Pascal Bays et Romain Nicole, gardes-forestiers et artisans du projet qui fédère les neuf communes du Triage du Suchet autour de la construction d’un hangar à plaquettes

Triage du Suchet: hangar à plaquettes, et chauffe la forêt

Le Triage du Suchet y réfléchit depuis dix ans. Rallier les neuf communes membres autour d’une structure de fabrication de plaquettes pour le chauffage a été un long cheminement. Pourtant, les exemples foisonnent : la Côte, Vallorbe, Ste-Croix et d’autres encore ont déjà misé depuis longtemps sur la production d’énergie renouvelable issue de nos forêts. Si les arguments financiers ont convaincu les municipalités et conseils communaux de L’Abergement, Ballaigues, Les Clées, Lignerolle, Montcherand, Sergey, Orbe, Valeyres-sous-Rances et Rances, les aspects du développement durable ont aussi séduit.

Le porte-monnaie et l’environnement

C’est ce qu’expliquent Romain Nicole et Pascal Bays, gardes-forestiers et artisans du projet : « Il met en valeur un produit régional et la plus-value revient aux propriétaires ». On parle de bois d’industrie qui n’est pas utilisable pour la charpente. Au lieu de l’envoyer à l’étranger dans des camions pour être défibré et aggloméré, avec des impacts environnementaux importants, ce sous-produit de la forêt est rentabilisé ici.

Premier coup de pioche

La construction d’un hangar de belles dimensions a donc démarré à mi-octobre sur la commune de Rances. Les billes de bois y seront transformées en plaquettes puis stockées. Le plus gros partenaire sera le chauffage à distance du quartier de Montchoisi à Orbe.

De la belle ouvrage !

Croy: travaux de réfection du canal, l’eau coule à nouveau

Le canal de Croy, prenant sa source dans le Nozon à l’aide d’un empellement situé au Pont de l’Étang, servait depuis des décennies à alimenter diverses forces hydrauliques telles que roues à aubes et turbines. A l’époque, deux lavoirs y sont construits et utilisés par les lavandières qui venaient y laver leur linge.

Combien d’entre nous se doutent de l’importance qu’avait, encore au siècle dernier, ce réseau de canaux dans cette région. Dès le XIIIe siècle, des moulins, des scieries puis des forges ont été installées sur les rives du Nozon et sur ses dérivations. Il ne s’agissait pas de simples « rigoles » mais de véritables canaux. Celui de Croy en est l’un des derniers vestiges.
C’est grâce au moteur hydraulique, dont la présence est attestée en Europe depuis l’Antiquité (il est décrit dans le Traité d’architecture de Vitruve ), que l’essor de certaines vallées a pu avoir lieu. En Europe, au Moyen-Âge, le moteur hydraulique s’est développé parallèlement à la disparition de l’esclavage. L’utilisation de l’énergie hydraulique plutôt qu’animale ou humaine a permis un gain de productivité, chaque meule d’un moulin à eau pouvant moudre 150 kg de blé à l’heure.

De nos jours, le canal est un endroit de loisir sur le bord duquel il est doux de flâner. C’est un véritable trésor, témoin de notre passé, que la municipalité de Croy a restauré en y prenant grand soin. Le chemin pédestre qui le longe fait le bonheur des marcheurs et des pèlerins. Un bel exemple à suivre !