Famille Licini: l’heure de la retraite

C’est lors de la coupe Haldi de twirling-bâton, fin mars dernier, que Rina et Antonio Licini ont tenu leur dernier stand de saucisses. Connus dans toute la région voire au-delà, ils ont nourri des milliers de noctambules lors des bals, fêtes de jeunesse ou manifestations diverses. Cinquante ans à vendre des saucisses ou autres mets au grill. Il n’était pas une fête sans qu’ils ne soient présents quel que soit le temps ou la température. Ils y ont même passé des Nouvel-An à calmer l’appétit de fêtards.

La période Schwarzenbach

« Cela n’a pas toujours été facile. Pendant la période de l’initiative Schwarzenbach (fin des années 60), on nous insultait et nous traitait de «voleurs d’Italiens, de sales magutes». On nous invitait à retourner dans notre pays car «nous mangions le pain des Suisses». Mon mari s’est parfois énervé mais je lui demandais de rester calme. Nous avons assisté à moult bagarres sans jamais être pris à partie comme nous avons vu des scènes rocambolesques.

Je me souviens du dernier carnaval d’Orbe où un jeune a ingurgité sept saucisses de suite. Je lui ai refusé la huitième de crainte qu’il ne soit malade. Plus d’une fois, nous avons manqué de marchandise. En particulier lors des portes ouvertes des Moulins de Cossonay ou lors d’une exposition de vieilles voitures à Etoy. Nous avons été présents pendant vingt ans à la fête des vendanges de Morges et nous avons participé à des mises de matériel d’agriculteurs qui avaient décidé de s’expatrier au Canada», nous dit Mme Licini.

Autant de saucisses de veau que de schüblings

C’est en 1957 qu’Antonio fait connaissance avec ce job. Il donne un coup de main à son frère qui est ouvrier à la boucherie Ogiz à Yverdon. Six ans plus tard, alors qu’il est jeune marié, il décide de tenter l’aventure avec son épouse. Pendant toutes ces années, il offrira non seulement des saucisses mais aussi des côtelettes, des sandwiches, des petites pizzas, des merguez dont les Espagnols étaient friands, ou des hot-dogs, un en-cas qui est toujours très apprécié des jeunes.

Il s’est servi à la boucherie Maire à Chavornay puis chez Bühlmann à Orbe pour la viande. Pour le pain, il a tenté de se fournir à plusieurs endroits pour ne léser personne. Il a vendu autant de saucisses de veau que de schüblings qu’il fallait servir généralement bien grillés mais pas trop chauds. Il n’a jamais été question de cuire autrement qu’avec du charbon de bois car le gaz ne rend pas la saucisse aussi goûteuse.

Avec l’aide de la police

Il a toujours été bien accueilli par les organisateurs de manifestations, en particulier par les sociétés de jeunesse. Il n’a pas rencontré beaucoup de gens malhonnêtes. Il se souvient toutefois d’un client urbigène qui n’avait plus de sous et qui lui avait commandé et pris 10 saucisses qu’il devait payer par le biais d’une enveloppe qu’il glisserait dans sa boîte aux lettres; il attend encore l’argent. Durant les premières années, Madame couchait les gosses à neuf heures et ne revenait que le lendemain matin. Il arrivait qu’Antonio revienne de temps en temps pour contrôler si tout se passait bien. Il n’était toutefois pas seul puisque les policiers urbigènes de l’époque, MM. Mottaz et Steiner, avaient la clef de leur appartement lorsque les parents sévissaient loin de leur base.

Grazie a tutti

«Ce fut une belle aventure même si nous n’avons pas pris de vacances pendant vingt ans car il fallait nourrir nos trois enfants ainsi qu’un fils de ma sœur qui est décédée trop tôt. En ces temps-là, il y avait jusqu’à 30 bals par année à Mathod, presque autant à Bavois». Alors, à l’heure de dire au revoir, les Licini aimeraient remercier tous ceux qui furent leurs clients. Comme nous pouvons leur dire le plaisir que nous avons eu à manger une saucisse sur le coin de leur stand: «Ciao Antonio et Rina, et grazie pour vos 50 ans de service!

Photo Pierre Mercier

La cérémonie de remise du dan. Photo Arnaud Vernay

Sixième dan de judo pour une Urbigène

La cérémonie de remise du dan.     Photo Arnaud Vernay

La cérémonie de remise du dan. Photo Arnaud Vernay

En début d’année, Astrid Schreiber a reçu un 6e dan de judo (qui vont jusqu’à 10). Jusqu’à 5, ils sont attribués, comme les ceintures, après un examen; ensuite c’est plus honorifique et dépendant du parcours sportif.

