Florence Grivel, l’amour du chant.

Théâtre de la Tournelle: suis-je ce que j’écoute ?

Florence Grivel, l’amour du chant.

Florence Grivel, l’amour du chant.

Ce week-end de mi-novembre, la Tournelle présentait une création de et par Florence Grivel. Ce nom ne vous dit peut-être rien. Sachez que cette jeune femme est historienne de l’art, productrice des matinées musicales d’Espace 2, auteure de deux livres, entre autres. Elle aime la musique, chanter et le fait très bien. Ciseler les mots et vous les asséner, l’auto-dérision où chacun se retrouve et rit.

Dimanche, la Tournelle affichait «complet». Oui, la salle était bondée, on rajoutait des sièges, les gens montaient sur le dossier de leur chaise. La majorité était de fervents proches venus applaudir leur amie. On aurait peut-être pu attendre plus d’Urbigènes....

Tour de chambre avec moquette verte

Sur scène, juste une bergère pourpre légèrement surélevée. Florence Grivel, de noir vêtue, occupera l’espace et fascinera le public, sans aucun artifice autre que sa présence, sa voix et son regard vif et clair qui vous attrape. Pendant une heure, Florence nous emmène dans la bibliothèque sonore de son enfance et adolescence. Elle nous propose de la rejoindre dans des scènes, toujours liées à quelques notes de musique. Elle y mêle récit et voix. Par exemple Florence nous fait partager ses souvenirs de berceuse, lorsque, petite, sa mère lui chantait le refrain des parapluies de Cherbourg pour l’endormir. Véritable «capsule de sécurité». Et d’une belle voix juste, Florence d’interpréter magistralement cet air! Il y aura, parmi d’autres «l’amour ulcéré »qu’elle portait à Boris Vian à l’âge de 9 ans! Ceci nous vaudra une adaptation sensuelle, décapante et énergisante de «Fais-moi mal Johnny, Johnny». Toujours avec une impressionnante présence scénique.

Éponge à sons

Florence se présente comme une éponge à sons, et très probablement nous en sommes tous. On en revient au «Suis-je ce que j’écoute?» ou comment en trois petites notes, un air fredonné peut vous faire replonger dans le souvenir et dans la construction de la personnalité. Le public voit alors réellement la moquette verte de la chambre de jeune fille de l’artiste, les cornichons et petits oignons devant la télé, «cette crise mondiale personnelle» qu’a été la crise d’acné lors du premier bal.

Ce monde dans lequel nous entrons est aussi le nôtre. Florence Grivel confirme: «Je ne travaille qu’avec des évidences». Le tour de chambre nous parle et nous fait rire aux larmes tant la dame le dit juste et bien! Une personnalité à découvrir absolument!

Photo Catherine Fiaux

De gauche à droite: des œuvres de Michel Sollberger, Sandrine Soldini et Erika Schneeberger.

Romainmôtier: dialogue artistique avec 11 exposants

De gauche à droite: des œuvres de Michel Sollberger, Sandrine Soldini et Erika Schneeberger.

De gauche à droite: des œuvres de Michel Sollberger,
Sandrine Soldini et Erika Schneeberger.

Une exposition-vente qui lie harmonie et diversité.

Une fusion pluridisciplinaire

L’accrochage, c’est ce qui rend une expo attrayante ou pas. Chris Schatt et Luc Doret ont réussi là une excellente performance en liant 11 exposants et autant de personnalités dans l’espace de la galerie La Grange pour cette 3ème édition.

Peintures et craies grasses

Huiles sur toile, bois, papier, papier marouflé, acryliques, pastels ou aquatinte reflètent la vision du réel (Lucien Riond), de la nature faite de feuilles et de fleurs des champs (Etienne Volery), de l’imaginaire (Michel Sollberger) ou encore l’abstrait (Sylvie Schneeberger) que l’on rencontre dans la vie pastorale ou citadine. Les dessins à la craie grasse sur papier noir (Michel Jaquier) diffusent un regard et une recherche personnels sur la lumière.
Les oeuvres de tous les artistes accrochent le regard avec délicatesse, leur palette est harmonieuse, scintillante.

