Le syndic Christian Kunze et Olivier THibaud, auteur du rapport de minorité

Chavornay: au peuple de s’exprimer sur la fusion

Comme il fallait s’y attendre, les législatifs des 5 villages (Belmont, Chavornay, Corcelles, Ependes et Essert-Pittet) ont donné leur feu vert à la poursuite du projet de fusion. Le gros travail effectué par le comité de pilotage se voit récompensé même si cette phase initiale a frustré quelques municipaux. Les délégations communales étaient composées d’un syndic et d’un municipal. Les collègues de ce dernier n’hésitent pas à faire part de leurs frustrations pour avoir été peu informés ou à défaut d’avoir été contrecarrés sans égard par les membres de la société qui a accompagné le projet. Si la fusion veut devenir réalité, il sera nécessaire de profiter de ces deux mois, jusqu’à l’heure de la votation (25 janvier 2015), pour communiquer au mieux, afin que la population puisse se prononcer en toute connaissance de cause

Arguments douteux

Au cours de la séance de Chavornay, partisans et adversaires se sont affrontés (des rapports de majorité et de minorité ont été présentés) faisant valoir des arguments de qualités inégales. Dire que les futurs municipaux des petites communes n’auront pas les compétences nécessaires pour occuper leur fonction est vexant. Prétendre que les coûts vont exploser en matière de personnel paraît excessif, car il serait étonnant qu’il faille, par exemple, une travailleuse sociale supplémentaire pour veiller à l’évolution de la jeunesse dans les petits villages! Mais la perte d’une certaine autonomie communale peut susciter des craintes puisqu’il s’agira d’allier son sort à des villages, comme Belmont et Ependes, avec lesquels les Chavornaisans ont peu de relations, sauf sur le plan scolaire.

Stratégie de circonstance

S’il est vrai que Chavornay n’a rien à gagner sur le plan financier (baisse du taux d’impôt de 72 à 70 points, mais augmentation du coût de l’eau d’où un équilibre), le protectionnisme villageois est réapparu. Certains conseillers regrettent que leur commune soit si mal représentée dans l’Exécutif (3 de Chavornay pour un représentant de chacune des 4 autres communes pour un total de 7 municipaux). C’est oublier qu’une autre stratégie pourrait faire capoter le projet, comme l’a dit le syndic Kunze: «Les futurs partenaires ont besoin de garanties au moment de lier leur sort à la plus grande commune. L’adoption d’un arrondissement unique aurait probablement contribué à une sous-représentation des plus petites localités, avec les risques inhérents. «Mais on a le droit de penser que Chavornay peut vivre seule et le choix définitif sera du ressort de la population comme certains conseillers l’ont clairement souhaité (J.F. Schneiter – C. Auberson)

Solidarité et attractivité

Un phénomène de solidarité intervient également. Belmont, Corcelles, Ependes et Essert-Pittet ont sollicité leur grand voisin avec le vœu de fusionner. Refuser de leur tendre la main ne serait pas bienvenu. Le projet est donc visionnaire. Partout, on constate que l’intérêt pour les affaires communales s’effrite. Intégrer une municipalité aux sujets multiples rend l’exercice plus intéressant, ce qui ne manquera d’accentuer l’intérêt des candidats futurs.

On imaginait que les partis pèseraient davantage dans la décision, mais force a été de constater que leurs membres sont divisés sur le sujet, en particulier à droite, alors qu’il semblerait que la gauche ait plus à craindre de cette fusion. Dans les arguments de la commission qui s’était penchée sur la poursuite de l’objectif, il avait été mentionné que la future grande commune de Chavornay serait un contrepoids à Orbe, voire à Yverdon, mais il serait faux de penser de cette manière. Cette région doit absolument collaborer afin que le Nord vaudois puisse être un partenaire solide par rapport au reste du canton et notamment vis-à-vis de l’arc lémanique. Jouer sa carte chacun de son côté serait contre-productif.

Informer précisément

On notera enfin que la votation du mercredi 12 novembre a démontré la volonté claire de chaque législatif de poursuivre l’aventure. Les citoyens des cinq communes se prononceront donc à la fin janvier avec l’espoir d’obtenir la subvention la plus élevée prévue par le Canton pour les fusions (1,3 million de francs). Reste que le comité de pilotage devra dissiper tous les doutes de ses habitants en les informant de manière la plus précise possible.