Le syndic Thierry Candaux dans les installations.

Croy: de l’eau pour pomper l’eau !

Entre Vaulion, Romainmôtier et Croy, tout un patrimoine hydraulique est encore visible et même en activité. Il y a eu de nombreuses scieries, forges, clouteries, tanneries et des ateliers d’artisans qui ont eu recours à cette énergie gratuite avant l’installation de l’électricité qui a changé bien des choses. Mais, aujourd’hui, en se promenant le long du Nozon, on peut recenser pas moins de 53 bisses ou canaux et 6 biefs secondaires.

Héritière directe de ce patrimoine, la commune de Croy possède une machine un peu hors du commun. Dans son petit abri en ciment, juste en amont de la cascade du Dard, c’est une immense roue à aubes de 4 m de diamètre qui fait tourner une pompe qui sert à remonter l’eau d’une source d’eau potable à deux réservoirs distincts, situés à environ 2 km de distance et à une altitude supérieure de 120 mètres.

L’inventivité des anciens

Cette installation a été construite en 1911 au moment où les villages de Romainmôtier et de Croy ont été dotés de l’eau courante. L’impressionnant mécanisme que l’on peut voir encore aujourd’hui en fonction date de cette époque. Bien sûr, l’arrivée de l’électricité a amélioré les choses. La pompe est secondée par une pompe électrique alors que le débit du Nozon est insuffisant. Mais c’est quand même une puissance de 5,5 CV qui est dégagée. Sa rénovation en 1995 a valu à Croy de recevoir le prix de lauréat du Concours urbistique de 1998 pour la conservation du patrimoine bâti. La production d’énergie de cette roue à aubes permet de réduire la facture annuelle d’électricité d’environ 60%, soit une économie de 3500 fr. par an.

Technologie actuelle

L’automne dernier, la commune a procédé à une modernisation électronique. Un système de surveillance à distance a été installé et donne l’alerte à la Maison de commune en cas de dysfonctionnement ou de manque d’eau. «De plus en plus, nous sommes dépendants du débit du Nozon pour la faire tourner. Elle fonctionne environ quatre mois par an à l’électrique. Par contre, la source est plus stable. Elle nous offre un débit permanent entre 90 et 120 litres/minute. Cette mécanique est une affaire de passionnés et elle a toujours été très bien entretenue.

Mais nous envisageons un jour que ce petit bâtiment devienne une mini-centrale hydroélectrique qui fournirait alors assez d’énergie pour faire tourner la pompe avec nettement moins d’entretien. La technologie le permet aujourd’hui. Mais la démarche essentielle reste le maintien de ce patrimoine.», a expliqué, sur place, le syndic Thierry Candaux.


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