Des feux à Chavornay pour dissuader les pendulaires de traverser la localité.

La Municipalité de Chavornay en appelle au peuple

Alors que la mise à l’enquête publique du PPA «Gruvatiez-En Lavegny» court jusqu’au 15 mai, la Municipalité de Chavornay a lancé un pavé dans la mare au travers de son bulletin communal du 25 avril sous la forme d’un «Appel à la population». Chaque habitant de la commune est invité à se présenter au greffe municipal pour signer une lettre d’opposition formelle préparée par ses soins, au motif essentiel que ce PPA ne tient pas compte des problèmes actuels de circulation à Chavornay et de ceux que généreront l’installation des 1 200 habitants et les mouvements de visiteurs du nouveau quartier, partie intégrante de la zone future «Pôle Sud». Un tel procédé émanant de l’exécutif d’une commune est pour le moins inhabituel. Il a même suscité des réactions étonnées de Chavornaysans rencontrés samedi qui se demandent «s’il ne s’agit pas simplement de jalousie de leurs autorités» face à un développement ambitieux et maîtrisé.

Ce que dit l’exécutif de Chavornay

Contacté durant le week-end, le syndic de Chavornay, Christian Kunze, se défend de tout acte belliqueux à l’encontre de sa voisine. «Nous ne contestons en rien le développement d’Orbe. Ce que nous disons, c’est que l’étude d’accessibilité et les recherches entreprises et financées par les communes concernées et le canton pour améliorer la question du trafic n’ont débouché sur aucune solution. Sur près de 13 000 véhicules par jour qui traversent Chavornay, 9 000 sont des pendulaires qui passent le giratoire et circulent sur la route de Corcelles». Et le syndic de poursuivre en précisant: «A plusieurs reprises, j’ai averti mes interlocuteurs des groupes de travail ainsi que le public que notre commune s’opposerait à ce PPA, sans solution valable pour canaliser et réduire le trafic. Mais Orbe et le canton ne semblent pas avoir entendu ces avertissements. Le problème vient avant tout des sorties d’autoroute de Chavornay et d’Orbe, qui ont historiquement été très mal placées. Une sortie au milieu de la plaine divisant le trafic en deux flux est la seule solution viable à mes yeux». Interrogé sur la question du droit d’un citoyen chavornaysan à élever une opposition à un PPA à l’enquête dans une commune voisine, Christian Kunze estime que «pour l’instant nous ne faisons pas du droit. On verra plus tard si cette question doit être débattue. Après tout, ce PPA générera de la circulation et aura donc des effets sur la commune», conclut-il.

Orbe se veut responsable

Le syndic d’Orbe, Claude Recordon, insiste d’emblée sur sa volonté de ne pas mettre d’huile sur le feu, malgré une action de masse qu’il ne goûte manifestement pas. Sa perception de la situation de fait diffère, on s’en doute, de celle de son collègue de Chavornay. Pour lui, l’origine du mal provient de la fameuse sortie d’autoroute de Chavornay, en faveur de laquelle la cité des Corbeaux avait engagé à l’époque un lobbying important. Une sortie dont aucun des penseurs de l’époque n’avait réellement mesuré les inconvénients potentiels, que ce soit au niveau des communes ou des services cantonaux et fédéraux. «Cette erreur n’est pas contestée, mais ce n’est pas parce qu’elle existe qu’Orbe doit en supporter les conséquences, ajoute Claude Recordon. Orbe a le droit et d’ailleurs le devoir de densifier et de se développer de façon harmonieuse et contrôlée. L’exécutif a choisi la voie «Pôle Sud», car elle lui semble la meilleure actuellement, en particulier pour tirer profit de la liaison ferroviaire existante qui se transformera en RER vaudois à l’horizon 2018. Mais pas de RER si la masse critique de la population n’atteint pas environ 10 000 habitants.»

