Dylan, Madlen et Daniel membres du collectif du Joran, dans leurs cultures maraîchères. Ici, diverses variétés de choux côtoient la ciboulette.

Orbe: La ferme collective du Joran récompensée

Tous les 2 ans, les Retraites Populaires décernent un prix à un projet touchant à la sauvegarde et à la valorisation du patrimoine. Cette année, le thème était les produits du terroir vaudois de demain. La ferme du Joran à Orbe ainsi que deux autres structures ailleurs dans le canton ont été les heureux lauréats. Ils se partagent donc les Fr. 150’000.– du prix.

Collectif fonctionnant horizontalement

Une dizaine de personnes sont actives dans ce collectif qui existe depuis environ 3 ans. L’idée étant bien antérieure. Ce n’est qu’en décembre 2016, grâce aux économies de chacun, à une manne financière sous forme d’héritages, que le projet se concrétise avec l’achat, au sein d’une PPE, de bâtiments aux Philosophes 15 et de terrains situés à la limite Orbe-Agiez. 2017 est donc l’année de toutes les mises en place! Pour ce groupe de passionnés, l’idée maîtresse est de restaurer le lien entre le consommateur et le producteur, par la vente directe à la ferme ou les abonnements (paniers bio des 3 Vallons et soja transformé en tofu). Il s’agit aussi de cultiver dans le respect de la structure du sol, travail superficiel plutôt que labour, sarclage remplaçant les herbicides et rotation des cultures. Passer à demain dans la durabilité et l’écologie.

Leurs cultures, leurs projets

Actuellement, sur le plat dominant Orbe, en plein vent, le collectif cultive une ancienne variété de maïs à polenta (d’un splendide jaune éclatant!), du soja qu’il transforme en un goûteux tofu et une trentaine de légumes de saison. Six tunnels, montés au printemps, abritent aussi une partie du maraîchage.

Bien sûr des projets, ils en ont! Avec ce prix, les agriculteurs financeront un local de transformation ainsi qu’un four à pain. Ils envisagent d’autres cultures comme par exemple les petits fruits, la moutarde ou le pavot.

Pour l’heure, dans un contexte légal où malheureusement l’accès à la terre agricole est rendu très difficile, le collectif est à la recherche d’un hectare supplémentaire de terrain pour assurer une bonne rotation des cultures. Le terroir de demain a de l’avenir !

Moissons-2017

Région: Moissons, tout en même temps !

Les orges ont été vite mûrs, puis un orage a stoppé le début des moissons. A suivi un temps sec, qui a donné l’impulsion aux céréales de mûrir. Et le bal des moissonneuses a commencé, de jour comme de nuit. Les centres collecteurs ont reçu tout en même temps: orge, blé, colza et même les pois. Ils ont dû jongler avec les trémies pour que tous les grains passent correctement.

Au début de cette semaine, soit avec 10 jours d’avance, la quasi-totalité des céréales, panifiables et fourragères, et des oléagineux ont été récoltés et la paille n’a pas traîné sur les champs. Il ne reste plus que quelques balles rondes qui ne risquent pas trop la pluie. Après de beaux foins, les agriculteurs ont fait une bonne récolte de céréales. L’année passée, il manquait environ 15 % de grains, mais cette année, on est au niveau espéré, soit environ 17% de plus qu’en 2016.

Belle récolte

Joint à Chavornay, Olivier Agassis, le responsable, a signalé à L’Omnibus que les centres collecteurs de Chavornay, Orbe et Péroset ont reçu 16’700 tonnes de céréales et oléagineux. Il y aura encore des tonnes à recevoir de ceux qui n’ont pas encore livré. Les blés sont de bonne qualité avec un poids à l’hectolitre bon à très bon. Le taux de protéine se situe entre 13.5 et 15, les meuniers seront contents. Quasi toutes les récoltes de blés sont arrivées sèches, par contre, elles ont été ensilées chaudes à + de 30°. Les centres collecteurs doivent donc refroidir le contenu des silos pour maintenir la qualité.
Les récoltes se font de plus en plus tôt à cause de la sécheresse qui stresse les grains, mais également à cause des nouvelles variétés plus précoces. Comme d’habitude, les récoltes contiennent bien assez de blé Top. Il faudrait davantage de classe 2, mais les céréaliers ont de la peine à changer leurs habitudes, pourtant ce dernier convient parfois mieux au terrain.

