Samuel Gay en discussion avec Pie Tshibanda.

Vallorbe: un fou noir au pays des blancs

Samuel Gay en discussion avec Pie Tshibanda.

Samuel Gay en discussion avec Pie Tshibanda.

En ce samedi soir 15 janvier, tous les bancs de l’église catholique de Vallorbe sont occupés par un public nombreux, curieux de découvrir ce «Fou noir» dont les passages à Berne, Gland et Morges ont rempli les salles.

Pie Tshibanda, conteur congolais exilé en Belgique, entraîne son auditoire dans 4 histoires.

Psychologue à ses heures perdues, cet écrivain, doublé d’un conteur hors pair, a rapidement trouvé les mots pour entraîner son public, avec un humour désarmant, dans les méandres et mésaventures rencontrées par un immigrant débarquant en Europe, ou en Belgique pour son cas particulier.

Avec une grande sensibilité, Pie Tshibanda oscille en permanence entre l’humour et le souci de donner sa voix aux «sans-voix» qui nombreux cherchent à rejoindre nos contrées.

Mettre des bons mots accompagnés d’humour sur des sujets aussi délicats que l’accueil de l’autre, des préjugés nombreux, permet à chacun de comprendre un peu mieux la problématique de l’accueil des étrangers, tel que la cité du fer la vit quotidiennement.
Nous le citons : «Il est étonnant de voir que l’on soupçonne rapidement un noir d’être un flemmard, mais que l’on dit d’un blanc très travailleur «Il travaille comme un nègre!»

Ce spectacle a une fois encore démontré la force de l’humour et de la sensibilité pour faire passer un message. Ceci était le but de l’ARAVOH (Association auprès des Requérants d’Asile Vallorbe Œcuménique et Humanitaire) organisatrice de ce spectacle et qui se soucie quotidiennement de l’acceptation des nombreux réfugiés qui transitent par Vallorbe.

Un vin chaud servi à la sortie du spectacle a permis à chacun de continuer la discussion et de pouvoir approcher le conteur.

Photo Françoise Monnier