© Didier Deriaz Niger 1985

Le photographe Didier Deriaz expose à Champittet

En évoquant avec un paysan vaudois la disparité qui existe entre le paysan de chez nous et le cultivateur d’Afrique ou d’Amérique latine, Didier Deriaz, photographe à Baulmes, a entendu cette réplique fulgurante : «Tu confonds tout, ce n’est pas le même contexte, on ne peut pas comparer agriculture suisse et agriculture du Tiers Monde».

Cette remarque a perturbé Didier quelque temps, il y a réfléchi longtemps et est arrivé à une conclusion toute simple : même avec ces disparités scandaleuses, le cultivateur qui laboure sa terre en Suisse ou au Mali a de la peine à joindre les deux bouts.

L’idée a alors germé de collecter les photos prises dès les années 70 en Afrique ou en Amérique latine et de les comparer avec des clichés pris récemment dans le Nord Vaudois. Ces magnifiques photographies sont exposées sur les murs du Centre Pro Natura de Champ-Pittet jusqu’au 3 mai prochain (du mardi au dimanche de 10 h. à 17 h. 30).

Et le contraste est saisissant entre les semailles sur le terroir baulméran en 2013 et la mise en terre des graines de sorgho au Niger il y a 30 ans. Le travail n’est pas le même lorsqu’on voit la riche prairie suisse et le sol sec et craquelé du paysan tchadien. On en a une preuve supplémentaire en prenant conscience du labour communautaire (un pour tous, tous pour un !) au Niger et celui du paysan suisse qui tourne seul des hectares de terre avec sa charrue à quatre socs.
Ces superbes photos tirées sur papier granuleux nous font prendre conscience qu’une paysanne africaine utilise des outils qu’on ne rencontre plus chez nous que dans les musées et que cette paysanne suisse de moyenne montagne utilise un souffleur à moteur (le même que celui des cantonniers pour chasser les feuilles en automne) pour mettre son foin en andains.

Nous retiendrons également ces très beaux visages de personnes prises en plein travail ou en posant qui démontrent qu’ici comme ailleurs elles exercent un métier vraiment valorisant.

Emilie Bovet entourée de ses enfants: Madeleine, Roger et Marie-Rose.

Orbe: Emilie Bovet, centenaire

C’était la joie et le bonheur dans la villa de la famille Bouverat où l’on fêtait le centième anniversaire de la maman de Madame, Emilie Bovet. Il y avait de quoi se réjouir puisqu’Emilie est en parfaite santé à l’heure de souffler cent bougies, en dehors d’une vue un peu défaillante. Elle possède du reste une mémoire remarquable puisqu’elle se souvient précisément des événements de sa vie, comme des numéros de téléphone de ses proches. Née à Arnex, elle est venue s’installer à Orbe en 1954 avec ses enfants Marie-Rose, Madeleine et Roger. Elle a travaillé pendant une vingtaine d’années dans l’usine Paillard, devenue au fil du temps Hasler puis Ascom, avant de prendre sa retraite à 60 ans.

Vivre chez elle

Elle attribue sa bonne santé au fait de sa conduite même si elle ingurgite son verre de rouge, car « boire de l’eau en mangeant n’est pas une vie », dit-elle. Son privilège est de vivre chez elle, depuis 66 ans dans le même appartement de deux pièces. Elle peut encore se promener et se rendre presque tous les jours chez sa fille, comme elle fait de petites courses à la Coop. Elle mange de tout sauf les crustacés, et Madeleine précise que sa maman a encore bon appétit, même si elle n’a jamais dépassé les 53 kilos sur la balance. Notre centenaire a beaucoup joué avec son petit-fils handicapé, Guy. Elle a longtemps suivi les courses de formule 1 automobile, car elle appréciait Michael Schumacher dont elle regrette le destin. Elle est encore très attentive au jardin de son beau-fils et surtout aux quelques ceps de vigne, pour s’en être occupés dans sa jeunesse à Arnex.

Un plaisir de voyager

Bien entourée par sa famille, elle a reçu plusieurs cadeaux des autorités cantonales, représentées par la préfète Evelyne Voutaz, et communales par le truchement du syndic Claude Recordon. Elle disait son plaisir d’avoir reçu de nombreux téléphones de ses connaissances, dont le premier d’Italie avec une amie qui lui a chanté bon anniversaire en allemand. Grâce à son fils qui travaillait chez Swissair, elle a visité l’Angleterre, l’Allemagne, la Belgique, l’Italie et le Canada. Elle aime encore faire quelques balades par chez nous et elle ira prochainement passer quelques jours de vacances chez son aînée Marie-Rose à La Fouly.
Enfin, elle espère pouvoir terminer sa vie dans l’EMS projeté dans les hauts de la ville pour ne pas être dépaysée de son quartier de Montchoisi. Son petit-fils Guy lui a souhaité de vivre encore cinq ans. Alors longue vie encore à vous, Mme Emilie Bovet, votre rencontre a été un vrai plaisir.