Orbe: engager sa responsabilité personnelle

Les nouveaux citoyens urbigènes ont été accueillis par la Municipalité au grand complet à l’Hôtel de Ville. Les messages des différentes autorités : Claude Recordon, syndic, Jean-Marc Bezençon, président du Conseil communal et Evelyne Voutaz, préfète, invitaient l’assemblée à trouver sa propre manière de s’investir. L’engagement de chacun favorise non seulement l’appartenance à une collectivité, mais aussi la création des liens entre les pairs.

Frivoles, mais avec un certain sérieux

Malgré les fous rires et l’insouciance ambiants, les jeunes sont impatients d’user de leur nouveau droit, de donner leur avis par le biais des votations. La majorité d’entre eux s’informe déjà quotidiennement sur les événements en lisant la presse, sur le net ou en discutant en famille. Les attentats de janvier en France ne les ont pas laissés indifférents. Ils ont tous été choqués selon leur propre sensibilité. Une gymnasienne s’inquiétait des répercussions ou les agressions qu’auraient pu subir ses amies musulmanes, ainsi que leur communauté. Les discussions menées dans sa classe l’ont rassurée, car ses congénères avaient l’intelligence de ne pas mettre tout le monde dans le même panier.

Une autre s’offusquait que cette actualité fasse oublier des conflits mondiaux qui impliquent des milliers de personnes, comme en Palestine ou au Nigéria entre autres. «Si on a peur d’une menace, on ne peut pas avancer», rétorque une étudiante, qui estime que c’est un coup bas à la liberté d’expression. Un jeune homme, catholique et pratiquant, affirme que l’on ne peut pas rire de tout en citant le pape François «On peut avoir la liberté d’expression sans attaquer la religion des autres.». Les avis divergent certes, mais cela démontre bien qu’à l’avenir il faudra compter sur leurs opinions pour ne pas se laisser mener par le bout du nez.

De gauche à droite, la conseillère d'Etat Béatrice Métraux, le syndic d'Essert-Pittet Dominique Vidmer, président du Copil et Christian Kunze, syndic de Chavornay

Chavornay: le projet de fusion capote

Dimanche vers 14 h., les résultats officiels de la votation sur la fusion autour de Chavornay sont tombés. Deux des cinq communes impliquées dans le processus ont refusé la convention qui leur était proposée: Ependes, à une courte majorité de 88 voix contre et 83 voix favorables plus 1 vote blanc et Belmont-sur-Yverdon, à une majorité nettement plus claire de 106 voix contre et 71 voix pour, avec 2 votes blancs. Les trois autres communes ont en revanche nettement accepté la convention de fusion. Elle a recueilli 741 oui contre 488 non à Chavornay, ainsi que 26 votes blancs, 131 oui contre 42 non et un vote blanc à Corcelles-sur Chavornay et 59 oui contre 7 non et un vote blanc à Essert-Pittet. En pareil cas, la convention de fusion est rejetée, puisque c’est un vote favorable dans chacune des communes intéressées qui seul permet une acceptation et l’aboutissement du processus. Les réactions étaient à l’image des scores réalisés dans les différentes communes à la salle polyvalente de Chavornay où s’étaient rassemblés dès 12 h nombre de citoyennes et citoyens des communes concernées, en compagnie de l’intégralité des membres du comité de pilotage. Peu avant la proclamation des résultats, la conseillère d’État Béatrice Métraux, Laurent Curchod, Monsieur Fusion du canton et la préfète Évelyne Voutaz ont rejoint les élus.

Analyse nécessaire

Le comité de pilotage a pris acte des résultats en se réjouissant des bons scores réalisés dans trois communes. Il a estimé, par la voix de son président Dominique Vidmer, syndic d’Essert-Pittet, que certains citoyens avaient pu avoir l’impression qu’ils allaient «se faire snober» par la grande commune de Chavornay. Les mots et slogans utilisés durant la campagne ont aussi été critiqués. Une campagne qui s’est un peu envenimée et durant laquelle quelques arguments des opposants auraient dépassé le cadre du sujet traité. Pour la suite, le comité de pilotage se réunira durant les prochaines semaines pour étudier en profondeur les raisons qui ont conduit à cet échec. Rien ne filtrait dimanche sur les suites qui seront officiellement données à ce processus arrêté net par la sanction du vote populaire.

Groupe de travail au niveau cantonal

La conseillère d’État Béatrice Métraux a regretté l’issue du vote. Elle a annoncé la création d’un groupe de travail visant à revenir sur la mise en oeuvre des fusions et la façon de les conduire. Elle a également laissé entendre que dans le futur, il conviendrait sans doute de se pencher avant le vote, sur les tendances notées dans les différentes communes concernées. Une manière de procéder qui permettrait peut-être de redonner un élan à ce processus de fusion de communes que le gouvernement entend poursuivre ou du moins continuer à encourager. Elle a également rappelé que malgré les votes négatifs enregistrés dans les processus de fusion ces derniers temps, ce type de rapprochements restait à ses yeux la seule voie permettant aux communes de remplir leurs tâches de plus en plus complexes et nombreuses, tant actuellement que dans le futur.

De son côté, Laurent Curchod, Monsieur Fusion du canton, a estimé que l’échec du processus pouvait provenir d’une défiance générale vis-à-vis des autorités que l’on rencontre de plus en plus fréquemment dans la population et pas seulement de motivations locales ou régionales.