Non, pourtant Astrid Schreiber n’est pas tombée dedans toute petite, ce n’est qu’à 14 ans qu’elle a découvert ce sport aux «sportsfacs» au collège à Morges où elle était scolarisée. Elle l’a tout de suite adopté, le mélange équipe et individuel lui plaisent beaucoup.

Championne internationale

Elle est assez modeste et ne se vante guère de ses exploits. Pourtant son parcours est assez exemplaire. Elle a gagné de nombreux championnats suisses, mais dit-elle, cela ne compte pas car il n’y a pas une grande concurrence. Elle a aussi gagné les Open de Grande-Bretagne en 1981 et ceux d’Espagne en 1982. Elle était alors étudiante en sciences naturelles à Lausanne, branche qu’elle enseigne actuellement au collège à Orbe.

Sa «carrière» s’est arrêté en 1986; elle ne savait pas très bien si elle allait continuer, lorsqu’un accident du ligament croisé du genou a un peu forcé sa décision. Mais elle continue sa collaboration en qualité d’intervenante auprès de l’association suisse. D’autre part, elle continue les entraînements au Judo-Club de Morges qu’elle apprécie particulièrement pour sa bonne organisation et y donne des cours pour adultes. Elle pratique également du Jiu-jitsu à Epalinges.

En judo, tout est très rituel et codifié. Sur la photo, on la voit à la cérémonie de la remise de la ceinture, lors de laquelle elle a eu d’abord beaucoup de peine à sortir la ceinture du carton, puis également de la difficulté à la nouer correctement car les ceintures neuves sont horriblement rigides. Maintenant, lorsqu’elle donne des cours elle doit porter sa nouvelle ceinture rouge et blanche, mais si elle suit un cours elle met la noire...

Photo Arnaud Vernay

«Une des miraculées turbines de ce lieu chargé d’histoire»

Patrimoine au fil de l’eau: l’aventure peut continuer

«Une des miraculées turbines de ce lieu chargé d’histoire»

«Une des miraculées turbines de ce lieu chargé d’histoire»

C’est manifestement soulagé que Pierre-André Vuitel a eu le privilège d’annoncer qu’un avenant au bail lui permettant de réhabiliter les locaux des anciens Moulins Rod, site auquel il s’est intensément identifié, stipulait une possibilité d’usage jusqu’à fin 2015.

De plus, les turbines, aujourd’hui arrêtées, ainsi que les locaux les abritant font désormais partie de cette nouvelle convention qui, cela va sans dire, comporte tout de même une adaptation du montant du loyer.

Autre bonne nouvelle

Il n’a également pas été impératif de passer au feu du chalumeau destructeur les aménagements découverts dans l’ancien canal d’amenée des eaux de l’Orbe. C’est donc tout un pan didactique du fonctionnement de cette ancienne industrie qui est, pour l’instant tout au moins, sauvé.

Expositions 2013

De nombreux thèmes sont à nouveau abordés cette année qui seront visibles et visitables jusqu’au tout début de novembre et qui touchent aux richesses de la plaine de l’Orbe (on y a même découvert du pétrole…), à l’application du plan Wahlen à la fin de la seconde guerre mondiale, aux cultures maraîchères (SGG), aux castors qui y trouvent une hospitalité à leur convenance, aux canaux d’Entreroche et du Rhône au Rhin, à une ancienne cartographie très détaillée de l’endroit retrouvée aux archives fédérales.

Energies renouvelables

Ce chapitre, dont l’actualité n’est pas à démontrer, fait également partie des thématiques abordées cette année.
Une vivante expression d’énergie renouvelable se retrouve tout bonnement dans l’état d’esprit du maître des lieux mentionné en début d’article, tant il ne cesse d’imaginer de nouveaux usages, de nouvelles animations, de futuristes applications à mettre en œuvre dans cette friche industrielle qu’il affectionne tant.
La construction d’un théâtre de poche dans un ancien local de stockage de grain sis au niveau du Chemin Venel lui traverse l’esprit et, ni une ni deux, il met son équipe à l’ouvrage. Cette année déjà, cette infrastructure culturelle avec gradins pour le public, scène, loges et confort moderne sera à disposition pour d’audacieuses aventures.

Comme un miracle permanent

Chaque vis, morceau de planche et bout de fil électrique a sa valeur en cet endroit où l’aspect financier des choses pèse d’un poids tout particulier, mais le succès grandissant que connaît ce Musée, surtout extra-muros, et les bonnes nouvelles de ce début d’année contribuent à espérer et à croire en une perennité largement méritée.

