Photomontage depuis le Suchet.

Parc éolien du Bel Coster : l’un des trois parcs inscrits au plan directeur cantonal

 Photomontage depuis le Suchet.

Photomontage depuis le Suchet.

Un projet né presque par hasard

En 2008, un peu au hasard des rencontres entre un syndic et un spécialiste de l’éolien venu s’établir sur le territoire de l’une des communes concernées, naissait le projet de parc éolien du Bel Coster. A l’origine, il s’agissait d’imaginer la construction de 15 éoliennes, situées sur le territoire de cinq communes: Ballaigues, Lignerolle, Les Clées, L’Abergement et Rances. Elles devaient approximativement se situer sur une ligne allant des Cernys jusque dans une combe en dessous du Suchet. Aux sondages informels des autorités communales, le projet avait plutôt bonne presse. Dans la population aussi, l’accueil de l’idée était aussi plutôt favorable.

De fil en aiguille et en obstacle réglementaire, le projet mené par ALPIQ a considérablement «maigri». En avril 2011, dans le dernier dossier présenté au canton de Vaud dans le cadre de la planification cantonale révisée, il ne concernait plus que trois communes pour un total de 8 éoliennes: Ballaigues, Lignerolle, l’Abergement. En plus, en terme de propriété du sol, 3 éoliennes sont sur des parcelles appartenant à la commune de Ballaigues, les 5 autres étant sur du terrain appartenant au canton.

Forme actuelle

Les 8 éoliennes prévues dans la der-nière version du projet devrait chacune avoir une hauteur de l’ordre de 190 mètres et un diamètre de 80-130 mètres. Elles ont chacune une puissance de 2 à 4 mégawatts. Les engins produiront au total environ 80 Gigawatts, ce qui représente la consommation de 23 000 ménages ou de 53 000 habitants. Les experts considèrent que le projet de Bel Coster a un rendement énergétique du même ordre que celui des projets «offshore» en Mer du Nord, compte tenu de la configuration des vents et de leur constance durant l’année.

Grande satisfaction à Ballaigues

Raphaël Darbellay, syndic de Ballaigues, qui suit le projet depuis son origine se montre particulièrement satisfait de la décision cantonale. «Sans doute notre projet est-il meilleur et plus mûr que certains autres» explique-t-il. «Il faut dire, ajoute-t-il, que les engins ne seront que très peu visibles, qu’ils ne sont pas juste sous le Suchet comme initialement imaginé, que les normes de bruit et de respect de l’avifaune, ainsi que de l’OFAC pour l’aviation, sont toutes parfaitement respectées. En plus les habitations sont très éloignées des éoliennes et on ne leur voit pratiquement aucun désavantage».

De fait les avantages pour les communes concernées sont clairs. Elles vont recevoir une redevance-socle annuelle, doublée d’une redevance basée sur le chiffre d’affaires réalisé par ALPIQ. Elles n’investissent pas d’argent public, et en plus obtiennent la création conventionnelle d’un fonds de démantèlement, qui sera alimenté chaque année sur un compte bloqué par l’exploitant. Lequel exploitant prendra l’ensemble des coûts à sa charge, y compris ceux des modifications provisoires des chemins d’accès existants, pour que les hélices puissent «prendre les virages» jusque sur leurs emplacements. Le courant produit sera conduit en plaine de façon souterraine.

La suite

Après cette première étape de grande importance, il conviendra de faire adopter un PPA dans les trois communes concernées, préalablement accepté par le canton, puis de mettre à l’enquête publique les constructions. Ces étapes sont prévues actuellement pour 2012. Si tout se passe bien, la livraison des engins et leur mise en service devrait intervenir en 2013-2014.

Photo Olivier Gfeller