Bijoux, sculptures, céramiques et pyrogravures

Les bijoux, des pièces uniques, faits d’argent, d’or fin et de pierres naturelles (Erika et Yvan Chmetz) ont provoqué moult commentaires sur la finesse créative de leurs concepteurs. Les sculptures, faites de bois, métal et pierre (Elisabeth Colombo) et de terre cuite incrustée sur métal (Sandrine Soldini) interpellent les chalands par l’expression qu’elles dégagent. Des poules en céramiques, bien dodues, rutilantes de couleurs (Erika Riond) rivalisent d’astuces pour retenir l’acheteur hésitant. Drôle et ludique !

Les dessins au feu, ou pyrogravures (Marlène Dutoit) qui, sous forme de corbeilles serties de rotin et de jonc, rivalisent de motifs animaliers et très réalistes complètent cette exposition artistique et artisanale.

Une exposition qui court jusqu’au dimanche 16 décembre.

Photo Marlène Rézenne

Extrait d’une conférence de M. Jacques Bourgeois, Directeur USP. Source : FAO, DBV-Berechnungen.

Agriculture: un challenge pour la Suisse?

Extrait d’une conférence de M. Jacques Bourgeois, Directeur USP. Source : FAO, DBV-Berechnungen.

Extrait d’une conférence de M. Jacques Bourgeois, Directeur USP. Source : FAO, DBV-Berechnungen.

A l’aube de l’ère industrielle, la population mondiale se situait en dessous des 2 milliards d’habitants; en 1950, on atteignait 2,8 milliards, en 2000, 6 milliards. Le chiffre de 7 milliards a été dépassé l’an dernier. Il n’est pas utopique d’imaginer que les 9,2 milliards de personnes seraient atteints en 2050. En Suisse, la population a plus que doublé depuis le début du 19ème siècle, passant à 7,8 millions en 2010 et devrait se situer aux environs de 9 à 10 millions d’habitants en 2050.

Surface agricole par habitant

Elle diminue sensiblement et est due à l’augmentation de la population, à l’urbanisation et à la construction de logements, d’infrastructures (routes, autoroutes, voies ferrées, etc.) et à la création d’aménagements sportifs, golfs par exemple.

Les meilleures terres agricoles, au niveau mondial, sont déjà en cultures. D’autres terrains pourront être mis en cultures, mais les possibilités au niveau planétaire sont restreintes. L’eau et la température sont des paramètres à prendre en considération et sont des facteurs limitants. Les Asiatiques ont compris cette situation et ont anticipé le phénomène en louant ou en achetant d’importantes surfaces de terres agricoles en Afrique australe.

Le niveau de vie

Il a une grande influence sur le mode d’alimentation humaine. Le PIB (Produit Intérieur Brut) dans les pays occidentaux a fortement augmenté depuis la 2ème guerre mondiale.

Dans les années cinquante, par exemple, le Suisse mangeait plus de pain, de pommes de terre et consommait plus de lait frais. Actuellement, il mange davantage de viande toutes catégories confondues et de produits alimentaires transformés ou conditionnés.

La création d’élevages intensifs (poulaillers, halles d’engraissement pour bovins) a permis d’abaisser le prix de revient des produits carnés et ainsi d’offrir au consommateur de la viande à un prix plus avantageux.

Avec l’élévation du niveau de vie en Chine et en Inde, ainsi que dans tous les pays émergents, il faut s’attendre à ce que ce scénario s’y produise aussi.

Utilisation des céréales

La viande est de la céréale transformée. Il faut 2 kg de céréales pour la production de 1 kg de viande de volaille, 3 kg de céréales pour la production de 1 kg de viande de porc ou 9 kg de céréales pour la production de viande de bœuf. Cela signifie qu’une partie des céréales cultivées actuellement est destinée à la production animale et entre en concurrence directe avec l’alimentation humaine. Avec un hectare de blé en Suisse, on produit 6 à 7000 kg de pain, mais plus que 750 kg de viande bovine par exemple, ce qui se traduit inévitablement par une plus forte demande de céréales.