Grilles géantes et attention chez les participants.

Ballaigues: loto à l’EMS du Jura

Grilles géantes et attention chez les participants.

Grilles géantes et attention chez les participants.

C’est en passe de devenir une tradition, même si ce n’était, samedi passé, que la deuxième édition du loto de l’EMS du Jura à Ballaigues. Il y a quelques années en effet, la Jeunesse de Ballaigues avait décidé d’offrir son temps et son travail de préparation aux résidents de l’EMS du Jura, en collaboration avec le personnel et la direction de ce dernier, pour y organiser de toutes pièces un loto destiné aux résidents. Le geste avait beaucoup plu et c’est donc une nouvelle édition qui a été mise sur pied samedi après-midi passé.

«Presque tous les membres de la Jeunesse participent», précisait son président Cédric Leresche, qui expliquait en outre que tout était «fait maison», y compris la collecte de véritables lots», par les membres de la Jeunesse qui, en plus, ont passé la durée du loto, soit à crier les numéros, soit à aider les participants à remplir les grilles géantes préparées pour l’occasion. L’après-midi s’est poursuivi par un goûter pris en commun, une façon de prolonger cette participation sympathique de façon conviviale. À voir la concentration de certains joueurs, pas de doute que le plaisir était présent.

Photo Olivier Gfeller

Jacques nostalgique avec l’une de ses dernières vaches taries.

Jacques Ravey a fait le choix douloureux de stopper l’élevage

Jacques nostalgique avec l’une de ses dernières vaches taries.

Jacques nostalgique avec l’une de ses dernières vaches taries.

Les médias en ont déjà beaucoup parlé, le cas de Jacques a touché, lui-même ne s’attendait pas à une telle ampleur médiatique. Certes, si cela peut avoir une quelconque retombée positive sur la politique agricole, il se prête au jeu. Sinon, l’agriculteur de Valeyres-sous-Rances ne désire rien moins que se plaindre.

Les Ravey, des éleveurs de père en fils depuis des générations

Cette famille, originaire de Valeyres-sous-Rances, a toujours eu des bêtes. «Un paysan sans vaches n’est pas un vrai paysan», affirmait la grand-mère de Jacques. Grâce à une génétique sans cesse améliorée, c’est un très beau cheptel de 41 tachetées-rouge, toutes nées à la ferme qui est parti le 15 mars à la vente de Moudon. Comme dans les familles humaines, chaque lignée a son propre caractère. Jacques connaissait chacune de ses bêtes, il les aimait. Acculé à s’en séparer, il a la pénible impression d’interrompre une tradition. Il se sent tiraillé, déchiré, mais quel autre choix avait-il?

Un prix du lait au plancher depuis plusieurs années

Comme l’explique Jacques «Il n’y avait pas de sens à les garder dans ces conditions. Une entreprise qui n’est pas viable n’a pas de raison d’être conservée » et pourtant… des solutions il en avait cherché et expérimenté. Les vaches partaient à la montagne l’été, lui permettant ainsi d’avoir davantage de temps pour s’occuper de ses 35 hectares de cultures et de ses 5 hectares de vignes.

Il avait également placé ses génisses en hivernage à Baulmes jusqu’à ce que le fermier cesse.

A cela s’ajoutait une ancienne installation ne répondant plus aux normes légales, située au coeur du village. Une surcharge de travail. Il aurait fallu ne pas être seul. Une solution aurait été de s’associer et d’ investir dans un projet avec une écurie en dehors du village. Un tel projet avait été imaginé mais la chute du prix du lait et son maintien en dessous de Fr. 0.60 le litre ne permettait ni d’investir ni d’amortir; le projet fut alors abandonné.
«Nous étions 6 mois trop tard, le lait avait dégringolé pour ne plus remonter» regrette Jacques.

Et pourtant, elles semblaient indéboulonnables!

Quand on connaît un tant soit peu Jacques Ravey, on sait qu’il a le sens des valeurs. Authentique et persévérant, il désirait conserver ses vaches pour perpétuer une tradition et aussi afin d’avoir du travail pour deux. Il pensait à son fils cadet encore trop jeune. Le «cataclysme» provoqué par sa décision tient essentiellement au fait de sa personnalité. Ce qui n’aurait été que soulagement chez certains n’est que doute et émotion chez lui. Le 15 mars dernier, il a vendu 41 bêtes. Actuellement, il ne reste transitoirement que 9 vaches taries sur le point de partir. D’ici peu, l’étable sera définitivement vide «alors que les bestiaux semblaient indéboulonnables». Une nouvelle ère s’amorce donc chez les Ravey, comme chez d’autres agriculteurs dans toute l’Europe.