Bref, il n’y a que les moineaux qui sont mécontents. Ils arrivaient sur les champs en groupe d’une vingtaine, comme des étourneaux, et ravageaient les épis avant que la moissonneuse arrive.

Le bal des moissonneuses avait commencé... Quand va-t-il pouvoir reprendre ?

Les moissons: c’était pourtant bien parti…

En début de semaine passée, les moissonneuses, tracteurs et botteleuses tournaient à plein régime. Dame Nature a mis un sérieux frein à cette activité en déversant de grandes quantités d’eau, jusqu’à 50 l. suivant les localités, à la fin de la semaine.

Bilan provisoire très mitigé

Pour le moment, les résultats sont très moyens, voire catastrophiques pour les pois d’automne qui ont souffert de trop d’eau et de la maladie. Ceux de printemps seront, semble-t-il, meilleurs.
Actuellement, les orges sont rentrées et la densité est moyenne à faible. Les récoltes des colzas semblent tenir leur promesse. Les blés, par contre, sont décevants par rapport au poids à l’hectolitre tendanciellement bas. Ils auront une belle quantité de protéines, mais un rendement moyen à faible.

Le temps capricieux de ce printemps a donné trop de pluie et deux nuits de gel à basse altitude ont causé des dégâts aux cultures et empêché les insectes de butiner les fleurs. Les pieds dans l’eau, les plantes ont été attaquées par des maladies.

Mesures prises

Le gérant agricole de Landi Nord vaudois-Venoge SA, Christophe Grand, a annoncé que la coopérative prend des mesures afin de stocker séparément les blés panifiables qui sont en dessous de la limite au niveau du poids à l’hectolitre.
A noter que cette coopérative agricole a fusionné le 21 juin avec la Société du Moulin et Centre Collecteur de Grandson.

Un jambon cru canon naît à Vallorbe

Il y a un peu plus de deux ans, le jeune boucher Alexandre Remetter s’installait à Vallorbe et reprenait l’exploitation de la Boucherie de la Grand-Rue. Soucieux de développer de nouveaux produits et de marquer son territoire, il n’a pas manqué de remarquer les fameux chocolats «Les Minéraux» de son presque voisin le pâtissier-confiseur Christophe Schwerzmann.

Alliant le fruit de son imagination à son goût pour la chose militaire et en particulier pour les constructions et autres vestiges ou véhicules de la Seconde Guerre mondiale, il se mit à concevoir une nouvelle recette de fabrication de jambon cru pour laquelle il souhaitait trouver un endroit original de séchage et de maturation.

C’est ainsi qu’il entra en relation avec Jean-Michel Charlet, président de la Fondation du Fort de Pré-Giroud, pour examiner dans quelle mesure une place dans la fameuse fortification pourrait lui être réservée à cet effet. L’idée séduit immédiatement Jean-Michel Charlet, qui suggéra l’utilisation d’un fortin spécial dédié exclusivement à la production. On ne sait en général pas que du Fort principal de Pré-Giroud dépendent plusieurs autres fortifications non accessibles au public et ainsi plus appropriées pour l’usage envisagé par Alexandre Remetter.

Une phase d’essais longue et compliquée

L’endroit idoine découvert, dont on taira sagement la localisation, il convenait alors de passer aux exercices pratiques et aux phases de test. Car sécher un jambon dans un lieu par essence humide n’est pas une petite affaire. Les premiers essais commencèrent au début 2012, «avec des hauts et des bas» avouera le boucher. Une série de réglages fins devaient être trouvés pour parvenir au but recherché. C’est ainsi que ces derniers jours est apparue, sur les étals de la Boucherie de la Grand-Rue la nouveauté attendue. Ressemblant à un jambon de Parme, le nouveau produit est fin, délicat et particulièrement savoureux. Son lancement officiel aura lieu durant les festivités prévues au mois de juillet pour fêter les 25 ans de l’ouverture du Fort de Pré-Giroud au public. Il porte le nom du Fort, et peut d’ores et déjà être goûté chez son créateur. Un créateur qui a ainsi pu mettre en oeuvre son idée et son produit du terroir typique et local.

Comment le fabrique-t-on?

