effet, les expériences vécues, ces dernières années dans certains villages, ont contraint l’Etat à prendre des mesures drastiques, comme nous l’explique le Préfet. «En premier lieu, ces caravaniers devront être signalés à la police dès leur apparition sur le sol communal.

Si le propriétaire du terrain qu’ils occupent ne les admet pas, ils devront quitter les lieux sur le champ. Au pire, ils seront évacués de force dans les 24 heures. A l’inverse en cas d’acceptation, ils pourront rester trois jours et leur présence devra être annoncée à l’autorité communale qui admettra ou pas leur présence. Il faut savoir que cette autorisation implique des aménagements comme l’évacuation des déchets, la protection des eaux et oblige à veiller sur d’éventuelles entraves aux services d’intérêts généraux ou à la circulation routière. En principe, la permission de s’installer s’accompagne souvent d’une contrepartie financière. Cette acceptation est la source de bien des ennuis ensuite puisque l’évacuation de ces gens pourrait dépendre d’un jugement civil d’exécution forcée qui peut prendre plusieurs jours voire quelques semaines».

Pas confier des travaux

Ce durcissement a plusieurs raisons. D’abord, Vaud veut contraindre ces gens à occuper les sites qui leur sont réservés (Payerne et Rennaz) comme il espère que les cantons voisins offriront également des lieux de stationnement. Il recommande aussi à la population d’éviter de leur confier des travaux, notamment à propos de l’aménagement de leur maison. Les Gitans utilisent des produits polluants et n’hésitent pas à les déverser n’importe où pour atterrir dans les cours d’eau sans se soucier des conséquences. Du reste, les postes-frontières vont devoir veiller à ce que ces produits ne pénètrent pas sur le territoire helvétique. Accepter de l’argent peut avoir aussi des implications gênantes dans la mesure où les négociations deviennent plus délicates par la suite. Il est fini le temps où un chef de groupe pouvait négocier seul le séjour. Si les gens du voyage suisses sont plus dociles, ce n’est pas le cas avec les étrangers, notamment les Français ou les Irlandais. Clairement, le Canton a décidé de mener la vie dure à ces voyageurs car leur conduite n’est pas acceptable, étant donné qu’ils ne respectent pas les consignes qui leur sont imposées.

Etre vigilant

Il faut savoir encore que les gens de voyage paient 15 francs par jour et par attelage à Rennaz ou Payerne, du 1er mars au 30 octobre seulement, mais ils ne peuvent pas stationner plus de deux semaines sur ces aires. S’il est nécessaire de les déloger, leur sort dépendra de la disponibilité de la police ou de la gendarmerie. C’est dire que la tâche d’Etienne Roy ne sera pas simple et c’est la raison pour laquelle il en appelle à une certaine vigilance des communes pour éviter des problèmes. En conclusion, commercer avec ces gens est délicat. Ainsi à titre d’exemple, plus d’une personne ayant acheté un tapis s’est trouvée délestée de son bien après l’avoir exposé au grand air, comme le recommandait le vendeur, qui est venu reprendre l’objet pendant la nuit!