Le buffet de la grande surface est sans doute plus attrayant que celui de la cantine.

Adaptation à la LEO: 10 minutes top chrono !

Depuis quelques mois, les élèves de l’Asibco expérimentent la nouvelle loi scolaire (LEO). Avant d’avoir une opinion définitive, c’est la pause de midi qui pose quelques problèmes aux adolescents, selon la petite enquête faite par une élève de 14 ans.

Aujourd’hui, le temps laissé aux élèves lors de cette pause est des plus restreints. En effet, après les longs trajets en bus ou en train dont ils doivent s’acquitter, profiter de leur repas à domicile devient difficile ou presque impossible. Chaque midi, ce n’est pas de l’heure prévue qu’ils profitent, mais seulement de quelques minutes, pour ceux qui habitent dans les villages environnants. Est-ce bien normal? Nous sommes en droit de nous poser la question.

La grande majorité de ceux auxquels nous l’avons posée, était formelle: «Non ça ne l’est pas». Tout cela contrarie autant les enfants que les parents. C’est ce manque de temps qui, entre autres, pousse les jeunes à rester manger aux alentours du collège. Autre controverse qu’est le prix à payer. Débourser le coût de la cantine ou celui du restaurant du centre commercial à proximité, quatre jours par semaine, finit par coûter cher aux familles dont plusieurs enfants fréquentent les établissements scolaires du haut de la ville.

Quitter l’école un moment

Quand on demande aux écoliers pourquoi ils préfèrent se rendre à la Coop plutôt qu’à la cantine à midi, presque tous répondront que la proximité du lieu joue un rôle important. Le réfectoire de Chantemerle est un peu plus éloigné avec bien peu d’élèves de Montchoisi pour le temps de pause. Sûrement est-ce plus simplement pour se retrouver à l’extérieur de l’école, au moins à un moment de la journée... Ce qui est certain à midi, c’est que les jeunes Urbigènes, sont moins désavantagés que leurs camarades de l’extérieur. Autre changement remarqué cette année, l’avancement de l’entame des cours de cinq minutes.

Si, au premier abord, cela a pu paraître anodin, il semblerait que cela ait un peu perturbé les habitudes au début de l’année, bien que tout le monde se soit vite accommodé de ce changement d’horaire. Un moindre mal par rapport au problème de la pause de midi!

Du côté des enseignants

Ce sont les maîtres de classe qui se montrent insatisfaits. «Avec ces multiples possibilités de suivre différents cours, en fonction de leurs choix et de leurs niveaux, nous voyons très peu nos élèves. Il y a ainsi beaucoup de mouvements et nous ne parvenons pas à les suivre correctement afin de les épauler. Nous avons moins de temps à leur consacrer et c’est dommage car, nous avons le sentiment qu’ils sont perdus dans la masse. D’où notre difficulté à renseigner leurs parents sur leur évolution, nous dit Delphine Conod, enseignante de VSO de 10e année. Ce sont pourtant des jeunes qui ont besoin d’avoir un cadre qu’ils n’ont plus.

J’ai le sentiment que l’on est en train de déshumaniser l’école alors qu’ils ont encore besoin d’appartenance». A Chavornay, le constat est le même et Patricia Flahaut constate que les VP (voie prégymnasiale) subissent moins ces allées et venues, car ils se retrouvent plus souvent ensemble, quand bien même  ils sont en principe plus autonomes que leurs camarades de l’autre section, la voie générale.

Vivement un réfectoire adéquat

Pour sa part, Patrick Tharin, doyen des secondaires, temporise un peu ce premier sentiment. «A mes yeux, il est trop tôt pour tirer des enseignements que nous pourrons jauger plus sûrement dans trois ans. Nous avons encore des problèmes organisationnels quand bien même les horaires n’ont pas véritablement changé. Il est sûr que les profs de classe sont moins souvent en contact avec leurs élèves. Je dois avouer aussi qu’il y a un problème à midi, en particulier pour les jeunes gens qui suivent des cours particuliers comme les leçons de latin, de grec ou d’appui à la mi-journée. Il faudrait qu’ils puissent dîner rapidement dans un réfectoire qui leur permette non seulement de manger, mais de s’approprier un peu de temps pour eux».

Malheureusement, cela ne sera pas pour demain, puisque le projet de construction d’un réfectoire n’est pas encore sous toit.


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