De gauche à droite: Jean-Marc Blanc, Christel Truan, Isabelle Otz et François Leresche juste avant l’exposé.

Ballaigues: l’éolien pas rentable?

Le Centre villageois de Ballaigues a fait le plein mardi soir passé à l’occasion de la soirée d’information du mouvement anti-éolien SOS Jura Vaud-Sud. Saisissant l’occasion de la prochaine mise à l’enquête publique de différents parcs éoliens proches et singulièrement de celui du Bel-Coster, qui touchera Ballaigues, Lignerolle et L’Abergement avec neuf hélices géantes de 150 mètres de hauteur mesurée au moyeu des machines, les membres de l’association ont présenté leur vision de l’énergie éolienne en général et les raisons qui motivent leur opposition de principe.

Après une entrée en matière plus axée sur les contours paysagers du projet du Bel-Coster à laquelle s’est attaché Pierre Sauvain de Vallorbe, c’est François Leresche, de Ballaigues, qui s’est exprimé. Sortir du nucléaire nécessite de trouver une énergie de remplacement pour ce qui constitue actuellement environ 40% du courant consommé, soit le courant appelé «en ruban» parfaitement régulier, ce qui n’est pas le cas du courant éolien qui est le champion de l’intermittence aux yeux de l’orateur du soir.

La part du gâteau

Selon François Leresche, les promoteurs des éoliennes ne semblent attirés que par des considérations financières: pouvoir investir une partie des 9 milliards de francs qui seront nécessaires à la construction des 900 éoliennes prévues en Suisse (en moyenne 10 millions de francs par machine). Et surtout pouvoir investir en étant certain d’obtenir, avec la rétribution fédérale à prix coûtant RPC une rentabilité financière garantie par la Confédération – mais payée par les consommateurs – aux alentours de 21 centimes le kWh. Ce système a été battu en brèche durant toute la soirée, au motif que rien ne garantissait sa durée dans le temps.

Le courant électrique sur le marché européen se négocierait actuellement aux environs de 4 centimes le KWH. La promotion coûteuse de l’éolien serait à la source de la mise en sommeil des barrages qui ne sont plus rentables. Par ailleurs, pour contrer les hausses de tensions subites provoquées sur le réseau par les éoliennes, Swissgrid devrait investir environ 15 milliards de francs supplémentaires pour de nouvelles lignes à très haute tension. En forme de conclusion, les organisateurs proposent simplement d’avoir la sagesse de renoncer à l’éolien.

Divers avis se sont ensuite élevés dans la salle, certains partisans de l’éolien n’hésitant pas à comparer l’exposé de François Leresche à un «gigantesque galimatias de mauvaise foi». Des opposants à l’éolien ont aussi apporté leur pierre à la discussion, notamment quant à l’aspect fragile de la garantie dans le temps de la RPC.

Orbe: se rencontrer pour échanger

Etait-ce la proximité des élections communales ou le froid, on ne le sait pas, mais la fréquentation était en diminution lors de cette réception de la commune adressée à ses nouveaux citoyens. Qu’ils soient dans leur 18e année ou qu’ils viennent d’acquérir la citoyenneté helvétique, les participants se sont retrouvés à l’Hôtel de ville pour la partie officielle et ensuite au casino pour un repas du soir. L’occasion pour les municipaux ou les membres du bureau de discuter avec ces gens que l’on ne rencontre qu’occasionnellement.

Apprentissage et les garçons

A la table des jeunes, le souci de trouver un travail hantait quelque peu mes voisins. Un jeune Portugais effectue un apprentissage d’électricien où les échecs sont nombreux en première année ce qui l’oblige à être vigilant, car au terme de ses trois années, il aimerait entrer dans les forces de l’ordre. Un jeune homme de la région de Valence en Espagne, arrivé il y a trois ans, effectue une année scolaire supplémentaire pour parfaire ses connaissances. Il espère devenir ingénieur en mécanique sans se douter que le chemin sera sûrement long. A ses côtés, un Capverdien passe par un stage professionnel, mais il avoue avoir de la peine à se lever lorsqu’il voit la neige par la fenêtre!

Il est cependant conscient que l’on doit se soumettre aux horaires même s’il souffre du froid, car chez lui, il fait plus souvent 40 degrés que zéro. Chez les filles, les préoccupations sont d’un tout autre ordre: l’attitude des garçons. De véritables machos qui les font souffrir. Toutefois, une constatation s’impose, les unes comme les autres ne sortent pas forcément le vendredi ou le samedi soir. Sans voiture, ni permis, difficile d’aller à Lausanne ou ailleurs pour se distraire, sans parler de moyens financiers relatifs.

Le confort de la maison

Une famille lusitanienne bien intégrée relève qu’elle n’a pas encore reçu son permis d’habiter alors qu’elle possède depuis plusieurs années une maison au Chemin des Fleur-de-Lys. L’occasion de s’en ouvrir à la Municipalité pour Madame qui est arrivée dans notre pays à l’âge de 11 ans puisque ses parents, à la tête d’une famille nombreuse aux ressources limitées, lui avaient trouvé un travail pour garder les enfants de connaissances en Suisse. Longtemps au noir et privée d’école, elle a fait de gros efforts pour se retrouver aujourd’hui laborantine dans un institut de recherche à Aubonne. Enfin et en dépit des problèmes administratifs, elle adore le confort que sa maison lui procure et qu’elle partage avec son mari et ses deux filles.