Vallorbe: superbe 10e édition du Festival des Couteliers

Le 10e Festival des couteliers, qui se déroule traditionnellement le week-end de Pâques et ouvre la saison touristique de Vallorbe a attiré de nombreux visiteurs, malgré le temps froid. C’est l’événement annuel du Musée du Fer et du Chemin de Fer. Plus du 20% de la fréquentation annuelle se concentre sur les trois jours du festival. Rémy Santschy, le président d’organisation a voulu faire connaître toutes les étapes de la métallurgie, en partant du minerai brut, de la séparation du fer et des scories dans le bas-fourneau médiéval installé pour l’occasion, en passant par la forge et se terminant par la finition.

Tous les aciers les plus travaillés furent présentés et les bois précieux ou les cornes les plus improbables garnissaient les manches des couteaux ou autres outils tranchants.

On a pu admirer des poignées en merisier, en loupe de chêne, en bois exotiques divers, en corne de cerf, de bouquetin, d’antilope, en défense de sanglier ou en molaire de mammouth entre autres. Les aciers les plus fins et les plus divers étaient présentés. En particulier le Damas, un acier deux fois millénaire à l’origine syrienne comme son nom l’indique, dont une exposition spéciale aura lieu en fin de saison. Cet acier est le nec plus ultra de la coutellerie: nos ancêtres constatant que l’acier doux étant souple, mais peu tranchant et l’acier trempable très cassant les ont forgés par couches alternées, un peu comme un mille-feuille, afin de mélanger les diverses propriétés du métal. Ainsi naquit l’acier souple et résistant.

Divers produits régionaux étaient proposés aux gourmands à la Charbonnette, attenant au musée et gérée en partie par l’Office du Tourisme. La Concorde, fabrique de bière artisanale voisine proposait une dégustation de ses diverses spécialités.

Petite frayeur vite canalisée

Durant la semaine précédant l’événement, les fortes pluies combinées à la fonte des neiges a fait déborder l’Orbe et inondé la forge Estoppey et la magnifique place de pique-nique de l’île. Plus de peur que de mal, le problème a rapidement été résolu et la manifestation a pu se dérouler normalement sans se mouiller les pieds. Seule la cantine a été déplacée par prudence.

Orbe: crise de décroissance au collège de Montchoisi

Les dossiers d’organisation scolaire sont complexes, imbriqués et impliquent des acteurs aux attentes différentes, du canton aux communes, des enseignants aux élèves, sans oublier les parents. Notre région n’est pas épargnée par les soubresauts consécutifs à de très nombreux changements dans l’organisation scolaire romande, cantonale et locale.

Pour faire simple, et se limiter aux derniers éléments nécessaires à la bonne compréhension des problèmes, il faut savoir que le collège de Montchoisi (siège de l’ESOE, Etablissement secondaire d’Orbe et environs) vit une perte d’effectifs sévère. L’ancien Etablissement ESBCO (Baulmes – Chavornay – Orbe) comptait plus de 1 000 élèves, contre moins de 400 pour la prochaine rentrée de l’ESOE. Les causes principales et combinées étant le rattachement des deux années 7e et 8e au secteur primaire, le redécoupage régional avec la création d’un établissement secondaire à Chavornay et la perte des élèves de Baulmes et environs, la présence de classes démographiques ponctuellement moins fournies…

Diminution de l’offre scolaire

Vous l’aurez deviné, qui dit baisse drastique du nombre d’élèves, signifie inéluctablement non-réengagement d’enseignants. Nous y sommes et ces dernières semaines plusieurs enseignants (environ sept d’après nos informations) ont été informés qu’il n’y avait plus de travail pour eux à Montchoisi. On relèvera avec pertinence que d’autres corps de métiers vivent et vivront des tensions probablement encore plus fortes et dramatiques, que des propositions d’emploi ailleurs dans le canton sont faites. Certes, mais cette situation doit néanmoins interpeller les habitants de la région, qui doivent savoir que de tels réajustements, au-delà du choc qu’ils provoquent chez les intéressés, auront des conséquences sur le climat de travail de l’Etablissement, sur la qualité de l’enseignement dont la continuité est partiellement rompue et potentiellement sur l’offre d’options et d’activités parascolaires. L’équipe fortement réduite comptera-t-elle encore en son sein l’ensemble des compétences pour l’ensemble des matières?

Bonnes décisions ?

Votre journal donnera la parole à tous les acteurs désireux de s’exprimer sur ce dossier politiquement et humainement sensible. Pour l’instant le soussigné, à trois mois du terme de ses activités enseignantes, se pose quelques questions: La première consiste à se demander si les autorités cantonales et communales ont pris les bonnes décisions en matière d’organisation scolaire dans notre région. Deux établissements offrant le degré secondaire à trois kilomètres de distance, était-ce bien raisonnable, étant admis que les baisses d’effectifs étaient parfaitement prévisibles? La possibilité d’échapper à une construction scolaire très lourde n’a-t-elle pas favorisé cette stratégie de la division et de la taille sous-critique?

La deuxième pose le problème de l’efficience dans la gestion des constructions scolaires? Pourquoi avoir doté le bâtiment de Montchoisi d’annexes probablement coûteuses et inutiles pour un certain nombre d’années, au vu de la baisse des effectifs?

Le troisième questionnement, le plus sensible actuellement, relève de la politique suivie pour se séparer des collaborateurs en surnombre: on trouve parmi eux deux sexagénaires, une femme enceinte de huit mois, une enseignante relevant de maladie grave… A notre connaissance tous ces collègues ont des formations académiques et pédagogiques complètes, font (faisaient) partie de longue date de l’équipe pédagogique de Montchoisi et se sont tous signalés par un engagement irréprochable: quels ont été les critères de «sélection»?