L'âne de bronze

Ballaigues: on parle beaucoup de plafonds

L'âne de bronze

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Réuni pour sa dernière séance de l’année par son président Daniel Bourgeois dans la salle ancienne du Vieux-Collège, le Conseil communal de Ballaigues a commencé par apprendre de la bouche du municipal Michel Junod que la peinture du plafond de la salle qu’il occupait serait entièrement refait en décembre encore.

Ceci devrait minimiser les désagréments liés à l’écho excessif que ces travaux lui avaient conféré. «Ce soir nous aurons encore un Conseil qui résonne» a précisé le municipal, sans préciser toutefois de quel verbe il parlait.

Budget 2012 adopté

De fait, il aura en effet fallu faire travailler la matière grise pour traiter des sujets à l’ordre du jour. Le budget communal pour 2012, qui est légèrement déficitaire techniquement, frise les 6.9 millions de francs. Un budget voulu prudent par la Municipalité, mais qui comporte encore certaines zones d’incertitude, notamment en ce qui concerne le produit des impôts sur le bénéfice des personnes morales, qui constitue un des gros morceaux des revenus de la commune. C’est ainsi sans grande discussion que le budget a été adopté à l’unanimité.

Plafond d’endettement

Le plafond d’endettement pour la législature 2011-2016 a donné lieu quant à lui à d’intenses discussions. La Municipalité avait fixé ce plafond à 12 millions de francs, tenant compte des éléments du plan d’investissements qu’elle souhaite réaliser au cours de la législature, notamment de la rénovation de la Grand-Rue, qui à elle seule avoisinera les 4 millions de francs. La commission des finances a produit un rapport très fouillé qui a été présenté par son président Nathanaël Bourgeois.

Au terme de ses réflexions, la commission a estimé, à l’unanimité, que ce plafond était trop élevé et constituait un danger pour l’équilibre financier de la commune, même s’il n’était pas intégralement utilisé. «Un plafond fixé à 10 millions paraît plus juste» a-t-elle estimé, prônant une utilisation optimale de la capacité d’autofinancement de la commune, qu’elle a estimé sur le long terme à environ Fr. 600 000.– par an.

Raymond Durussel, citant Keynes, a salué la bonne tenue du rapport, tout en fustigeant ses conclusions qu’il a estimées beaucoup trop timorées, et contraires à la vocation d’une entité publique en période de crise, qui doit justement en profiter pour effectuer des grands travaux afin de diminuer les effets néfastes de la crise.

La Municipalité de son côté a maintenu sa demande à 12 millions, seule à même, à ses yeux, de permettre l’exécution des travaux prévus par son plan d’investissements. La discussion s’est prolongée, pour se terminer par un vote à bulletin secret demandé par quelques conseillers. C’est finalement la proposition de la commission qui a été acceptée, par 17 voix contre 12 et une abstention.

«J’accepte votre vote», ajoutera le syndic Raphaël Darbellay, qui a encore précisé que «cette décision entraînerait immédiatement une remise à plat du plan d’investissements et qu’elle aurait donc des conséquences politiques très claires sur le choix des investissements à venir et la manière de les réaliser».

Une séance un peu tendue, mais qui est restée dans les limites du dialogue poli, remarquera le président Daniel Bourgeois, avant d’inviter les conseillers à la traditionnelle collation de fin d’année qui aura vu fondre les tensions et les murs politiques.

Photo Olivier Gfeller