André Perret, président du comité directeur des eHnv.

eHnv: l’ère de la concurrence

Il est terminé le temps où les établissements Hospitaliers du Nord vaudois pouvaient se contenter d’accueillir des patients pour réparer une santé déficiente. Désormais, avec l’arrivée des cliniques privées, dont un projet est imaginé à Yverdon, l’heure de la concurrence a sonné. Depuis plus d’un an, le comité directeur a concocté un plan stratégique pour faire face à ces nouveaux défis de manière, également, à répondre aux besoins d’une population qui vieillit. A partir de ce constat, il a été nécessaire de prévoir une politique et des objectifs clairs, afin que l’offre des eHnv soit très satisfaisante. Cinq orientations majeures ont été arrêtées soit:
– Centralisation des activités de soins aigus spécialisés à Yverdon-les-Bains où les patients seront hospitalisés à la suite d’un traumatisme grave (accident, AVC, etc.)
– Maintien de deux hôpitaux régionaux de proximité à Saint-Loup et à La Vallée.
– Construction du centre de traitement et réadaptation unique pour l’ensemble du Nord vaudois à Orbe; pour permettre aux personnes de se rétablir après une intervention douloureuse.
– Ouverture de permanences médicales proches de la population pour les soins d’urgence qui ne nécessitent pas d’hospitalisation (médecine de premier recours)
– Développement des activités ambulatoires de manière à opérer des gens pour un séjour hospitalier de 24 heures au plus avant le retour à la maison.

Constructions dans les dix ans

En matière de construction, un troisième bloc opératoire a été ouvert cette année au centre de chirurgie ambulatoire d’Yverdon, de même qu’une permanence médicale à Orbe. En 2017, une autre permanence va voir le jour à Cossonay. L’agrandissement de l’hôpital d’Yverdon est prévu pour 2020, avec deux ans de retard, suite aux tergiversations de l’ancien directeur. Enfin, la construction d’un centre de traitement et de réadaptation devrait voir le jour à Orbe en 2025 au plus tard sur le site de Gruvatiez.

IRM à Saint-Loup, scanner au Sentier

La révision de l’assurance-maladie (Lamal) en 2012 a profondément modifié le paysage hospitalier suisse. Concurrence, financement par cas et centralisation des activités ont changé les données, surtout avec une population dont le 20% aura plus de 65 ans en 2020. Ce plan stratégique a pu être mis en place avec la collaboration des soignants, des partenaires et des communes. Ainsi, un effort sera fait sur Cossonay dont on espère conserver une clientèle qui avait l’habitude de séjourner à Saint-Loup. Dans cet établissement, on envisage d’installer une IRM même si le conseiller d’Etat Maillard estime qu’il y en a trop dans le canton, pour la plupart sur l’arc lémanique, alors qu’il n’y en a pas entre Lausanne et Yverdon. Un scanner devrait occuper l’hôpital de La Vallée pour établir un premier diagnostic, dans une région éloignée des grands établissements vaudois.

Spécialisations nécessaires

Si aujourd’hui, nombre de médecins choisissent la pratique en tant que privés, il est indispensable d’offrir des perspectives dans les hôpitaux publics. Ainsi, Yverdon-les-Bains s’est spécialisé dans l’orthopédie (prothèse de hanche ou de genou, etc.) ainsi que dans la neuro-orthopédie (arthrose liée à la colonne vertébrale, etc.). Saint-Loup demeurera le centre vaudois, voire romand, en matière d’ABC (boulimie, anorexie, etc.), alors que la médecine ambulatoire que l’on soigne sur l’instant sans hospitalisation est un autre argument des eHnv. Selon le directoire, le personnel dans son ensemble adhère à ces orientations et certains médecins affirment même qu’ils se sentent plus à l’aise dans un hôpital qui offre des activités diverses, plutôt que de se confiner dans la même spécialité. On doit finalement se réjouir des options prises par les eHnv qui sont autant de paris sur l’avenir dans le domaine de la santé en profonde mutation et dans lequel il faut fidéliser la clientèle.