Sans entrer dans les secrets de fabrication, le nouveau jambon cru «Fort de Pré-Giroud» est issu de jambons de cochons locaux, élevés dans la région et abattus à Orbe. Une fois les jambons en main du boucher, il va les saler soigneusement et les laisser dans le sel pendant une certaine période. Suivra la période de séchage proprement dite, qui dure jusqu’à six mois. Au cours de cette période, le jambon perdra un pourcentage important de son poids initial, pour se transformer, un peu à l’image de la viande séchée, en une viande au final peu grasse et compacte. Durant la période de séchage et d’affinage, les jambons doivent être surveillés quotidiennement, pour assurer un développement autant que possible uniforme au produit. Il est ensuite conditionné pour être mis en vente en petits blocs ou à la tranche.

Photo Olivier Gfeller

Culture conventionnelle d’orge.

Que mangerons-nous demain?

Culture conventionnelle d’orge.

Culture conventionnelle d’orge.

Politique agricole

Alors que le Conseil national souhaite soutenir spécifiquement les céréales fourragères, le Conseil des Etats, lors de sa séance du 12 décembre dernier, s’est majoritairement prononcé contre l’introduction d’une contribution spécifique pour les céréales fourragères dans le cadre de la politique agricole 2014-2017. Cette décision catastrophique présage la disparition de la culture des céréales fourragères en Suisse à moyen terme, avec pour conséquence une dépendance accrue face aux importations de matières premières fourragères.

A l’heure actuelle, les céréales fourragères indigènes (par exemple orge et avoine) sont produites dans le respect de l’environnement et font partie d’un assolement diversifié. Malheureusement pour les producteurs, la culture des céréales fourragères n’est plus rentable depuis de nombreuses années. Faute de soutien politique, les surfaces ont drastiquement diminué et les importations sont en augmentation, afin d’assurer l’alimentation des animaux élevés en Suisse” selon le dernier communiqué de la FSPC (Fédération Suisse des Producteurs de Céréales).

Importations

Entre 2002 et 2011, toujours selon la FSPC, la quantité globale de matières premières fourragères produite diminue en moyenne de 9’900 tonnes par année, dont 7 800 t. rien que pour l’orge. «Dangereux!» direz-vous? Pas forcément, puisque dans les accords du GATT sont prévues des importations de céréales fourragères, en 2011 à hauteur de 70 000 t. dont 64 942 t. de blé. Ces céréales sont importées, toujours selon les chiffres de 2011, des pays voisins. L’Allemagne, la France et l’Autriche en fournissent le 65 % et le reste vient des USA (2%), de Hongrie (3%), d’Argentine (4%), d’Italie (5%) et du Canada (21 %).

Quelle qualité entre en Suisse

Lors d’une assemblée de la FSPC, Christian Grandjean, agriculteur à Juriens et président du centre collecteur de Croy, a relevé le problème de la qualité des importations de céréales venant du Canada. Dans ce grand pays, où vivent d’ailleurs quelques paysans venus de Suisse, le temps des cultures est plus court que chez nous. Les semis ne peuvent pas se faire en automne, car les jeunes plants gèleraient en hiver. Ils sont semés au printemps, ce qui raccourcit le temps de culture et les épis ont de la peine à arriver à maturité. Pour pallier ce problème, des cultivateurs utilisent du glyphosate (désherbant puissant) juste avant la récolte afin d’accélérer le mûrissement et de stabiliser le grain pendant le stockage. Ces cultures sont gigantesques et les cultivateurs n’ont pas peur d’irriguer les champs à grande échelle afin d’avoir un plus grand rapport.

Exigences

Selon le Laboratoire cantonal de Genève, «En Suisse, les concentrations maximales de résidus de substances étrangères, comme les pesticides, sont fixées par l’ordonnance sur les substances étrangères et les composants (OSEC, RS 817.021.23). Ce sont souvent des normes reprises de la législation européenne. Ainsi, pour l’herbicide glyphosate, la valeur de tolérance est fixée à 10 mg/kg dans le blé.».

Par son interpellation, Christian Grandjean souhaite que les autorités sanitaires prennent conscience du danger des qualités d’importations qui ne correspondent pas toujours aux exigences que l’on met sur les produits suisses.

Et dans notre assiette ?

