Les 12 éoliennes telles qu’elles seront vues depuis la plaine. Tout cela pour ça?

La Praz: Forcing pour les éoliennes, une commune toujours à la une !

On a maintenant la preuve qu’une modeste petite commune du Jura vaudois, d’à peine 160 habitants, peut faire la «une» de tous les journaux romands. Et deux fois ! La Praz a, en effet, défrayé la chronique lors de son refus du «Parc éolien» qui prévoit la mise en place de 12 turbines géantes sur les crêtes du Mollendruz. Et maintenant, par l’annonce d’un deuxième vote sur le même objet...

Premier round: Jeudi soir 18 janvier, lors des séances des Conseils généraux de Juriens, Mont-la-Ville et La Praz, cette dernière est la seule à refuser ce plan partiel d’affectation intercommunal. Un sacré coup ! Une totale surprise ! Et un sacré «scoop» pour la presse qui ne se gêne pas d’annoncer la fin programmée de tout ce projet. S’ensuivent des réactions en chaîne, des courriers de lecteurs et des félicitations pour les gens de La Praz qui deviennent ainsi les «pourfendeurs» des éoliennes.

Deuxième round: La Municipalité de La Praz ne veut pas de cet échec, elle qui s’est positionnée clairement en faveur des éoliennes. Alors, que faire ? Simple ! On va revoter le préavis... «Démarche peu courante, mais légale», précise la préfète du District Jura - Nord vaudois Evelyne Voutaz. Alors, rebelote ! La presse se déchaîne à nouveau sur ce sujet. La Praz revient au centre des attentions. «Vu que les deux autres communes ont accepté le PPA, c’est un devoir pour nous de représenter ce préavis pour que les conseillers puissent se positionner ou se repositionner en toute connaissance de cause. Et dans ce but, une séance d’information aura lieu mercredi 21 mars, avant le nouveau vote du Conseil prévu mardi 27 mars. L’image de La Praz est ternie. Et on perdra tout ce que nous avons investi pendant dix ans pour ce projet, sans compter l’indemnisation annuelle de plus de cent mille francs que la société nous verserait pour la location des terrains et les revenus fiscaux», a motivé la syndique Anni Sordet.

Manque de fair-play

Bien évidemment, les opposants aux éoliennes se sentent trahis. Tant SOS Jura Sud et Paysages Libres Vaud trouvent que ce second scrutin est loin d’être «fair-play» et que les autorités réagissent en mauvais perdants. D’autant plus que ces éoliennes de Energie Naturelle Mollendruz SA ne font pas partie d’un élan purement communal. Elles sont managées par les Services électriques de Zurich et les Services industriels d’Yverdon qui doivent justifier le X pourcent d’énergie verte dans leurs factures. Et, dans le Journal de Morges, le syndic de Mont-la-Ville Patrick Agassis va plus loin: «Vu la volonté du Canton de Vaud de voir aboutir ce projet, il pourrait même déplacer les frontières communales entre La Praz et Juriens par simple échange de terrain pour pouvoir aller de l’avant!»

Quand on scie la démocratie

Dans cette affaire, les tenants et les aboutissants vont bien au-delà du pour ou du contre les éoliennes. C’est tout le fonctionnement de la politique communale qui est remis en question, et jusqu’aux députés du Grand Conseil. Du coup, le règlement des Conseils généraux qui permet de se faire assermenter lors d’une séance importante est maintenant sérieusement remis en question. On parle même de changer la loi pour cela. «La réflexion peut être juste, mais c’est la base même de la démocratie directe qui vacille. Pourtant, ce système a fait ses preuves...» s’inquiète la préfète.

Pour conclure, nul ne peut prétendre connaître l’issue de cette deuxième confrontation... A La Praz, on assure toutefois qu’il n’y aura pas de troisième vote et que la Municipalité s’adaptera au résultat sorti des urnes. Donc, affaire encore à suivre...