A gauche Jean-Pierre Dodon , à droite Jean-Jacques Paillard, chacun avec une tablette.

Arnex: des cyberpapys inventent le loto sur tablette

A gauche Jean-Pierre Dodon , à droite Jean-Jacques Paillard, chacun avec une tablette.

A gauche Jean-Pierre Dodon , à droite Jean-Jacques Paillard, chacun avec une tablette.

Un meneur de jeu souvent appelé crieur et qui plonge la main dans un sac contenant des numéros. Une belle brochette de joueurs tous plus attentifs les uns que les autres aux cartes qu’ils ont achetées et déposées devant eux. Une ambiance faite à la fois de convivialité, de petites manies et d’une certaine tension, surtout chez celles et ceux pour qui c’est plus un sport qu’un jeu. On veut bien sûr parler du loto, ce jeu ancien et très populaire et qui connaît actuellement un regain de succès.

Quelle que soit la méthode choisie (vaudoise, fribourgeoise ou neuchâteloise), il comporte 90 numéros, qui se retrouvent partiellement et au hasard sur des cartes de trois lignes que les joueurs achètent. Une ligne complète donne une quine, deux une double-quine et trois un carton, le tout avec des variantes, voire des numéros ou des séries supplémentaires.

Naissance d’une idée

On prétend que chaque joueur standard achète quelques cartes, cinq à six, et les place devant lui. Difficile de suivre déjà 15 numéros inscrits en désordre sur chacune des 5 ou 6 cartes. Mais d’autres pimentent l’exercice en achetant plus de cartes, ce qui rend le jeu encore plus difficile, notamment quand le crieur va vite. C’est en sortant d’une soirée de loto que Jean-Pierre Dodon, qui avait sans doute un fort mal de tête après avoir fixé ses cartes pendant plusieurs heures, a eu l’idée d’une aide électronique. Mais il n’est pas du tout du métier.

L’inventeur au travail

Un de ses voisins Jean-Jacques Paillard n’est quant à lui absolument pas joueur, en particulier de loto. En revanche, c’est un passionné de programmation informatique. Le joueur parla donc au programmeur de son idée … et le temps s’écoula. Après plusieurs mois de travail, Jean-Jacques Paillard est venu trouver son ami Jean-Pierre Dodon muni d’une clé USB. Une clé qui contenait la première ébauche d’un programme permettant de jouer au loto grâce à un téléphone portable. C’était il y a 18 mois. Ça marchait, il paraît, mais l’écran était petit et les numéros difficiles à sélectionner avec les doigts. Une version sur PC fut aussi réalisée, mais trop compliquée au goût des concepteurs.

Après des lundis soirs de réflexion et de longs mois de programmation, mise au point, phases de tests à blanc et en situation, un nouveau programme est né. Destiné cette fois aux tablettes tactiles que l’on trouve de plus en plus dans les foyers et dont les prix se démocratisent. Le nouveau programme, qui s’appelle XLQuine, est en vente depuis début mai sur l’Apple Store et le Google Play Store, puisqu’il fonctionne aussi bien sous iOS que sous Android.

Comment ça marche

«C’est une formidable aide» expliquent les concepteurs. «On peut en effet acheter jusqu’à 30 cartes et les jouer en même temps. Avec la garantie de ne pas rater une quine ou un carton, puisque la machine se souvient de tous les numéros de toutes les cartes achetées. En gros, il suffit de passer 30 secondes par carte achetée pour introduire ses données dans la tablette et le tour est joué, la machine est prête. Ensuite, pendant la partie, le joueur indiquera du doigt ou à l’aide d’un stylet les numéros qui sortent. Et à chaque quine, double-quine ou carton, la machine affichera un message bien visible comprenant aussi le numéro de la carte gagnante.»

Premiers retours

Si l’on en croit les expériences de la petite équipe familiale dans le secret du projet et qui a aussi contribué aux phases de tests en situation, le rendement est amélioré et le confort de jeu inégalé par rapport au système manuel. Du côté d’Arnex, on s’active donc maintenant à la commercialisation, au travers d’une société qui porte le même nom que le programme. Et on espère, non sans raison, un succès commercial. La preuve que le cœur du terroir et des Côtes de l’Orbe recèle également des artisans et des inventeurs dans le domaine de l’informatique.

Une démonstration en mouvement du système et une présentation de ses concepteurs sera diffusée prochainement sur TV Mozaic et aussi sur Max TV, qui reprend certaines émissions de TV Mozaic. Elle est réalisée par Jean-Claude Gigon et Jean-Jacques Dupuis.

Le site internet du nouveau programme en trois langues: www.xlquine.com

Photo Olivier Gfeller