Le Conseil de Vaulion au travail.

Vaulion: le chantier du siècle prend forme

Le président Philippe Magnenat a convoqué le délibérant vaulieni la semaine passée pour permettre à l’exécutif de présenter et de déposer deux préavis très importants relatifs à l’adduction d’eau, à son évacuation et la réfection en profondeur de la route qui traverse le village de part en part. On parle de ces travaux depuis longtemps aux Trois Cœurs, mais cette fois le mouvement est lancé.

Les chiffres sont très importants pour une commune de 500 habitants, puisque le premier préavis concernant l’eau prévoit un crédit de Fr. 1.185 Mio alors que le second, essentiellement consacré à la réfection simultanée de la chaussée s’élève à Fr. 795 000.–. A relever que ces sommes ne concernent qu’une portion limitée du haut du village, intitulée pudiquement «Étape 1 Secteur 3». On peut donc imaginer ce que coûtera le projet complet, qui comprendra 5 étapes au moins et qui pourrait demander de longues années avant de se réaliser entièrement. La Municipalité a rappelé que les conduites existantes datent du début du 20e siècle, ce qui rend leur remplacement impératif.

Financement compliqué

Si sur le plan purement technique les travaux ne semblent pas devoir poser de problème particulier, leur financement est en revanche un casse-tête. Même si la Municipalité a revu ou va encore revoir les taxes communales existantes à la hausse, il faudra que la commune s’endette pour ces gros chantiers. Et ceci au-delà du plafond d’endettement voté en début de législature. Les préavis prévoient de faire passer ce dernier de Fr. 4.35 Mio à Fr. 6.135 Mio. Cette modification requiert toutefois l’aval du Conseil d’État. Un aval qui a déjà été requis en fin d’année 2013, mais sur lequel le gouvernement ne s’est pas encore prononcé. Des séances sont d’ailleurs prévues entre la Municipalité et le gouvernement cantonal.

La réfection de la chaussée, qui est une route cantonale traversant un village, devrait à nouveau pouvoir bénéficier de subsides cantonaux, suite à la fin du moratoire cantonal dès 2014. Une demande à hauteur de Fr. 600 000.– a été formulée dans ce sens. Autre particularité du dossier: la commune souhaite diminuer ses charges annuelles en amortissant les installations futures sur 50 ans, alors que la loi prévoit une durée maximale de 30 ans pour ce faire. Une demande de dérogation dans ce sens va donc aussi être déposée.

C’est une seule commission de 5 membres présidée par Danilo Perotti qui étudiera les deux demandes de crédit.

Arnex: population informée sur les fusions

On sait qu’un mouvement de fusion a été enclenché par les communes des Clées (qui  s’est retirée depuis), Montcherand et Sergey qui ont souhaité qu’Orbe et d’autres villages réfléchissent au problème. C’est la raison pour laquelle Laurent Curchod, délégué du canton, est venu informer les Arnésiens sur les conditions d’une fusion. Il a énuméré les raisons pour lesquelles d’autres communes ont décidé de se réunir sous une seule entité.

La difficulté à renouveler les exécutifs est une première raison puisque 260 démissions de municipaux ont déjà été enregistrées au milieu de cette législature, en pays vaudois. Phénomène que l’on observe moins dans les villes puisque leurs administrations sont plus à même de faire face aux contraintes cantonales, de plus en plus compliquées à maîtriser. Enfin, les structures intercommunales (Écoles, Police, Protection civile, Pompiers, etc.) ont rapproché les voisins en même temps qu’elles ont ôté du pouvoir aux communes, notamment en matière financière.

12 projets en route

Au chapitre des inconvénients, la perte de proximité avec la municipalité future est une chose, comme le déplacement du siège administratif qui procure le sentiment que l’on maîtrise moins les affaires du village. La perte d’origine des familles (ceux d’Arnex deviendraient originaires de la nouvelle commune) est un autre aspect émotionnel sur lequel le Grand Conseil devrait revenir prochainement, sans grande chance de succès puisque le régime a été appliqué à toutes les localités qui ont déjà  fusionné. Répondant à une question, M. Curchod a dit qu’il était encore tôt pour tirer de véritables enseignements des premiers regroupements mais qu’il ne fallait pas compter sur une réduction des coûts puisqu’il faut renforcer l’administration et le salaire des municipaux nouveaux.

Bien que des esprits chagrins regrettent cette évolution inexorable, 12 fusions ont été entérinées en juillet 2012 et 4 au 1er janvier de cette année. Actuellement, douze projets sont à l’étude, dont celui de Montcherand, Orbe et Sergey.

Sondage lancé

Il a aussi été précisé qu’il était mieux de participer à l’étude plutôt que de rejoindre le groupe plus tard car l’on doit, à ce moment-là, accepter les conditions créées par ces initiants. Pour qu’une fusion ait une chance d’aboutir,  il est indispensable que les Municipalités soient unanimement convaincues de la solution. Il est entendu que l’accord du conseil général (ou communal) est nécessaire pour se joindre à la réflexion alors que celui de la population interviendra en fin de parcours. Toutefois, la Municipalité d’Arnex, qui se dit intéressée à participer à l’étude, a décidé de lancer un sondage pour connaître l’avis des Arnésiens, en même temps qu’elle leur demande qui  s’engagerait à accepter une fonction communale, dans les cinq ans.

Le résultat sera connu au début du mois de mars. Au terme de cette réunion, le sentiment de s’allier avec une plus grande commune et de perdre une partie de l’autonomie villageoise semblait prévaloir. Un choix d’avenir délicat quand bien même bon nombre de villages, dans le Gros-de-Vaud surtout, ont fait le pas sans le regretter, selon Laurent Curchod.