Notre petit pays peut-il se battre contre les grandes marques de produits phytosanitaires ou les grands groupes importateurs qui tentent d’influencer le gouvernement? Les mêmes qui fabriquent du pain suisse avec de la farine étrangère ou de la viande suisse d’animaux qui ont été nourris avec des céréales qui ont fait des milliers de kilomètres. Le paysan suisse ne peut se battre seul, de plus en plus il doit, pour gagner sa vie et nourrir les siens, chercher des solutions qui lui rapportent le plus, quitte à mettre ses champs en jachère, si cela rapporte… Sinon il devra vendre et chercher du travail ailleurs.

Photo Marianne Kurth

Arrêt...jus fruit, mais oui.

Arnex: balade gourmande dans les coteaux

Arrêt...jus fruit, mais oui.

Arrêt...jus fruit, mais oui.

La 6e balade gourmande organisée par les vignerons d’Arnex s’est traditionnellement déroulée le dimanche du week-end du Jeûne. Comme souvent à cette époque, le soleil est de la partie et c’est tant mieux pour tous! Dès le départ à la grande salle, l’accueil est sympathique, les participants sont pour la plupart des habitués. Chacun reçoit un verre de dégustation qui l’accompagnera durant tout le parcours ! Les allusions au marathon de la semaine précédente sont nombreuses. «Ca sent moins le baume pour les muscles que la semaine passée!». Les gens sont contents d’être là.

Volonté de rester familial

Les organisateurs limitent volontairement le nombre de participants à 700. Le but est de conserver un aspect convivial et familial à la balade. Cette année, nous étions environ 650. C’est moins, voire beaucoup moins que d’autres organisations similaires. Les avis recueillis sont unanimes: «C’est bien ainsi, tout roule, c’est bon, très bon même, et nous reviendrons». Certainement que cette limitation assure également la qualité des mets proposés.

Un parcours vallonné mais accessible à tous.

Une nouveauté attend les participants, des petits bus les prennent en charge jusqu’au premier poste, à l’huilerie de«Pré-Girard». L’idée est de limiter le parcours à environ 4 km afin que ce soit une balade ouverte à tous. L’exercice semble réussi, l’ambiance est familiale, toutes les générations sont représentées, les poussettes sont nombreuses et les compagnons à 4 pattes fréquents.

Après l’apéro à l’huilerie de Pré-Girard, nous suivons les grappes fléchées. Ce sera l’étape la plus conséquente: environ 25 minutes à travers champs, forêts pour remonter finalement dans les vignes d’Arnex; il fait beau avec une petite brise, les groupes s’étirent en babillant. Chacun va à son rythme. Ce sera au milieu des vignobles que nous dégusterons l’entrée, puis plus loin dans les coteaux, pause jus de fruits vitaminés pour nous «booster» jusqu’au plat principal. Là, nous goûterons au jambon à l’os et à sa garniture, assis à de grandes tablées dans les vignes. Attention, retenez votre verre, les tables vacillent et ce n’est pas le moment de le renverser! Ce serait bien dommage, les crus proposés étant fameux!

Le soleil est de plus en plus ardent. Nous repartons, côtoyant les amandiers et les rosiers jusqu’au stand de fromages. Là, dans une ambiance estivale et très gaie, nous dégustons le plateau des fromages avec, bien sûr, ses rouges et ses blancs! Puis, nous rejoignons le village d’ Arnex pour la touche finale: les desserts dans la cour du château. Nous sommes alors contents de trouver l’ombre des platanes en savourant nos mignardises accompagnées des crus du lieu.
Il n’y aura alors plus qu’à rejoindre la grande salle, pour un dernier café, pourquoi pas accompagné d’un verre d’armagnac.

Une pimpante participante de… 92 ans!

Clara Baechler, alerte grand-maman fribourgeoise de 92 ans, est vraisemblablement la doyenne de la journée! A son air frais et joyeux à l’arrivée, point de doute qu’elle n’ait apprécié la balade qu’elle a effectuée en famille! «Oui, elle reviendra volontiers l’année prochaine» commente-t-elle. Voici bien le reflet du caractère populaire et intergénérationnel de cette manifestation! Merci aux vignerons d’Arnex pour leur organisation et leur accueil!

Photo Catherine Fiaux

Arnex: une excellente cuvée 2011 mise en bouteilles

«Quand le vin est tiré, il faut le boire»… dit le proverbe. Mais justement, avant de le déguster, il faut le mettre en bouteilles. C’est ce à quoi se sont attelées Maryline Lavenex et son équipe à Arnex, en milieu de semaine passée.

