André Bugnon répond à l’Omnibus

A l’occasion de la cérémonie du 1er août, les autorités de Ballaigues avaient invité le conseiller national et ancien président de la Chambre haute André Bugnon (UDC Vaud) et son épouse en qualité d’hôtes d’honneur. A cette occasion, l’Omnibus a pu recueillir en exclusivité quelques réactions à chaud de l’homme politique de Saint-Prex, en particulier sur l’actualité brûlante.

L’euro se négocie cet après-midi aux alentours de Fr. 1.10. Que vous inspire cette quasi-parité ?
A.B. : C’est un problème important pour toute l’économie, en particulier pour l’industrie exportatrice, mais aussi pour le tourisme. Les effets de cette hausse du franc suisse, dont nous connaissons les causes extérieures à notre pays, se font aussi sentir dans un domaine que je connais bien, la viticulture. Les vins étrangers étaient déjà bon marché avant la baisse, actuellement ils le sont encore plus. Mais notre économie a toujours su s’adapter aux circonstances, mêmes exceptionnelles, et j’ai confiance en elle.

Le Conseil fédéral estime que les moyens de lutter contre cette hausse du franc sont inopérants. Ne devrait-il néanmoins pas tenter quelque chose?
A.B. : Le Conseil fédéral ne peut rien faire face à cette situation. Ce serait à la Banque Nationale de faire quelque chose, si quelque chose doit être entrepris. Nous sommes touchés, certes, mais ce n’est pas une catastrophe nationale. En Suisse nous avons d’autres valeurs que simplement la monnaie. Il  est vrai cependant que des effets négatifs pourraient se faire sentir à 6 ou 8 mois, notamment au niveau des carnets de commande et donc de l’emploi.

A travers la dernière initiative UDC pour la régulation de l’immigration, votre parti ne va-t-il pas à l’encontre des intérêts des entrepreneurs , notamment en voulant renégocier l’accord de libre circulation des personnes ?
A.B. : Avec cette initiative, l’UDC veut mieux réguler le flux de l’immigration. Nous ne voulons pas renégocier l’accord de libre circulation, mais c’est peut-être Bruxelles qui le voudra. C’est ça le message que nous voulons faire passer. On doit impérativement adapter notre politique d’immigration à nos capacités d’accueil. Les nouveaux arrivés représentent 40’000 appartements par an, et donc une occupation importante de toutes nos infrastructures. Il faut adapter cet afflux à nos stricts besoins.

Pour les élections d’octobre, que vise l’UDC ?
A.B. : Nous étions parvenus déjà à un très bon score la dernière fois. Atteindre la barre des 30 % semble possible, mais nous visons effectivement le maintien de nos positions avec si possible une petite augmentation de notre députation, en particulier au Conseil des Etats.

Avec 30% des voix, vous imaginez sans doute un changement dans la composition du Conseil fédéral ?
A.B. : On l’imagine, oui. Mais n’oubliez pas que nous n’avons pas la majorité à nous tout seuls. Et qu’il nous faudra donc négocier. Ceci dit, et je le lui avais déjà dit avant son élection, le siège de Evelyne Widmer-Schlumpf est très convoité. Ceci d’ailleurs par plusieurs partis.

Propos recueillis par Olivier Gfeller.