Werner Kuert, chef département et Olivier Delay, conseiller technique, tous deux travaillent pour Fenaco dans la production végétale, avec l’agriculteur Eric Pavillard d’Orny.

Orny: un laboratoire en plein air

Werner Kuert, chef département et Olivier Delay, conseiller technique, tous deux travaillent pour Fenaco dans la production végétale,  avec l’agriculteur Eric Pavillard d’Orny.

Werner Kuert, chef département et Olivier Delay, conseiller technique, tous deux travaillent pour Fenaco dans la production végétale, avec l’agriculteur Eric Pavillard d’Orny.

La plate-forme de démonstration de blés et d’orges d’automne est bientôt prête à recevoir les visiteurs.

Cette année, la plate-forme d’essais variétaux et culturaux Landi a été installée sur le domaine de Eric et Gaël Pavillard à Orny. Pour l’agriculteur, cela implique des contraintes inhabituelles, afin de mener à terme et dans les règles les différentes cultures. Mais la famille Pavillard joue le jeu, car elle sait que c’est seulement grâce à de tels essais que les semences montrent leurs possibilités ou leurs défauts.

6,8 hectares

En septembre et octobre 2011, dix variétés d’orges ont été semées sur 2,2 ha et 23 variétés de blés sur 4,6 ha. Avec les conseils de la production végétale Fenaco, les plantes ont été choyées et actuellement, alors que les orges ont épié et que les blés ont mis leurs dernières feuilles, les essais montrent déjà de fortes différences.

Le but de cette plate-forme d’essais est de tirer un enseignement sur l’évolution des plantes avec soins (fongicides et régulateurs) ou sans. Sur certaines variétés, on a constaté de gros dégâts dus au gel de cet hiver, mais d’autres ont montré une belle résistance.

Visites sur place

Les cultivateurs intéressés pourront découvrir la plate-forme le 13 juin 2012 avec des visites guidées par les professionnels. Ceux-ci leur expliqueront les qualités ou les problèmes que l’on peut déjà constater. Mais les essais ne seront pas terminés ce jour-là. En effet, les céréales seront suivies jusqu’à la récolte et aux analyses des grains, qui permettront une appréciation plus poussée des différentes variétés.

Puis, avant le choix définitif des semences pour 2013, il faudra encore prendre connaissance de la demande des meuniers et des transformateurs. En attendant, laissons Dame Nature agir et espérons de beaux grains pour une bonne alimentation.

Photo Marianne Kurth

Plaine de l'Orbe

Projet pilote «Contributions à la qualité du paysage»

Plaine de l'Orbe

Plaine de l'Orbe

Ou quand l’agriculteur devient chasseur de primes pour vivre décemment!

Dans sa politique agricole 2014-2017, la Confédération a décidé de prendre en considération le rôle effectif de l’agriculture sur le paysage, en prévoyant des contributions dites à la qualité du paysage. Quatre projets pilotes ont été conduits en Suisse dont un dans la plaine de l’Orbe.

Le rapport du comité de pilotage (Copil) a paru le 16 avril et les agriculteurs concernés ont reçu les informations. Le périmètre du projet mesure 4’429 hectares, avec une prédominance agricole (3’460 hectares de Surfaces Agricoles Utiles) et une majorité de grandes cultures.

Le périmètre du projet touche les communes de Agiez, Arnex-sur-Orbe, Bavois, Bofflens, Chavornay, Croy, Orny, Orbe, Pompaples.

