Henri Germond

Orbe: Henri Germond, premier syndic socialiste

C’est donc la première fois dans l’histoire qu’Orbe sera dirigée par un membre du parti socialiste. Jusque-là, les partis radical et libéral ont dominé le débat et ce n’est que dans le dernier quart du 20e siècle que la gauche a émergé. Pour entamer cet entretien, l’Omnibus a demandé à Henri Germond de quel courant de gauche il s’inspirait :
«A vrai dire, je n’ai pas baigné dans la politique dans ma jeunesse. C’est au contact de ma femme Michèle que je me suis intéressé à la chose. Le fait de concevoir l’avenir de la localité a provoqué mon intérêt. Si je devais me définir, je pense avoir une sensibilité sociale avec un souci du consensus. Je vous fais remarquer aussi que c’est la première fois qu’un syndic ne pourra pas se reposer sur une majorité que cela soit à la Municipalité ou au Conseil. Cela sous-entend un autre style de conduite et il me faudra faire en sorte de rallier l’ensemble à nos idées».

Comment envisagez-vous votre façon de travailler?

– Au début, il s’agira de faire connaissance. Je ne connais encore pas très bien certains de mes futurs partenaires et il me faudra les entendre pour établir en leur compagnie un programme de législature dans les 100 jours. Je vais rester fidèle à mes principes: Clarté, Confiance et Reconnaissance. C’est-à-dire qu’il sera nécessaire d’être précis dans notre démarche. Je désire que nos intentions soient bien comprises du Conseil et de la population comme je souhaite que nous soyons sensibles au travail effectué par l’administration communale. La communication me paraît un élément essentiel, à ce sujet les compétences de Xavier Duquaine seront mises à contribution. Nous ne pourrons pas avancer sans faire état de nos intentions. J’espère ainsi que nous aurons l’adhésion de l’essentiel des Urbigènes dont il faudra aussi être à l’écoute. Je veux installer un climat de confiance entre l’Exécutif et les gens de cette ville afin de réduire au maximum la contestation.

Allez-vous revoir les dicastères tels qu’ils sont actuellement?

– J’ai prévu que nous allions nous réunir durant tout un week-end (12 juin), à l’extérieur de la localité. Le samedi, les chefs de service nous rejoindront afin qu’ils portent à la connaissance de mes futurs collègues le courant des affaires et les projets de leur service. Le dimanche, nous débattrons alors de la répartition des dicastères. Au préalable, la nouvelle équipe aura assisté à la séance de l’Exécutif du 17 mai pour entendre ses prédécesseurs pour une première prise de contact. En premier lieu, je souhaite que chaque municipal bénéficie d’un chef de service, ce qui n’est pas le cas actuellement. En ce qui me concerne, je vais prendre en charge la stratégie de la commune et l’administration, ce qui sous-entend en principe les finances. Au chapitre de la refonte des dicastères, je pense par exemple que la police, les pompiers et la protection civile doivent être réunis sous un même toit. Pour le reste, notre discussion nous permettra de connaître les sensibilités des uns et des autres pour les différents domaines. Mon vœu est aussi de permettre à chacun d’entre nous d’être au courant de ce qui se passe dans les autres dicastères afin que le travail soit collectif.

Comment envisagez-vous vos rapports avec le Conseil qui ont été parfois difficiles lors de la législature qui se termine?

– J’espère que mon ambition d’être clair va se répercuter sur le Conseil que je souhaite proactif. A mes yeux, l’Hôtel de Ville doit être le lieu où l’on se renseigne, où l’on prend connaissance et où l’on s’informe. Un gros effort devra être fait par tous pour une clarté la plus totale possible. C’est grâce à cette confiance que nous devrions parvenir à aplanir les soucis d’antan. La présence de la plupart des partis à la Municipalité, à l’exception de l’UDC, nous permettra sans doute de mieux coopérer.
En quelques mots, quels seront les premiers sujets à traiter?

– A l’évidence, la planification financière sera un élément-clé de notre travail avec les conséquences de la nouvelle péréquation, le plafond d’endettement et les retombées du RIE III. L’arrivée du RER et le réaménagement de la gare sont d’autres sujets comme la mise en place des travaux pour Gruvatiez (avec normes WWF) avec la construction d’équipements communautaires et d’un CTR, ainsi que le projet «Orbe 1350 Sentiments» entre autres. La refonte de la place du Marché et du plan de circulation figurent également dans les projets immédiats dans un centre-ville qui devra faire place à plus de convivialité, un élément qui me semble important pour la ville tout entière, car Orbe doit rester attractive pour ses citoyens comme pour ses visiteurs.

Pour finir, sachez que Henri Germond quittera son poste de cadre chez Nestlé en tant que responsable de la sécurité et de la santé sur le site de Vers-Chez-Blanc, au début juillet prochain. Agé de 62 ans, le socialiste est marié et père de deux enfants qui ont eux-mêmes trois enfants. De quoi changer les idées de notre futur syndic lors des jours de tempête, s’il y en a!

On bichonne ...

Orbe: la montbéliarde en fête

C’est dans la ferme de Denis Michaud, dans la plaine, que la Fédération des Sélectionneurs de Bétail Bovin fêtait le week-end dernier son cinquantième anniversaire. Une société qui était née de la révolte d’une partie des éleveurs de la région qui avait défié leur Fédération d’alors et la Confédération, en faisant franchir illégalement la frontière à des vaches de race montbéliarde malgré l’interdiction de leur importation. Leur obstination a finalement eu raison des Neinsager suisse-alémaniques.

Depuis 1976, la tension a diminué et les éleveurs ont eu plaisir à présenter leurs animaux, pas toujours dociles lors du défilé, organisé il est vrai dans un environnement inhabituel (musique, bruit, stress, etc.). Sous les ordres d’un speaker français, près de 200 génisses et vaches ont été présentées autant pour leur tenue, leurs pis que pour la grosseur de leur mamelle. Des ruminants tirés à quatre épingles qui n’ont pas manqué d’impressionner le nombreux public présent.

Prix du lait en question

Au cours de ce week-end, un autre sujet préoccupait les éleveurs: le prix du lait. Comme nous le précisait le président de la FSBB, le Neuchâtelois Jérôme Hirschy (La Sagne), ce prix désuet met sa fédération en péril. «Nous avons pour mission première l’importation de semences de montbéliardes, en collaboration avec nos collègues français de Jura Bétail. Si ce prix continue de péricliter, nos paysans n’auront plus intérêt à se profiler dans la filière du lait et nous pourrions disparaître. Nous sommes encore 400 membres à la FSBB, mais le nombre n’a fait que diminuer au cours des années puisque nous avons compté jusqu’à 700 sociétaires».

Cette race offre tout de même l’intérêt d’être à deux fins (lait et viande) contrairement à la Holstein qui n’est quasi exclusivement qu’une laitière. Malgré l’ambiance festive qui régnait dans les différentes halles, l’inquiétude est énorme dans le milieu et l’on compte beaucoup sur le peuple suisse qui devra se prononcer prochainement sur l’avenir de l’agriculture, indispensable à notre pays.

Immense succès

On relèvera enfin l’immense succès de cette manifestation qui a réuni près d’un millier de spectateurs le samedi, au point qu’il a fallu solliciter les parkings de Nestlé pour caser les voitures des visiteurs. Le dimanche, 450 personnes ont participé au brunch au cours duquel les enfants ont été nombreux à venir voir les animaux, comme nous le dit Denis Michaud, qui recevait dans sa ferme cette manifestation qui a dépassé toutes les espérances en matière de visibilité.