«On attend bien sûr que le vin soit prêt, mais cette année, nous avons un peu d’avance, car les vendanges ont eu lieu tôt et le vin est prêt depuis quelque temps déjà. Il est donc nécessaire de s’occuper des blancs et du rosé, qui reposeront mieux en bouteilles que dans leurs cuves» explique la vigneronne qui ajoute que «pour ce qui est des rouges, je les mets en bouteilles plutôt en début d’automne, je préfère qu’ils mûrissent en cuves».

Un système mobile ingénieux et pratique

Pour cette opération, qui prend entre une et deux journées de travail, c’est une petite chaîne mobile d’embouteillage de l’entreprise Oenologie à la façon de Perroy qui est mise à contribution. Il s’agit en gros d’un système qui repose sur des remorques, avec à l’une des extrémités de la chaîne, une ou deux personnes qui alimentent le système en bouteilles vides, une première partie qui relave les bouteilles et une seconde partie qui procède à la fois au remplissage des précieux flacons et à leur bouchonnage ou capsulage, selon la variété. A l’autre extrémité de la chaîne, une ou deux personnes rangent avec application les bouteilles dans des containers grillagés.

«En raison de difficultés rencontrées dans le passé avec certains bouchons, nous n’utilisons plus que des séries spécialement fabriquées et dont on peut être sûr qu’elles ne contamineront pas le précieux liquide. Le reste est capsulé.» L’opération d’étiquetage est effectuée séparément et à un autre moment. Elle permet entre autres de contrôler l’efficacité du flaconnage après quelques semaines et d’éliminer les quelques bouteilles qui pourraient avoir un défaut d’étanchéité.

De flacon en flacon

L’ensemble du système permet de remplir et de capsuler entre 2000 et 2200 bouteilles par heure. Et sa mise en place prend une demi-journée environ. Les vignerons d’Arnex et des villages avoisinants sont nombreux à choisir cette solution, qui a l’avantage de ne pas immobiliser un gros capital pour une machinerie délicate et qui n’est utilisée qu’une ou deux fois par année. D’après José Tojeiro, le chef machiniste, «il est préférable que ce genre de machines fonctionnent beaucoup, plutôt qu’elles dorment dans le coin d’une cave: elles se dérèglent ainsi nettement moins».

Même si normalement le choix des jours d’embouteillage porte plutôt sur ceux qui offriront une météo médiocre, Maryline Lavenex a préféré cette année prendre un peu d’avance, d’autant qu’elle doit assurer la semaine prochaine une présence au Comptoir du Nord vaudois à Yverdon-les-Bains: «Un moment essentiel aussi dans ma conception de la production viticole, ajoute-t-elle, car je veux être présente d’un bout à l’autre de la chaîne des opérations, en particulier face au client».

Photo Olivier Gfeller

De droite à gauche, debout, Michel Hostettler, président, assis, Olivier Chautems, secrétaire, et Jean-Jacques Monnier, trésorier.

Pompaples: les vignerons des Côtes de l’Orbe en assemblée

De droite à gauche, debout, Michel Hostettler, président, assis, Olivier Chautems, secrétaire, et Jean-Jacques Monnier, trésorier.

De droite à gauche, debout, Michel Hostettler, président, assis, Olivier Chautems, secrétaire, et Jean-Jacques Monnier, trésorier.

En disciples appliqués du juste milieu, c’est à Pompaples, au café du Milieu du Monde, que la section des Côtes de l’Orbe de la Fédération vaudoise des vignerons a tenu son assemblée générale annuelle la semaine passée. Dirigée de main de maître par la troïka composée de Michel Hostettler, président, Olivier Chautems, secrétaire et Jean-Jacques Monnier, trésorier, la trentaine de membres a pris connaissance des différents rapports habituels.

Le millésime 2011 s’annonce comme faisant partie de la même famille de qualité que ceux de 2009 et 2010. Dans la zone de l’AOC Côtes de l’Orbe, on a produit en 2011 un peu plus de 1.2 millions de litres de vin, en grande majorité du rouge (965 millions de litres). Les comptes de la section se portent bien. Le système de financement de la promotion générale de l’appellation a changé, au travers de la perception d’une dîme supplémentaire auprès des producteurs, qui est depuis 2011 reversée par l’OVV dans les caisses locales.

