Valeyres-sous-Rances: 5 jours étincelants sous le soleil exactement

Ce giron serait-il celui des superlatifs? Si chaud, si beau, si dépaysant, si attractif, si réussi… Très probablement, oui! «Incomparable! particulièrement la décoration!» commentaient dimanche quelques jeunes de Cronay, habitués des girons. Oui, les dimensions, la disposition de la place de fête ainsi que sa végétation offraient une impression de village de vacances. Nous étions loin, ailleurs, peut-être bien dans la jungle. De nuit, la lune ronde et l’illumination avivaient cette ambiance magique.

Affluence

Dès mercredi, le ton était donné. Au repas de soutien, le nombre de participants a explosé (plus de 400 couverts) tant et si bien que certains retardataires ne pouvaient plus s’inscrire! Un quatrième parking a dû être créé le samedi matin. Les ravitaillements de toutes sortes se sont multipliés. On articulerait le chiffre de plus de 30 000 visiteurs. Néanmoins, tout a suivi grâce à la bonne adaptation des organisateurs. En 5 jours ils ont vendu, des chiffres qui parlent: 6 400 burgers, 620 kg de frites, 490 kg de chickens, 380 kg de pâtes.

Torride il devait être, torride il a été

Reparler de la canicule qui a marqué tout le giron tient presque de l’euphémisme. L’ajustement à ces conditions exceptionnelles s’est bien fait tant de la part des jeunes que des organisateurs. Accent sur les boissons non alcoolisées, crème solaire, parasols et brumisateurs avaient la cote. Des jets d’arrosage ont été installés dès samedi pour rafraîchir les abords des terrains de sport. Les samaritains, usuellement sur un poste, se sont déployés en trois postes lors du cross du dimanche matin, disposition imposée par la FVJC. Une première pour Amanda Leigundgut, chef de la section d’Orbe. Celle-ci ne relève que peu de grosses urgences, la majorité des interventions relevant de la «bobologie» en relation avec la météo et la nature des terrains de sports. A relever qu’entre transpiration et crème solaire, les sparadraps ne collaient pas. Les samaritains ont donc employé des bandes adhésives et étaient présents pour refaire les pansements.

Sport et canicule

Certes, la chaleur a quelque peu freiné les inscriptions sur place pour des disciplines comme l’athlétisme, le cross, la lutte, le tir à la corde. Mais ce sont quand même plus de 1 100 sportifs qui se sont mesurés le samedi sous le soleil ardent. Mis à part quelques malaises, rien de significatif à signaler ceci prouvant bien l’adaptation de part et d’autre à la météo.

Que vive la Fédé!

Le dimanche soir, la partie officielle et le cortège ont marqué la fin de l’aventure. Dans la foule sous la cantine, les jeunesses portaient fièrement leur drapeau, l’émotion était intense, les allocutions des officiels admiratives. Lors de la chanson fédérée, les tables et bancs n’ont pas survécu aux piétinements enthousiastes… Puis, une quarantaine de chars a défilé dans le village qui s’était paré de ses plus beaux atours! Le slogan «Allez viens, on est bien» a donc parfaitement été entendu!

Orbe: Michel Trentini, ma vie en chaise roulante

Paraplégique depuis sa naissance, Michel n’est pas pour autant malheureux. Même s’il n’a pas aimé le temps où il a dû vivre en institution ou en atelier protégé. «Ces temps n’étaient pas très valorisants. On vivait en vase clos et cela ne me plaisait pas. Il faut savoir qu’il n’y a pas vraiment de solidarité entre handicapés. Donc, devant le manque de satisfactions personnelles, je n’ai pas aimé cette période de ma vie». Au point que le jeune homme concède que c’est ce qui lui a le plus manqué jusque-là, cette absence d’amitié et d’échanges avec des potes de son âge.

Accepter de l’aide

Vivre en chaise oblige d’anticiper tous ses mouvements. Avant de sortir, il faut réfléchir à tout au point que l’on opère stratégiquement. «Je dois reconnaître que les gens m’aident beaucoup désormais. Ils me poussent volontiers ou m’aident à porter mes courses ou à glisser ma chaise dans ma voiture. J’avoue que j’ai eu de la peine à admettre que l’on me soutienne. Jeune, j’en faisais une affaire de fierté de me débrouiller tout seul. Puis devant la gentillesse des gens, je me suis dit que je devais accepter leur empathie. A part cela, je dois maintenir la musculature des membres supérieurs pour faire aller mes roues. En dehors de cette physio, je vais nager à la piscine couverte d’Yverdon dans laquelle je peux me glisser avec mes grands bras, mais j’ai besoin d’un élévateur pour sortir de l’eau. Cela dit, je suis fatigué au terme de mes journées».

Bon cuisinier

Dans son appartement, Michel fait à manger ainsi que sa lessive. Il a cependant besoin d’une femme de ménage pour le repassage et certains nettoyages. Car il est maniaque au point de dire que l’on pourrait manger sur le sol chez lui. En matière de cuisine, il se prépare des légumes sous toutes les formes comme il confectionne ses propres spätzlis. Sur plan professionnel, il s’est spécialisé dans la saisie informatique et travaille à domicile pour quelques petites entreprises. Avec l’aide de l’AI (Assurance invalidité), il espère bien décrocher prochainement un job à l’extérieur.

Pas de mariage

Au niveau des loisirs, il aime sortir et faire quelques balades dans la nature, le dimanche. Le samedi, il assiste à des concerts, car la musique l’accompagne souvent (le pop-rock en particulier). Il assiste aussi à des conférences, mais il va moins souvent au cinéma, car il n’aime pas y aller seul. Par contre, il regardera volontiers la télévision en semaine, notamment les «scènes de ménage» puisqu’il aime rire. Etablir une relation amoureuse est plus difficile. Certes il lui arrive d’avoir un flirt d’un soir, qui le rend très heureux, mais il n’a pas encore trouvé une vraie copine qu’il est aussi délicat de trouver dans son milieu. Pas question de se marier néanmoins lorsqu’il voit les difficultés qu’éprouvent les couples.

Nouer des contacts

Il possède un permis de conduire depuis douze ans et il vient d’acquérir une nouvelle voiture qui lui permet de visiter certains lieux qu’il ne connaît pas ou faire ses courses. Il est allé plusieurs fois à l’étranger et aime la Grande-Bretagne (Londres, Dublin et l’Ecosse) comme Paris où il a été invité par Norbert de «Top Chef». Enfin, son plus grand plaisir est de partager son temps avec des gens pour discuter de choses et d’autres. Alors ne manquez pas l’occasion d’engager la conversation avec Michel: cet être magnifique appréciera votre compagnie!