Autoroute A9B.

A9B: après les balises, une pétition!

Autoroute A9B.

Autoroute A9B.

Les travaux entrepris par l’OFROU en vue de sécuriser le tronçon Orbe-Vallorbe ne sont pas encore terminés que la polémique à leur sujet prend une nouvelle forme. Un comité, présidé par Barry Lopez, par ailleurs candidat au Conseil national, associé à Yann Jaillet, chef de file du PLR vallorbier au Conseil communal de la cité du fer comme vice-président, a lancé il y a quelques jours une pétition intitulée «Pour que le Jura- Nord vaudois ne soit pas une région délaissée».

Cette pétition considère les travaux entrepris par l’OFROU comme «un projet bien curieux, pour ne pas dire absurde» et «dont les conséquences négatives pour les usagers sont bien plus importantes que les théories avancées par l’OFROU».

Critiques émises

Selon les pétitionnaires, «le temps de parcours entre Orbe et Vallorbe aurait presque doublé, les dépassements ne sont plus possibles et les transports publics ne sont plus en mesure de respecter leurs horaires». La problématique du déneigement plus difficile en période hivernale est aussi évoquée par les pétitionnaires, qui ajoutent que l’image de Vallorbe est pénalisée, après qu’elle s’est vu imposer un centre d’enregistrement pour requérants d’asile. Cette pétition a été cosignée par les syndics de Vallorbe, Ballaigues et Lignerolle qui se présentent aussi comme membres du comité.

Succès auprès de la population

Le comité de pétition est très actif. Selon une petite enquête menée ces derniers jours auprès de la population locale et régionale du haut de la vallée de l’Orbe, la pétition recueille un franc succès. Grâce sans doute aussi aux nouveaux moyens de communication, puisque la pétition est téléchargeable sur internet. Une page Facebook existe même. Les pétitionnaires demandent, dans un premier temps, que «dans l’immédiat, la vitesse maximale de circulation soit à nouveau portée à 100 km/h sur tout le tronçon. Ils insistent aussi pour que des travaux de transformation de la semi-autoroute en autoroute soient entrepris au plus vite afin d’éviter d’autres drames».

Et si l’OFROU avait raison?

On est certes en période électorale et tous les moyens semblent bons pour accroître sa visibilité. Ceci dit, l’Omnibus a relaté en long et en large à plusieurs reprises «les aventures» de l’A9B et le manque de coopération de l’OFROU. On ne peut cependant que s’interroger sur le lancement d’une pétition, alors que pour la première fois depuis des années de lobbying soutenu au niveau local et vaudois, l’autorité fédérale a daigné bouger et mettre quelque chose en place afin de mieux sécuriser le trafic sur le fameux tronçon. La première revendication immédiate des pétitionnaires, dont la tendance politique est étrangement monocolore, est… une augmentation de vitesse, sur un tronçon pourtant redessiné et aménagé pour la diminuer.

En plus, la pétition n’est pas factuellement exacte, puisqu’elle prétend que «les dépassements ne sont désormais plus possibles». Pourquoi, alors qu’aucun des membres du comité n’est à notre connaissance spécialiste en sécurité routière, la pétition qualifie-t-elle d’emblée les travaux d’absurdes? Pourquoi mélange-t-elle les genres en faisant allusion au centre d’enregistrement des requérants d’asile? Pourquoi enfin, ne prend-elle pas simplement acte de l’attitude certes peu coopérative de l’OFROU, tout en laissant un peu de temps au temps, en particulier pour apprécier à l’usage si les mesures prises exercent ou non un effet positif sur la sécurité? Le respect des horaires et le déneigement plus difficiles sont sans doute des points justifiés. Ils sont cependant nettement moins importants que la sécurité dans une hiérarchie normale des priorités humaines ou la vie garde la première place.

 

Photo Olivier Gfeller