Ceci permet, et surtout permettra, de mener des actions promotionnelles plus importantes directement au niveau de la section. On note en particulier la naissance d’un site internet, encore actuellement en chantier, et que l’on trouvera indifféremment aux adresses cotes-de-lorbe.ch ou cotesdelorbe.ch. Sur ce site, on pourra trouver des informations générales sur l’appellation, un agenda des manifestations et des pages spécifiques à chaque vigneron qui souhaitera y figurer. Dans une année aura lieu dans la région le Tir cantonal.

Une action conjointe sera entreprise avec l’appellation Bonvillars, qui partagera avec les Côtes de l’Orbe, lors de cette importante manifestation, l’honneur exclusif de fournir les vins officiels de la fête. Actuellement, diverses actions de promotion sont en chantier: elles seront dévoilées lorsque le moment sera jugé opportun.

Au niveau de la profession et de sa défense, les membres du comité de la section sont très actifs et directement en relations avec les instances cantonales ou fédérales responsables.

Photo Olivier Gfeller

François de Coulon présente son cru primé

Eclépens fait bien partie des Côtes de l’Orbe AOC

François de Coulon présente son cru primé

François de Coulon présente son cru primé

L’Omnibus suit plusieurs règles de base. A commencer par celle de la couverture géographique limitée à laquelle il procède, à savoir le territoire de l’ancien district d’Orbe. Sauf que comme toute règle a ses exceptions, il lui arrive quand même de franchir ses frontières naturelles. Quand en plus c’est pour saluer une médaille d’argent au Concours International du Gamay 2011, le jeu en vaut la chandelle.

Les Côtes de l’Orbe dans le district de Morges

Situé dans le district de Morges, mais à un jet de pierre de Bavois juste de l’autre côté du canal d’Entreroches, le domaine du Château d’Eclépens appartient depuis de nombreuses générations à la famille de Coulon, de fait depuis 1807. Depuis de nombreuses décennies aussi, ce domaine, qui était avant tout agricole est devenu viticole également.

Et c’est François de Coulon qui en assume actuellement la direction. Un amoureux du beau et du bon, un esthète intarissable lorsqu’il vante les qualités du vin, et pas seulement des siens. Ce que l’on sait moins souvent, c’est que le domaine du Château d‘Eclépens fait partie de l’AOC des Côtes de l’Orbe malgré sa position géographique. «Lors de la nouvelle classification, on nous a demandé si nous voulions être rattachés à la Côte, mais en fait nous sommes plus proches des Côtes de l’Orbe.

Nous partageons avec ces producteurs le goût du travail bien fait, une certaine modestie et sans doute aussi un terroir commun, même si sa composition peut différer sensiblement» précise François de Coulon.

Beaucoup d’appelés, peu d’élus

Et c’est donc un cru issu de la propriété la plus au sud des Côtes de l’Orbe qui a remporté une médaille d’argent au 1er Concours International du Gamay de Lyon en 2011. Un concours important lancé par l’interprofession du Beaujolais et qui a réuni plus de vingt pays participants, de la Norvège au Pérou. Seul lauréat des Côtes de l‘Orbe, François de Coulon note qu’en proportion des participants, les producteurs-encaveurs suisses étaient nettement plus représentés que leurs homologues français, au niveau des médailles aussi.

«Cette distinction vient à point pour l’AOC» précise encore François de Coulon. «Outre qu’elle fait très plaisir, elle couronne le travail d’une équipe qui est «folle» du gamay, un peu à l’image de certains collègues des Côtes de l’Orbe qui travaillent à l’amélioration constante de la production issue de ce cépage, un temps considéré comme un parent pauvre».

Le domaine organise de nombreuses occasions de le visiter et de déguster ses crus. On peut dire sans rougir qu’il vaut la peine de passer la ligne de partage des eaux pour s’en convaincre.

Photo Olivier Gfeller

De droite à gauche: Michel Glauser, Olivier Chautems, Fabiola et Samuel Chapuis, derrière Claude Nouveau, Jean-Claude Monnier et Christian Leuenberger.

Les viticulteurs de Champvent font la fête

De droite à gauche: Michel Glauser, Olivier Chautems, Fabiola et Samuel Chapuis,  derrière Claude Nouveau,  Jean-Claude Monnier et Christian Leuenberger.
De droite à gauche: Michel Glauser, Olivier Chautems, Fabiola et Samuel Chapuis, derrière Claude Nouveau, Jean-Claude Monnier et Christian Leuenberger.