Chavornay a participé aux discussions

Claude Recordon relève également que l’ADEOC existe et qu’en son sein un groupe ESAM a travaillé sur l’ensemble de la problématique des transports et d’accessibilité multimodale. Chavornay fait bien entendu partie de ces instances, qui ont mis au jour trois pistes de solutions: la création d’une nouvelle sortie autoroutière, dont l’OFROU ne veut pas, une route de contournement de Chavornay, dont le canton ne veut pas et… le maintien du statu quo, ce dernier étant assorti d’une réflexion encore en cours sur la façon de complexifier la circulation à Chavornay pour dissuader les pendulaires de passer par cette localité. «On imagine des sortes de robinets, peut-être des feux rouges, fermant un peu le débit décrié de l’autre côté de la plaine, explique Claude Recordon. Actuellement cette étape de la réflexion n’est pas terminée et nous attendons les conclusions des services de l’État, entre autres. Orbe enfin a conclu des accords avec l’ensemble des industriels des Ducats et de la plaine pour que les camions qui desservent cette zone ne tournent pas en direction de Chavornay, mais passent par les Mosaïques, une solution que le service cantonal des routes ne voulait pas.

Pas être pris en otage

«Comme le résume la Municipalité à l’intention de son Conseil communal, Orbe a toujours pris en compte tous les aspects de son développement, y compris et peut-être même surtout le problème de la mobilité et des circulations et a apporté tout son soutien à toute démarche permettant de trouver des solutions. Néanmoins, elle ne peut pas admettre que le développement de la Commune d’Orbe soit en quelque sorte «pris en otage» par des négociations longues et difficiles entre la Commune de Chavornay et le Canton dans la recherche de solutions à son problème. Il n’est pas inutile non plus de rappeler qu’une grande partie de ces problèmes de traversée de la localité n’est qu’une résultante d’une décision malheureuse des autorités de Chavornay, il y a plusieurs années, sur le choix de l’emplacement d’une sortie autoroutière.

L’Exécutif urbigène attend le développement de ce dossier sans remettre en cause les autres démarches.»

Le collège Louis-Ruchonnet qui sera rénové en profondeur.

Vallorbe: investissements supplémentaires massifs

Ce n’est pas parce que la séance du Conseil ne dure pas que l’on n’investit pas massivement à Vallorbe. En une petite heure en effet, le délibérant vallorbier, placé sous la présidence de Nourredine Ghennoune, a en effet débloqué pour plus de 5.2 millions de francs de crédits lundi soir, faisant ainsi droit aux demandes de l’exécutif.

Le plus gros morceau de ce total impressionnant, plus de 4 millions de francs, sera consacré à la réfection du collège de l’avenue Louis-Ruchonnet, qui, en trois phases s’étalant jusqu’en 2016, verra ses façades, sa toiture et de nombreux éléments intérieurs complètement remis à neuf. Ajoutons à cela l’installation d’un ascenseur attendu depuis longtemps par les personnes à mobilité réduite et l’étude, souhaitée par la commission, de l’absorption de la résonance excessive qui se manifeste dans les corridors.

Une somme de Fr. 910 000.– a également été votée pour la réfection complète de la partie Est de la rue de l’Ancienne-Poste, en conjonction avec les travaux des futurs bâtiments du centre médical de groupe et d’appartements protégés qui débutent ces jours et qui vont s’étendre sur deux ans environ.

Augmentation importante de la population

Poursuivant sa politique d’équipement des terrains constructibles qu’elle possède, la commune va aussi entreprendre des travaux de ce type sur une parcelle de plus de 6 000 mètres carrés dans le quartier de Bellevue. À relever que ces frais seront compris dans le prix de vente que la commune consentira aux acquéreurs, qui seront au final les porteurs économiques de cette charge. Dans les communications de la Municipalité, le syndic, Stéphane Costantini, a fourni les chiffres tout frais de l’évolution de la population de la cité du fer pour 2013: elle s’est accrue de 5.5% passant de 3356 à 3539 habitants. Ce taux d’augmentation est significatif à ses yeux, le district dans son ensemble réalisant une augmentation de 2.1% dans le même temps.

En parallèle, l’exécutif a adopté les comptes 2013 ce même lundi. Ils seront présentés et discutés d’ici à l’été. Ils se révèlent à nouveau positifs et surtout comprennent une marge d’autofinancement dépassant le total de 3 millions de francs. «La preuve que notre politique de développement commence à porter ses fruits» ajoutera le syndic.