Jonas découvre la «poésie» des routes australiennes.

Jonas Goy, l’avaleur de bitume

Jonas découvre la «poésie» des routes australiennes.

Jonas découvre la «poésie» des routes australiennes.

C’est sous ce titre que je vous présente le pédaleur fou, le dévoreur de kilomètres qui n’est autre que Jonas, le troisième des rejetons de votre serviteur, le petit dernier… 1 m 78 tout de même, que du muscle, tout ce qu’il faut pour un tour d’Australie à vélo de 18000 km et 100 kilos de bagages au départ. Vous l’avez certainement déjà découvert dans un article de l’Omnibus en fin mars, juste avant son départ.

Je vous livre ici quelques éléments de son aventure, qui sont d’ailleurs tirés de sa page Facebook ici.

Première épreuve, 27 heures d’avion… Puis, dans l’aéroport, remonter son vélo qu’il avait démonté pour le transport dans deux énormes cartons. Très tôt, les premiers ennuis matériels arrivent: il se débarrasse de plusieurs choses inutiles, d’autres l’abandonnent, comme son matelas autogonflant, ainsi que son camping gaz. Pire encore, la tente décède prématurément. Il faut la renvoyer en Suisse, en acheter une autre sur place. Un téléphone satellite devient indispensable avant d’affronter le désert.

Dans le désert justement, des étapes de 200 km l’attendent. Il pédale alors parfois jusqu’à vingt heures pour les couvrir, avec vent de face. A Perth, dans l’ouest de l’Australie, il se débarrasse de sa remorque qui a cassé, ainsi que d’autres ustensiles devenus inutiles. Mais c’est plus tard qu’il va accomplir ses plus grandes étapes, toujours contre le vent, avec une pique à 315 km ... pour rejoindre Darwin. Troisième renvoi de matériel en Suisse. Les problèmes ne sont pas terminés ; après avoir quitté cette ville, son dérailleur le lâche. Impossible de réparer. Personne pour le ramener à la ville ; il pousse son vélo sur 90 km, en 17 heures de marche forcée.

Il nous téléphone que, cette fois-ci, il revient en Suisse. Le lendemain, deux âmes charitables l’ont aidé à réparer. Et ça repart ! Il pédale maintenant en direction de Cairns où l’attend le dessert, la côte est, un paradis verdoyant à côté des grandes étapes désertiques qu’il aura franchies. Il est actuellement à Katherine pour essayer de changer sa quatrième roue. Pour un bilan chiffré actuel, il a couvert 11000 km en 70 jours, alors qu’il s’était donné une année pour parcourir les 18000 km estimés! Moyenne: 160 km environ par jour.

Au niveau des rencontres, sa route le mène d’abord chez Janine, une femme qui va l’accueillir et le préparer à prendre son grand départ dans le désert. Autre rencontre : une troupe de kangourous qui le suivent sur deux kilomètres, dont un de deux mètres de haut. Il a aussi la compagnie de koalas, serpents, araignées et surtout moustiques contre lesquels il arbore une moustiquaire qui ne le quitte pas. Il sera accueilli par son voisin de Romainmôtier à Perth où ce dernier fait une école de langue de trois mois, logeant chez son oncle.

Sur la route, il croise plusieurs rouleurs comme lui qui font le même tour, dont un qui fait le tour du monde à vélo pour réaliser un record de rapidité qui figurera dans le Guiness Book. Sarah Marquis lui répond sur le net pour l’encourager et lui donner de précieux conseils. Un Australien lui offre même deux jours de motel et un tour de la région en voiture. De joyeux moments passés au camping avec des gars et filles de son âge ponctuent son quotidien. La route lui offre le passage impressionnant de trucks suivis de trois remorques.

Pour conclure, les problèmes matériels prennent une place toujours plus importante. Le vélo accuse le coup, 11000 km laissant plus de traces sur la bécane que sur l’homme. Heureusement, le but pointe son nez, le gros est fait. Mais rien n’est gagné, comme au tennis, avant que le dernière balle ne soit jouée.

Texte Serge Goy