Au sein de l’AOC des Côtes de l’Orbe, les vignerons de Champvent exploitent des domaines viticoles situés à l’extrémité nord sur le plan géographique. Ce sont en plus des viticulteurs dont les domaines ne sont pas immenses, et qui, pour, l’essentiel, pratiquent la vente directe au consommateur.

C’est notamment pour cette raison que les cinq producteurs de Champvent organisent depuis quelques années, à la grande salle, une fête du vin. L’édition 2011 de cette manifestation a eu lieu samedi passé. «Nous avons rencontré un beau succès, précisait après le weekend Olivier Chautems, l’un des cinq producteurs locaux organisateurs de la fête. Et les amateurs se sont aussi volontiers restaurés sur place, ce qui bien entendu améliore l’ambiance générale».

«Pour nous, la vente directe est essentielle, expliquait aussi son collègue Christian Leuenberger. Elle nous permet d’être au plus près des préoccupations des clients finaux, de récolter leurs avis et critiques éventuels, et aussi bien sûr de placer une production qui reste assez modeste en comparaison de celle des grandes maisons de vins». Pas de doute qu’en faisant venir à eux de façon groupée et organisée des habitants du village, mais aussi des clients domiciliés plus loin, les viticulteurs de Champvent font plaisir à ceux qui leur rendent visite, mais en récoltent aussi de nouveaux en raison de la fidélité qui leur est témoignée.

Photo Olivier Gfeller

Depuis la droite : Thierry Ballif, président, Claudio Russo, membre adjoint, et Albert Limido, vice-président.

Pêcheurs en soucis pour leur rivière

Depuis la droite : Thierry Ballif,  président,  Claudio Russo,  membre adjoint,  et Albert Limido,  vice-président.

Depuis la droite : Thierry Ballif, président, Claudio Russo, membre adjoint, et Albert Limido, vice-président.

Deux ans de travaux à la hauteur du pont du Moulinet, une rivière qui souffre dans son eau.

Réunie en assemblée au café restaurant des Ducats, la Société Vaudoise des Pêcheurs en Rivières, section d’Orbe, a débattu sur des problèmes de fonctionnement et a réfléchi sur le programme d’activité 2012.

Le président Therry Ballif, dans ses remarques, déplore une tendance au manque d’assiduité, autant lors des assemblées, des sorties, que des journées de travaux, il espère à l’avenir un véritable engouement pour la vie et animation de la société.

Une observation qui revient à plusieurs reprises, la mauvaise santé des cours d’eau dans le canton de Vaud, particulièrement l’Orbe à la hauteur de la cité des deux poissons où les eaux sont d’une qualité douteuse, la situation de chantier a amené le déménagement du secteur piscicole de la société à Vuiteboeuf, et il règne pour le futur, une certaine incertitude quant à la mise en eau de la rivière. Affaire à suivre…

Dans son rapport, le président informe entre autres, sur le futur étang du Grand Morcel à Vallorbe, endroit qui pourrait se prêter aux passeports vacances 2012. Les oiseaux piscivores, le harle en particulier, ennemi naturel du pêcheur, que la société d’Orbe comptera pour la dernière fois la saison prochaine sur le parcours barrage du Chalet – route de contournement, est toujours inquiétude pour les amateurs de pêche.

Le gagnant du concours d’ouverture 2011, Jean-Maurice Mahlerbe seul concurrent à avoir ramené du poisson sur une vingtaine de participants, signe inquiétant s’il en est, se trouve honoré d’organiser le concours 2012 en date du premier dimanche de mars, jour d’ouverture de le saison prochaine de pêche.

Dans les propositions individuelles, le choix ardu entre la sortie valaisanne de pêche en étang ou une grillade conviviale à la cabane de la pisciculture, le Valais a trouvé une majorité. Le souhait d’intervenir sur le plan cantonal pour établir un calendrier avec date butoir pour l’assainissement des cours d’eau vaudois, où trop d’eaux usées sont encore déversées, a trouvé un large appui de l’assemblée.

Photo Alain Michaud

De gauche à droite, les lauréats Yvan Monnier, Benjamin Morel, Pierre-Yves Poget et Landry Morel.

De nouveaux lauriers pour les Côtes de l’Orbe

De gauche à droite, les lauréats Yvan Monnier, Benjamin Morel, Pierre-Yves Poget et Landry Morel.