Cours des matières agricoles

Il a chuté fortement entre les années 1960 et 2 000. Actuellement, on peut affirmer que la situation s’est inversée. Les cours se sont redressés vu la forte demande des pays émergents et l’utilisation non alimentaire de certains produits agricoles. Par exemple, le maïs aux Etats-Unis et la canne à sucre au Brésil sont utilisés pour la fabrication d’éthanol carburant. Il est étonnant de constater que le cours du blé et celui du pétrole suivent presque la même courbe.
Malgré la forte augmentation des rendements de ces dernières décennies, due aux progrès techniques, il est arrivé, à une ou deux reprises, que la consommation annuelle soit supérieure à la production de l’année correspondante.

Ainsi, les réserves mondiales sont mises à mal. La volatilité des cours est devenue omniprésente; il suffit que l’on apprenne une sécheresse, du gel ou des inondations dans telle ou telle partie du globe pour que la bourse s’affole.

La Suisse, par le biais de sa politique agricole, souhaitera-t-elle participer à ce défi mondial ?

 

Selon un texte élaboré par Henri Vallotton

Les Wang, famille nouvellement arrivée à Valeyres.

Valeyres: 42 nouveaux habitants, dont beaucoup de petits enfants

Les Wang, famille nouvellement arrivée à Valeyres.

Les Wang, famille nouvellement arrivée à Valeyres.

Ce vendredi de mi-novembre a eu lieu la traditionnelle soirée communale avec raclette. Il s’agit d’une part d’accueillir et de présenter les nouveaux habitants ainsi que les jeunes du village ayant atteint leur majorité dans l’année, d’autre part, la Municipalité en profite pour remercier tout le personnel communal.

Bien des personnes ont répondu présents à l’invitation communale et c’est dans une ambiance conviviale et enjouée que s’est déroulé l’apéritif, suivi de la raclette du «père François», à savoir que la famille Weidman de Valeyres avait préparé une raclette, onctueuse à souhait!

Volonté d’ouverture à Valeyres

Dans son allocution de bienvenue Corinne Tallichet Blanc, syndique, nous fait partager un pan d’histoire. Elle rappelle qu’en 1850 Valeyres était un lieu de villégiature recherché et comptait alors 550 habitants. En 1980, le village n’en compte plus que 290 alors qu’en 2012 la population se monte à 562 habitants! Certes, la nouvelle zone villa du chemin de Marex participe efficacement à cette augmentation de population, dont un important pourcentage est composé de familles avec jeunes enfants.

Corinne Tallichet Blanc souhaite la bienvenue à tout ce nouveau monde en l’encourageant chaleureusement à s’intégrer à la vie villageoise, que ce soit par le biais des sociétés locales, du Conseil ou des diverses manifestations. La syndique se plaît à relever l’esprit d’ouverture de son village. Il est vrai qu’elle et ses collègues s’en font un point d’honneur. Bienvenue donc à Valeyres-sous-Rances!

Photo Catherine Fiaux

La très grande majorité des chemins forestiers seront fermés à toute circulation motorisée.

Les forêts des vallons de l’Orbe et du Nozon sous la loupe

La très grande majorité des chemins forestiers seront fermés à toute circulation motorisée.

La très grande majorité des chemins forestiers seront fermés à toute circulation motorisée.

Jeudi dernier, le SFFN (Service des Forêts, de la Faune et de la Nature) de l’Etat de Vaud avait convié les partenaires intéressés ainsi que la population à une séance pour le «coup d’envoi de la phase participative» du plan directeur forestier. Seule une soixantaine de personnes ont répondu à l’invitation afin de prendre connaissance et possession des documents pour donner leurs avis et formuler leurs remarques d’ici fin janvier 2013.

Pour l’élaboration de cette ébauche, plusieurs critères ont été pris en compte; économiques, écologiques, protection paysagère et physique, facteurs de la récréation et de l’accueil, chacun étudiés et pris en compte afin de respecter au maximum les intérêts de notre patrimoine forestier.
Pascal Croisier, inspecteur forestier, propose aux différents partenaires (société de chasseurs, pêcheurs, entreprise de la filière du bois, associations sportives, randonneurs et autres utilisateurs de la forêt, etc.) de travailler sur la base du document principal qui fixe les intentions et orientations générales.