Alternatives

Les résultats du Copil montrent certains aspects ou tendances vers lesquels l’agriculture devrait pencher ces prochaines années.
- Mise en place d’une rotation à cinq, six ou sept cultures. Cette mesure devrait freiner l’augmentation de la grandeur des parcelles. L’effet contraire des remaniements qui ont coûté si cher ces dernières 50 années aux paysans. Ce qui revient à dire que plus l’agriculteur aura de cultures, plus il recevra de paiements directs (PD).
- Couverts végétaux fleuris en interculture. Pour recevoir des PD, l’agriculteur doit s’engager à semer un couvert végétal fleuri sur un minimum d’un hectare. Cette mesure devrait favoriser un paysage coloré et varié tout au long de l’année…
- Cultures colorées: l’exploitant insère dans sa rotation culturale une culture colorée peu présente dans la région. Cette mesure doit encourager une diversité paysagère. (On parle de culture colorée pour du lin, mais qui a déjà vu la fleur de soja?)
- Le Copil souhaite le maintien et le renforcement de plantes jalons dans le vignoble, le maintien et le renforcement d’arbres isolés, (mais sait-on comme il est compliqué de faucher autour d’un arbre?).
- Bordures fleuries et placettes paysagères: il est souhaité que l’exploitant mette en place une bordure fleurie de 3 mètres sur ses parcelles situées aux abords des chemins de mobilité douce. Ou qu’il mette à disposition une surface, en l’aménageant avec un banc et en l’entretenant. Actuellement, l’agriculteur ramasse déjà dans ses champs des quantités de détritus que les promeneurs ou les passagers des voitures y laissent.

Contributions

Si l’agriculteur prend telle ou telle mesure il recevra des contributions comme dédommagement, il va devenir un manager de primes. Le Copil a fait faire un dessin à Mibé illustrant le paysage de rêve du futur. Cela correspond à un retour en arrière de 50 ans. Mais où sont les aides effectives aux agriculteurs? On a voulu bannir les arbres à hautes tiges parce que nombre d’agriculteurs sont devenus paraplégiques ou ont des problèmes graves suite à une chute d’échelle. Les remaniements parcellaires ont amené de la facilité aux paysans puisqu’ils pouvaient avoir de plus grandes surfaces et ainsi plus de rendement. On demande aux agriculteurs toujours plus de rendement, avec de moins en moins de terre.

Et avec ce nouveau projet arrivera-t- on toujours à nourrir les habitants un jour sur deux comme actuellement ou faudra-t-il aller cultiver ailleurs? Le peuple paysan n’est pas content, mais il sera bien obligé de passer par là, même s’il sait que la manne de la Confédération ira pour une grande partie aux projeteurs qui sont assis derrière leurs bureaux.

L’agriculteur devra s’y plier et faire un calcul de ce qui lui rapportera le plus dans son domaine pour avoir suffisamment à ajouter au salaire de sa femme qui va travailler en ville, afin de vivre décemment.

Photo Marianne Kurth

Olivier Chambaz, président de la FVSE.

Coup de gueule des éleveurs à Ballaigues

Olivier Chambaz, président de la FVSE.

Olivier Chambaz, président de la FVSE.

Mercredi s’est tenue à Ballaigues, au centre villageois, l’assemblée générale annuelle de la Fédération Vaudoise des Syndicats d’Elevage (FVSE). Organe majeur de l’organisation paysanne en Pays de Vaud, cette fédération est placée sous l’autorité du président Olivier Chambaz, de Duillier. Un président qui n’a pas mâché ses mots lors de son discours introductif, critiquant à souhait la politique agricole 2014-2017 (PA 14-17) imaginée par Berne et l’OFAG (Office fédéral de l’agriculture).

Au niveau laitier, Olivier Chambaz a estimé que «tout le système de l’IP lait est un fiasco: ça ne fonctionne pas et ça ne rapporte pas ce que ça devrait. On continue d’importer des produits notamment de pays émergents, ne respectant aucune norme de protection sociale ou salariale. On veut bien rester solidaires, mais pas devenir solitaires» a ajouté un président visiblement peu amène face aux décisions fédérales.

«Avec la PA 14-17, le Conseil fédéral propose des mesures de mise en œuvre de sa stratégie à long terme visant une production sûre, compétitive et durable de denrées alimentaires. Ce sont du moins les termes employés dans le message déposé le 1er février 2012 et surtout dans les discours du Conseiller fédéral Johann Schneider-Amman» précisera encore Olivier Chambaz, «sauf qu’en l’état actuel des tracasseries administratives en tous genres, on va droit vers le démantèlement pur et simple des filières lait et céréales. Nous n’avons pas besoin de grands discours, mais de véritables actes» a poursuivi le président, devant une salle comble et partageant visiblement l’avis de son président.