Photo Catherine fiaux

L’enveloppe de l’exposition.

La philatélie à Orbe: tous les 46 ans…

L’enveloppe de l’exposition.

L’enveloppe de l’exposition.

A Orbe, la dernière exposition philatélique s’était tenue en 1967, le Club Philatélique Nestlé & Orbe (CPNO) était alors lié à celui de Vevey. Depuis le club est devenu indépendant. Il a gardé le nom de Nestlé mais est ouvert à tous.

«La philatélie vieillit mal, il y a peu de relève, tous les clubs de jeunes ont disparu en Suisse romande, il reste uniquement celui de Lausanne» remarque le président du club Jean-Thierry Langer. Et ce n’est pas uniquement la faute au courrier électronique, c’est plus général, tout est devenu marchandise, il est difficile de rester un simple collectionneur. L’avantage d’internet est d’avoir pu mettre en relation des passionnés du monde entier, favoriser les échanges et éviter les marchands.

Affaire de famille

La passion de la collection est une affaire de famille chez les Langer. Depuis quatre générations, elle perdure. Elle a été transmise à Jean-Thierry Langer par son grand-père. Il collectionne les timbres suisses neufs et oblitérés et les timbres européens (CEPT dès 1959, Centre Européen des administrations des Postes et Télécommunications), ce qui est intéressant. Avec l’entrée de nouveaux membres, il y a chaque année plus de timbres : 6 en 1959, 63 en 2012.

L’exposition s’est tenue dans la buvette du Casino à Orbe; Michel Jaquier, membre et graphiste a conçu un timbre spécial pour l’occasion. Le Club a sorti une enveloppe spéciale, comme cela se fait en général pour l’occasion (voir photo). La fréquentation a été bonne; des passionnés mais aussi des curieux.

Le club se réunit le deuxième mardi à 20 h. dans un local gracieusement mis à disposition à la Résidence de Thienne (av. de Thienne 4 à Orbe).

Photo Natacha Mahaim

Médias malmenés

journaux

Il aura fallu l’intervention des Conseils d’Etat vaudois et genevois pour que Tamedia revienne sur sa volonté de faire de grosses économies sur ses journaux romands. Dans un premier temps, on a craint la disparition du Matin ce qui aurait été malheureux puisqu’il est l’un des derniers quotidiens, avec le Temps, qui s’adressent à la Romandie tout entière.

Les dirigeants zurichois planifiaient un bénéfice de 15% pour chacun de leurs titres, marge que les banques elles-mêmes n’envisagent plus dans leurs affaires. Les négociations ne sont pas terminées mais il semblerait que le conseil d’administration de ce monstre de la presse se montrera plus conciliant qu’il ne l’a été dans un premier temps.

Vous n’êtes pas sans savoir que le paysage médiatique change progressivement. Les jeunes ne s’intéressent pas aux journaux papier sauf à «20 minutes» qui leur est offert gratuitement durant les jours ouvrables. Ils sont davantage informés par le biais des médias électroniques qu’ils reçoivent sur leur portable ou leur ordinateur. D’autres, plus âgés, consultent le télétexte, la télévision ou la radio. Toutes ces sources d’information souffrent de la diminution de la publicité nationale qui préfère vous faire parvenir leurs offres par des réclames que vous recevez chaque jour dans votre boîte aux lettres. A titre d’exemple, Coop et Migros ont leur propre journal hebdomadaire et n’utilisent plus ou très peu les canaux traditionnels.

Les temps sont durs pour la presse. Plusieurs journaux cantonaux ont été contraints de faire des coupes claires dans leur budget et certains titres ont même disparu. Selon l’observatoire de la presse, seuls les journaux régionaux tirent leur épingle du jeu. Ces derniers ne doivent cependant pas se laisser bercer par cet essor. Il faut envisager demain afin de contenter toutes les générations, y compris le passage à l’électronique. A l’Omnibus comme dans d’autres titres, il est indispensable de demeurer fidèle à la mission, en restant proche de la vie régionale afin de séduire les lecteurs et les commerces de la région de sorte à bénéficier de leur soutien et d’assurer la pérennité du journal. Merci donc de votre fidélité qui nous permet de vous informer au mieux avec nos modestes moyens