Le brasseur Fabrice Tournelle.

Romainmôtier: la «Brasse-Mortier» est née

Ambiance de fête samedi passé sur la place du Bourg à Romainmôtier pour l’inauguration de la nouvelle brasserie artisanale la «Brasse-Mortier», qui emprunte sa raison sociale au sobriquet des habitants du lieu.

Installée dans le caveau de la maison de commune, cette nouvelle exploitation est l’oeuvre de Fabrice Tournelle, archéologue reconverti dans la bière artisanale depuis quelques années. La Brasse-Mortier présente une gamme de 5 bières typées et très différentes l’une de l’autre, qui vont de la Weizen, une blanche légère à la Bohemian Pilsner, une bière de garde très foncée et corsée, en passant par une Imperial Stout, une India Pale Ale et une Old Ale. «Mes bières sont le fruit de recettes très précises que je conserve au gramme et à la minute près, pour leur procurer le goût et la finesse recherchés» explique Fabrice Tournelle.

Un produit qui restera régional

Il faut environ 6 semaines à une bière artisanale pour passer du stade de la fabrication à celui de la consommation. «Tout se fait sur place», précise encore le brasseur, qui dispose à l’arrière du caveau des surfaces nécessaires à la production. Pour l’instant, elle est de l’ordre de 200 litres par jour et le brasseur entend la commercialiser localement et dans une zone de chalandise régionale limitée.

À relever que pour l’occasion Fabrice Tournelle avait invité le chocolatier de Chamblon Michaël Randin, qui a décidé de créer certains chocolats comprenant de la bière Brasse-Mortier. Une audace qui peut surprendre, mais qui mérite le détour. Comme les bières elles-mêmes, dont certaines se marient parfaitement avec l’agneau ou les fromages bleus corsés.

On a pu voir, dans le rôle du sommelier stylé, le syndic du lieu, vantant les mérites du nouveau breuvage local à Dominique Faesch, la directrice du Tourisme régional, venue soutenir cette initiative sympathique et appréciée du public.

Scène de la vie quotidienne dans une colocation.

Orbe: grande première suisse

La Résidence Saint-Martin innove dans le domaine de la colocation pour personnes âgées. En effet, la société Richard Promotion a accepté d’ouvrir deux appartements pour une nouvelle formule d’habitation à l’initiative de Patrice Lévy (ASSEP) qui s’est spécialisé dans l’habitat communautaire du 3e âge. Si la politique cantonale a mis des instruments à disposition pour maintenir nos aînés à domicile (AVASAD), leur autonomie est parfois remise en question par la maladie. Des EMS ont été construits pour accueillir cette population en fin de vie. Toutefois, certaines personnes rechignent à l’idée de terminer leur existence dans de tels établissements. C’est la raison pour laquelle l’idée de créer des appartements qui permettent d’accueillir des aînés qui ne parviennent plus à gérer seuls le quotidien à cause de l’apparition progressive de la maladie d’Alzheimer mérite d’être expérimentée et pourrait offrir une nouvelle alternative.

Présence 24 heures sur 24

Cette initiative a séduit la Fondation Alzheimer Suisse qui a accepté de tester cette nouvelle formule d’habitat. Avec la complicité de la Fondation Saphir à Yverdon, les deux appartements de la rue des Rigoles accueilleront six personnes dans deux appartements. Chacune bénéficiera d’une chambre individuelle, parfois avec un cabinet de toilette personnalisé. Ces gens profiteront de la présence d’accompagnantes de vie qui épauleront les locataires dans certaines activités. Ainsi, à titre d’exemple, les repas qui seront pris en commun seront confectionnés par les pensionnaires qui feront aussi les courses avec des accompagnantes qui seront présentes de 7 à 22 heures. Une veilleuse sera constamment présente durant la nuit en cas de soucis. Sur le plan de la santé toutefois, le personnel du centre médico-social (CMS) demeurera le référant. Dans le domaine de la gestion administrative, les pensionnaires conservent leur autonomie et sont souvent aidées par un membre de la famille ou par un curateur.

Une offre supplémentaire

Cette formule de colocation est sans nul doute intéressante. Certes, en dehors du partage du loyer, il faut également rémunérer le personnel accompagnant. Si le locataire devait éprouver quelques difficultés financières, l’aide à la personne cantonale peut pallier ces problèmes. Cette nouvelle formule sera testée sur deux ans et expérimentée également en Valais (Sierre). A l’heure où la population vieillit dans notre pays, ce concept va renchérir l’offre pour des personnes seules qui rechignent à l’idée d’entrer dans un EMS. Ce service personnalisé offre la possibilité de conserver une certaine autonomie en dépit de quelques pertes de mémoire. Une opportunité de vivre agréablement sa vieillesse dans un lieu sécurisé et dans un petit environnement communautaire sympathique, et moins stressant.