Madelon, Trinity, Niagara et leurs congénères

Dans son rapport annuel, le gérant Claude-André Fardel, de Novalles est revenu sur l’activité de l’année, les contrôles techniques laitiers, les expositions auxquelles les membres de la Fédération ont participé et sur nombre de détails techniques allant du taux de protéine au taux de graisse dans le lait et les contrôles A4 et AT4 qui restent en l’état un peu mystérieux pour le rédacteur novice. A relever que la vache vaudoise de race se situe légèrement au-dessus de la moyenne suisse en matière de production.

Ce qui ne veut pas dire qu’en Pays de Vaud on ne trouve pas de championnes. Au contraire, puisque Madelon, Trinity, Niagara et beaucoup d’autres bêtes ont été primées à divers titres, que ce soit sur le plan de la production ou en participant à des concours. Les cloches de récompense ont été distribuées aux éleveurs en deuxième partie de matinée. L’assemblée s’est ensuite poursuivie par le traditionnel repas en commun, après que le syndic Raphaël Darbellay ait rejoint l’assemblée pour la saluer et présenter la commune hôte de cette manifestation aux deux cents participants présents.

Photo Olivier Gfeller

Damien, Guillaume et Etienne Poncet devant «Gracieuse».

Swiss Expo: le rendez-vous des éleveurs à Beaulieu

Damien, Guillaume et Etienne Poncet devant «Gracieuse».

Damien, Guillaume et Etienne Poncet devant «Gracieuse».

Quelque 22’000 personnes se sont rendues à Lausanne du 12 au 15 janvier pour admirer les plus belles vaches du concours bovin international.

Pas de grande championne dans la région

Les familles Guignard de Rances, Poncet de Ballaigues, Nicolet de Lignerolle, Pinard de L’Abergement, Golay de Valeyres et Michaud d’Orny ont préparé leurs vaches afin de participer au concours. La tension était présente lors des présentations et les résultats ne sont pas toujours ceux escomptés, cependant il faut reconnaître que le niveau des candidates était très élevé. Il y avait beaucoup de concurrence, mais malgré tout, on peut relever les bons résultats des régionaux.

Flots bien mérités

«Gracieuse» de Ballaigues a remporté une 2e place dans la catégorie 5 du concours Simmenthal. Dans les Montbéliardes, «Mirvana» est 1ère de sa cat., Molga et Littee sont 2e. Ces trois vaches viennent de Rances. Marquise de Valeyres sort 2e de sa cat. dans le concours Jersey et dans les Holstein, Idaho de Lignerolle est sortie 4e de sa catégorie.

Ce concours est apprécié par les éleveurs de Suisse et d’ailleurs et permet à chaque propriétaire de situer son troupeau par rapport à ce qu’il peut admirer sur le ring.
Une belle fête pour tous qui a été couronnée par la naissance sur place de «Beaulieu», un veau femelle de la race d’Hérens que petits et grands, agriculteur ou non, ont pu admirer.
Photo Marianne Kurth

Guy Parmelin, conseiller national et vice-président romand de fenaco, Daniel Develey, directeur et Henri Vallotton, président du conseil d’administration de la SA.

Faire du blé, mais surtout du colza

Guy Parmelin, conseiller national et vice-président romand de fenaco, Daniel Develey, directeur et Henri Vallotton, président du conseil d’administration de la SA.

Guy Parmelin, conseiller national et vice-président romand de fenaco, Daniel Develey, directeur et Henri Vallotton, président du conseil d’administration de la SA.

Landi Nord vaudois-Venoge SA

Le résultat du premier exercice de cette nouvelle société peut être qualifié de très bon, selon la première assemblée générale qui s’est tenue le 14 avril à Cossonay. Le chiffre d’affaires se divise en 4 parties principales: 34.7% pour le commerce de détail, 30% le secteur agricole, 23% les céréales et 11% les carburants.