De gauche à droite, les lauréats Yvan Monnier, Benjamin Morel, Pierre-Yves Poget et Landry Morel.

Au début du mois de juin s’est déroulée à l’hôtel la Longeraie à Morges l’édition annuelle 2011 de la dégustation organisée par l’Office des Vins vaudois. Placée sous le patronage de l’Union Suisse des Œnologues (USOE), cette dégustation vise à encourager une production d’excellente qualité et à favoriser la promotion des vins vaudois en général. Elle est aussi la base de sélection, entre autres, pour le Guide Hachette du Vin et la sélection des Ressats de la fameuse Confrérie du Guillon. Concours ouvert à tous les producteurs, cette compétition importante débouche sur des prix par catégorie. Les premiers vignerons récompensés recevront leur prix lors de l’Open de tennis de Gstaad, le 26 juillet.

Pluie de médailles et retour en force du gamay

En 2011, ce ne sont pas moins de 10 médailles d’or et d’argent qui ont récompensé des vignerons de la région et leur production. L’occasion d’évoquer le grand retour du gamay, jadis confiné à du vin léger. «Dans les années 1970, jusqu’à l’apparition des quotas, précise Yvan Monnier, on avait un peu pour habitude de privilégier la quantité à la place de la qualité. Depuis ce temps, le gamay a fait l’objet d’une culture particulière et d’un traitement très soigné, ceci pour des quantités moindres.

Pas étonnant dès lors qu’on le retrouve dans les sélections». Pour Benjamin Morel, le gamay est un cépage oublié, pourtant planté dans les Côtes de l’Orbe «non sans bonnes raisons par nos grands-pères». Il faut dire que la terre et surtout le climat plutôt sec de l’appellation réussissent bien au gamay. Pour Pierre-Yves Poget, «pour qu’un vin rouge prenne du caractère en fût de chêne, il faut bien travailler le raisin et la vigne». Le gamay considéré comme rustique développe en réalité des qualités épicées et profondes lorsqu’on l’élève avec des techniques du 21e siècle. «On fait le vin qu’on aime, et ces dernières années, nous vendons très bien le gamay renouvelé » indique de son côté Landry Morel.

Jouer l’équipe

Les vignerons-encaveurs des Côtes de l’Orbe aiment à relever qu’ils jouent en équipe. Chacun avec sa spécialité et ses secrets, mais dans une franche compétition et dans une envie de promouvoir une qualité exceptionnelle pour une AOC dont ils sont et peuvent être fiers. Leur rayon d’action est avant tout régional, et leur production est vendue intégralement, souvent beaucoup plus rapidement qu’on ne l’imaginait. De belles et bonnes heures pour le vin, élevé à son noble rang d’art, notamment d’accompagnement de son homologue culinaire.

Palmarès
Chasselas
Médaille d’Or
Jade Chasselas, 2010 , Côtes de l’Orbe AOC, Cave des Murailles, Landry et Raymond Morel, Arnex
Médailles d’argent
13 Coteaux, 2010, Côtes de l’Orbe AOC, Cave Coopérative d’Orbe et environs, Yvan Monnier et Patrick Keller, Arnex
Vins rouges
Médailles d’Or
Clos Barrique, 2009, Gamay, Côtes de l’Orbe AOC, Cave Mirabilis, André et Pierre-Yves Poget, Agiez
Cuvée Origine, 2010, Gamay, Côtes de l’Orbe AOC, Caves du Château de Valeyres, Benjamin Morel
Garanoir Sélection, 2009, Garanoir, Côtes de l’Orbe AOC, Cave Coopérative d’Orbe et environs, Yvan Monnier et Patrick Keller, Arnex
Gamay Confidentiel, 2009, Gamay, Côtes de l’Orbe AOC, Caves du Château de Valeyres, Benjamin Morel et Frédéric Hostettler
Diamant, Gamaret-Diolinoir, 2009, Assemblage, Cave des Murailles, Landry et Raymond Morel, Arnex
Médailles d’Argent
Eucharis 2009, Côtes de l’Orbe AOC, Assemblage, Cave Mirabilis, André et Pierre-Yves Poget, Agiez
De Galléra, 2009, Assemblage, Côtes de l’Orbe AOC, Caves du Château de Valeyres, Benjamin Morel
Grenat, Gamay Fût de Chêne 2009, Gamay, Cave des Murailles, Landry et Raymond Morel, Arnex

Photo Olivier Gfeller