Le lys martagon

Flore: ces rois modestes

Leur beauté sophistiquée avec ce brin d’exotisme fait qu’on peut les remarquer de loin... et pourtant.

Les lys sauvages, que ce soit le chatoyant lys safrané orange (Lilium bulbiferum croceum ) ou le romantique lys martagon rose (Lilium martagon ) tous deux font partie des 30% des plantes menacées en Suisse. C’est grâce aux cultures extensives, celles qui ne maximisent pas le rendement et qui utilisent des ressources naturelles, que le lys safrané commence enfin à se stabiliser dans les statistiques.

Originaires de Syrie, les lys ont une histoire parmi les hommes. En Égypte ancienne, ils étaient déjà symbole de résurrection. Hâpy, dieu du Nil, en était coiffé. En Grèce antique, c’est la déesse Hera qui, lorsqu’elle créa la Voie lactée grâce à son lait, fit tomber une fine goutte de celui-ci sur terre et un lys blanc apparut. Les lys s’observent aussi sur les mosaïques de nos églises, jusqu’à Rome. Les Carolingiens, pour Charlemagne qui en était fou, cultivèrent beaucoup de lys dans les jardins royaux.

Puis c’est Louis VII qui imposa le lys comme symbole de royauté, en semant le trouble chez les historiens avec la «Flor de Loys» (fleur du Roi Louis) qui phonétiquement ressemblait beaucoup à «Flor de Lys».

En Savoie, le lys martagon était appelé «racine d’or» jusqu’à la fin du XIXe siècle. On l’utilisait comme nourriture, teinture et les alchimistes ont tenté de l’utiliser comme transformateur de matière en or. Il paraît que son nom aurait été donné par ces derniers, signifiant «de la planète Mars». Que ce soit sur le drapeau de Québec, de Bruxelles, de Serbie ou encore du Détroit du Michigan, le lys est mondialement connu. Et dans nos belles contrées le connaissez-vous?

Ces jours il fleurit parfois dans les pâturages d’altitude, où il domine les graminées, parfois en lisière de forêt ou encore dans les hêtraies claires de basse altitude.


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