Secteur AGRO

Christophe Grand, responsable de ce secteur, a expliqué les diverses activités. Par exemple, dans la vente des semences, le blé Claro (Top) a dépassé le Siala et l’Impression (III) et Caphorn sont en nette diminution. Le Manhattan (Biscuit) et le seigle Palazzo sont plus ou moins stables. Les cultures de pommes de terre sont en recul dans la région, malgré la demande. Le manque d’eau du mois de juillet a divisé les rendements par deux et des soucis de teneur en amidon sont apparus.

Céréales

Les silotiers de Chavornay-Orbe, Bussigny et Yverdon ont recueilli 20 140 tonnes de céréales, soit 16% de moins qu’en 2009, dont 11 718 de céréales panifiables, 3 527 d’oléagineux et 4 892 de fourragères. Le mauvais temps du mois d’août a influencé le rendement à la baisse. La culture du colza convient bien au climat de Suisse romande et les cultivateurs pourraient en produire plus.

Il est difficile d’organiser les récoltes et l’on sait que plus de 250 000 t. d’orge, de blé fourrager et de maïs sont importées chaque année, alors qu’ils pourraient être produits sur le territoire suisse. Les silos de Renens et d’Yverdon vont bientôt être fermés et les productions seront acheminées sur Chavornay-Orbe. Un système d’indemnisation est à l’étude pour le transport.

Win-Win

Afin de jouer gagnant-gagnant, la société souhaite maintenir un outil de travail performant comme la construction d’un nouveau magasin à Yverdon car l’actuel est devenu trop petit pour répondre à la demande régionale. Divers travaux sont également prévus sur Orbe et Chavornay.

Photo Marianne Kurth

Paysage de la région

La nouvelle loi : flou, scepticisme et trains fantômes

Paysage de la région

Paysage de la région

Lundi 10 janvier, une centaine de personnes se sont rendues à la grande salle d’Agiez à l’instigation du Service de l’agriculture et de Prométerre.

En effet, ces deux organes ont organisé cinq séances d’informations, dans tout le canton, destinées aux exploitant(e)s agricoles, afin de leur présenter cette nouvelle loi. Une loi-cadre a été décidée au niveau national et le canton, suite à une motion du député Pierre-André Pidoux, a élaboré cette nouvelle loi, qui a été acceptée par le Grand Conseil du Canton de Vaud le 7 septembre 2010. Elle est entrée en vigueur le 1er janvier 2011.

Boîte à outils

Messieurs Philippe Rossy, gérant de l’Office de crédit agricole, Frédéric Brand, et Christian Aeberhard du Service de l’Agriculture, Didier Fattebert de Terremploi et Stéphane Teuscher, directeur de ProConseil ont tenté d’expliquer les changements que devraient apporter la nouvelle loi. Ils ont montré les «outils» qui apporteront aux exploitants des améliorations de revenus, pour autant qu’ils apportent des changements dans leurs cultures.

Il faudrait plus de blés biologiques, de cultures spéciales, plus d’arbres à haute tige, de porc charcutier, etc… Une agriculture vivrière doit être mise ne place pour nourrir la population en augmentation d’environ 15 000 personnes par année dans le canton.

Le train est en gare

Mais quel quai et quel wagon doit prendre le paysan pour être au top pour la PA 2014 ou 2017 ? Quelle solution doit-il choisir pour assurer les rentrées nécessaires à la survie de son exploitation ? Le canton veut aider, par les paiements directs, à la sécurité de l’approvisionnement et du revenu, à la sauvegarde des paysages cultivés et des ressources naturelles vitales ainsi qu’au bien-être des animaux. Il veut favoriser l’émergence de projets, de réseaux et veut réduire drastiquement les émissions d’ammoniac.

Quel avenir ?

Ce jour-là les paysans ne se sont pas sentis au centre du problème et ne savent pas comment faire pour appliquer cette loi au mieux pour le pays, et pour leur famille. L’avenir est incertain mais ce qui est sûr, c’est qu’il faut aller de l’avant.

Photo Marianne Kurth