Géraldine Savary et Luc Recordon sur la Place du Marché à Orbe.

Élections fédérales: Luc Recordon tire sa révérence

S’il n’y a pas grand-chose à redire à l’élection d’Olivier Français en terme d’équilibre des blocs gauche-droite, ce dernier devra remercier les districts périphériques en général et la campagne en particulier. Le municipal Lausannois n’a guère brillé sur ses terres, alors que les suffrages UDC sont probablement venus s’ajouter à ceux du PLR hors des villes centres. Ce fauteuil de sénateur a été enlevé au nom de l’arithmétique électorale, quand bien même le résultat fort honorable de Luc Recordon a largement dépassé le potentiel actuel des Verts, en nette régression.

Dimanche soir, Luc Recordon analysait son échec en ces termes: «le savoir perdre fait partie du savoir-vivre». Cette déclaration est emblématique du personnage qui, bien qu’élu au Conseil national, a décidé de quitter la scène politique fédérale, afin de laisser sa place à une co-présidente nationale des Verts non réélue.

Cette décision regrettable est celle d’un gentleman-politicien comme on n’en rencontre plus. Un homme pour lequel les valeurs et l’élégance ont toujours prévalu sur le plan de carrière et les ambitions personnelles. Luc Recordon a su s’approprier l’univers politique par ses brillantes facultés intellectuelles et son esprit d’indépendance, alors qu’habituellement c’est le monde politique qui soumet les élus à ses lois et usages.

Puissent les nouvelles générations de politiciens produire des hommes et des femmes jouissant de la même indépendance d’esprit et capables d’aller au-delà de la récitation de programmes politiques qu’ils soient de gauche, du centre ou de droite… Ironie du sort et du calendrier, Luc Recordon quitte la scène fédérale en même temps que Eveline Widmer-Schlumpf qu’il avait activement contribué à installer sur le fauteuil d’un certain Christophe Blocher.