L’énigme du Mormont: la colline est passée au peigne fin

En janvier 2006, des sondages sont effectués dans la zone qui va être exploitée ultérieurement par le cimentier Holcim. Au printemps débutent les fouilles, prévues pour 2 mois. Les archéologues réalisent assez vite qu’ils sont en présence d’un site archéologique exceptionnel. Il s’agit d’extraire, dans des conditions parfois rudes, les vestiges d’un passé qui remontent à la fin du Second âge du Fer, entre le IIe et le Ier siècle avant notre ère. Sur la colline, en été, le soleil cogne. En automne, le vent est âpre et la pluie cinglante. En hiver, le froid griffe le visage. Les fouilleurs exhument – dans l’urgence – un mobilier d’une rare richesse : vaisselle en céramique et en bronze, outils en fer, fibules, perles en verre, anneaux, situles, meules à grains, monnaies mêlées à des restes humains et d’animaux. Près de 250 fosses (dont la profondeur varie entre 0,80m et 5m) seront mises à jour : des puits à offrandes ? L’époque est troublée. Retranchés sur le Mormont, les occupants des lieux voulaient-ils s’attirer les bonnes grâces des dieux ?
Combien de temps a duré l’occupation sur le Mormont ?

Quelques décennies pensaient les spécialistes. Au fil des mois, l’hypothèse d’une très courte durée – quelques années – semble la plus plausible. Une population s’est-elle réfugiée sur la colline en raison d’un conflit ? Après dix ans, le Mormont est loin d’avoir livré ses secrets. Ce qui est sûr, c’est que le site n’est ni un habitat ni une nécropole, malgré la présence récurrente d’ossements humains.

Ce que nous apprennent les vestiges découverts

Chaque fragment d’os, de céramique, d’objet en métal est minutieusement répertorié et envoyé dans les laboratoires afin d’être analysé ou restauré. La céramique est un témoin de choix des pratiques alimentaires, commerciales ou culturelles d’une population. Trois lampes à huile et une amphore sabrée – déposée sur le squelette d’un grand cheval - proviennent certainement d’Italie. Parmi les graines recueillies, les céréales telles que l’épeautre, l’orge, le millet étaient apprêtées ainsi que des légumineuses : lentilles, pois ou fèves. Une fosse a même livré deux espèces exotiques : la coriandre cultivée et la figue. (Ces renseignements sont tirés d’Archeothema sorti en avril 2014 pour l’exposition « Les Helvètes au Mormont » à La Sarraz).

La poursuite des fouilles

Depuis la découverte du site, des fouilles sont menées chaque année mais la zone la plus riche a été fouillée entre 2006 et 2007. Puis les archéologues se sont rapprochés de la périphérie au fur et à mesure qu’une zone était déboisée. Les fosses à offrandes étaient presque toutes concentrées dans une dépression du calcaire, comblées d’une importante couche de sédiments. En 2016, les trouvailles revêtent un autre caractère. Il s’agit principalement de foyers, de trous de poteaux, de fosses de faible envergure et même de fosses-dépotoirs suggérant plutôt des structures à caractère domestique. Elles ne sont pas profondes à cause du peu de sédiments qui recouvrent le calcaire.

Le 27 septembre, c’est encore l’été sur la colline
Le mobilier de deux fosses doit être extrait. Au sommet d’une faille, des restes de boucherie : bœuf, mouton, chèvre avec quelques fragments de céramique. Dans trois jours, les archéologues quitteront les lieux. Dix ans de fouilles s’achèvent. Des sondages reprendront dans deux ans peut-être. Les dimensions du site sont remarquables et les limites ne sont pas encore circonscrites.

Une fouille d’une telle ampleur – rappelons qu’à ce jour près de 8 ha ont été investigués – n’aurait pas été possible sans l’implication passionnée de tous les acteurs : l’Archéologie Cantonale (SIPAL-CDFIRE), les archéologues (Archeodunum SA) et le cimentier Holcim, permettant aux archéologues de travailler dans les meilleures conditions. « Nous avons toujours entretenu d’excellents rapports avec le directeur, M. François Girod et avec ses employés » souligne Dorian Maroelli, archéologue, l’adjoint de Claudia Nitu, l’archéologue en charge du site.

Pour l’heure, le site, qui a suscité tant d’émerveillement, tant d’enthousiasme et conduit à tant de fantastiques découvertes, est rendu au silence. Il souffle sur le plateau une petite brise tiède. Le lieu exerce une réelle fascination pour qui le découvre du haut de la colline.

Police du Nord vaudois: pas de remise en question pour l’instant

Ces derniers mois, les conseillers communaux d’Yverdon se sont étonnés du peu d’emprise que leur commune possède sur la marche de la Police du Nord vaudois. A l’origine, les statuts de cette association décrivaient très clairement les responsabilités de chacun des partenaires, actuellement au nombre de 11, avant la disparition de Corcelles/Chavornay et d’Essert Pittet qui fusionneront avec Chavornay au 1er janvier 2017. Ainsi, le comité directeur comprend un représentant de chaque commune et siège une dizaine de fois par année. Quant à l’assemblée générale, elle réunit des conseillers et des municipaux de chacun des partenaires qui possèdent un certain nombre de voix en fonction de l’ampleur de leur localité. Afin d’éviter qu’Yverdon soit seul maître à bord, les statuts précisent qu’il est nécessaire que les deux tiers des voix soient réunis pour modifier les statuts ou la répartition financière qui se fait aussi en fonction des localités, les plus petites ne payant que les deux points d’impôts ristournés par le canton pour la sécurité.

Statuts inchangés

Contrairement aux informations parues récemment dans la presse, les Yverdonnois ne demanderont pas un changement de statuts, qu’ils ne pourraient obtenir qu’avec l’adhésion de deux autres communes, mais vont revoir leur délégation qui sera représentative du Conseil communal et non plus de la Municipalité, comme c’était le cas jusque-là. Donc, le principe fondamental n’est pas remis en question. Toutefois à Orbe, la motion Wieland suggérait de quitter la PNV pour adhérer à la Gendarmerie. Des contacts ont été pris avec cette dernière et la Commune attend une proposition ferme de la police cantonale pour envisager l’avenir. Il faut préciser qu’une sortie de la PNV ne se fera pas sans compensation financière qui pourrait être lourde puisque la localité est liée avec la Police du Nord Vaudois jusqu’à juin 2022.

Iniquité de traitement

On peut rajouter que si le coût de la PNV est assez conséquent pour les Urbigènes, cela est dû au Canton qui a éludé le résultat de la votation de 2009 en faveur d’une police coordonnée et qui repoussait l’idée d’un corps unique comme le préconisait l’initiative d’Artagnan. Du reste, la Cour des comptes s’est étonnée récemment de l’absence d’une réforme financière qui permet à des localités comme Payerne, Echallens, Gland ou Vallorbe de ne payer que 2 points d’impôts pour leur sécurité alors que les communes affiliées à des polices municipales ou intercommunales paient bien davantage.