Cécile Ehrensperger, pendant son exposé

Six requérants effectuent des TUP à Baulmes

Cécile Ehrensperger, pendant son exposé

Cécile Ehrensperger, pendant son exposé

Depuis le 14 septembre et pour une durée de quinze jours, six requérants d’asile du foyer de Sainte-Croix se rendent chaque matin à Baulmes par le train, afin de participer activement, en collaboration avec les forestiers de la commune, à des travaux d’élimination de plantes envahissantes.

La mise sur pied de ce court programme de travaux d’utilité public (TUP) a été rendue possible grâce à la collaboration de l’EVAM et de la commune de Baulmes. De nombreux autres chantiers de ce type ont lieu ou ont eu lieu dans le canton, en général à la satisfaction des parties en présence. Il s’agit dans l’esprit de l’EVAM de permettre aux requérants de lutter avant tout contre une oisiveté qui s’avère lourde à supporter au fil des mois.

Et aussi de réaliser un petit pécule supplémentaire. L’EVAM a mis sur pied mardi soir passé à Baulmes une séance d’information publique à ce sujet, et surtout au sujet des régimes complexes et divers sous lesquels vivent les requérants d’asile. Cette information a été donnée en présence du syndic Julien Cuérel et de la municipale des affaires sociales Cendrine Cachemaille.

Un parcours juridique et humain complexe

C’est la responsable du secteur Nord et Ouest de l’EVAM Cécile Ehrensperger qui a présenté à une vingtaine de personnes intéressées par le sujet le parcours juridique du requérant d’asile en Suisse. Un parcours complexe et sinueux, parfois juridiquement contradictoire et moralement schizophrène, surtout lorsqu’on lui demande d’être intégré et financièrement assumé tout en lui interdisant de travailler.

L’oratrice du soir a tenu à relever le nombre finalement peu élevé en pourcentage et en chiffres absolus de requérants. Une proportion d’environ 4% de la population qui au niveau mondial semble n’avoir pas varié depuis les grandes migrations du 20e siècle qui elles voyaient les Suisses s’expatrier aux USA, au Canada et en Australie, par exemple. Parmi les nombreuses données qui caractérisent les statuts des requérants actuellement en Suisse, il faut retenir que même si la législation est fédérale, elle est appliquée de façon très contrastée d’un canton à l’autre. Pendant que le canton de Vaud accueille en permanence plusieurs centaines de requérants d’un certain type, Zurich en accepte… quatre. Autre mentalité, autre façon de voir les choses, autre lecture de la loi, la question reste ouverte.

Le public n’a que peu participé au débat. Une critique générale contre les médias attiseurs de feu a été formulée par un enseignant, qui leur reproche sans distinction de monter en épingle ce qui fait vendre au détriment d’explications et d’analyses. Critique d’ailleurs partagée par la conférencière du soir. L’Omnibus n’entend pas polémiquer sur ce point. Il relèvera simplement que lui était représenté lors de cette séance.

A noter que la même conférencière sera à Orbe le 3 octobre à 19 h. 30 au Casino, en compagnie de différents intervenants pour expliquer au public le parcours complexe du requérant, ceci dans le cadre de l’ouverture de l’abri PC urbigène à une cinquantaine de requérants en manque cruel de toit.

Photo Olivier Gfeller