Les chemins forestiers fermés à la circulation

Le point du PDF (plan directeur forestier) qui risque de générer le plus de discussions sera peut-être l’interdiction quasi-générale de circuler sur les chemins forestiers carrossables. La mise en place de la réglementation interdisant la circulation des véhicules à moteur en forêt étant une obligation de la législation forestière fédérale et cantonale. Le plan présenté permettra toutefois de continuer à desservir les divers refuges, buvettes et sites touristiques.

Photo Sylvie Troyon

Julien Cuérel, syndic de Baulmes

L’UCV s’attaque aux finances communales

Julien Cuérel, syndic de Baulmes

Julien Cuérel, syndic de Baulmes

Quelle que soit la localité du district dans laquelle on s’attarde, on peut être sûr que son syndic est mécontent des reports de charges que sa commune doit assumer du fait des mécanismes de répartition entre le canton et les communes. De fait, l’Union des Communes Vaudoises (UCV) qui regroupe 292 membres, soit 90% des communes vaudoises, a récemment procédé à un sondage auprès de ses membres.

258 communes ont accepté d’y participer, avec des résultats remarquablement homogènes: 90 % d’entre elles prévoient un déficit au budget 2013, plus de 82 % estiment que leurs comptes 2012 seront déficitaires, alors qu’elles n’étaient que 30 % dans ce cas en 2011, et plus d’une commune sur 5 estime qu’elle devra recourir à l’emprunt pour faire face à ses charges de fonctionnement l’an prochain. Du côté des investissements, seule une commune sur 4 sera en mesure de s’autofinancer en 2013. Ces chiffres soulignent un mécontentement général grandissant qui date des années 2010-2011: «Nos communes sont impuissantes par rapport aux charges incompressibles auxquelles on les soumet», estiment en résumé leurs responsables. Mais où l’origine du malaise se situe-t-elle?

Le point de vue d’un membre du comité de l’UCV

Pour Julien Cuérel, syndic de Baulmes et délégué du district Jura - Nord vaudois au comité de l’UCV, le mal date du début des années 2000. «À l’époque, explique-t-il, on avait demandé aux communes, qui alors se portaient bien, de participer au rétablissement des comptes du canton. Avec un principe de base: que tant le canton que les communes aient des finances saines». Si le canton de Vaud a été remis sur pied de façon spectaculaire puisqu’il dégage en 2011 un excédent de recettes considérable, ce n’est pas uniquement par les vertus de son grand argentier, mais grâce aussi aux reports de charges sur les communes. «Au départ, la facture sociale devait provisoirement être partagée entre cantons et communes selon une répartition permettant d’assainir les finances du canton, environ 30 % aux communes et 70% au canton, précise encore Julien Cuérel. Sauf que pour l’heure, et alors que ce n’est plus provisoire, la clé de répartition est de l’ordre de 50%-50%. Si l’on ajoute à ces chiffres ceux de l’école et des garderies, du coût de la police ou encore ceux de l’entretien des routes, on parvient à des totaux que les communes ne peuvent tout simplement plus supporter. Il faut revoir les équilibres et retrouver des clés de répartition qui permettent aux localités de souffler.»

Le proche avenir

L’UCV a passé à la vitesse supérieure une fois les résultats de son enquête connus. Un processus actuellement en cours, et qui devrait se terminer vers la fin novembre, doit permettre de chiffrer très précisément et de façon non contestable de part et d’autre «qui a gagné et qui a perdu» des communes ou du canton depuis les dernières négociations sur ce thème général. En fonction des chiffres qui seront produits et qui ne devraient que renforcer les conclusions de l’enquête de l’UCV, le canton a d’ores et déjà admis de s’asseoir à la table des négociations pour étudier les pistes qui permettraient de rétablir un équilibre dans ce domaine. On ne peut que se réjouir de cette ouverture, tout en soulignant que du point de vue du contribuable, cette dernière ne devrait pas changer fondamentalement sa traditionnelle facture. Le canton risque bien de lui reprendre d’une main ce que les communes pourraient être amenées à lâcher de l’autre.

Tirer la corde ...

Double loyauté

Tirer la corde ...

Tirer la corde ...

En marge des délibérations des associations de communes dont l’importance va grandissante, la problématique de la double loyauté vient à l’esprit. On parle de double loyauté lorsque des membres des autorités d’une commune membre d’une association intercommunale sont placés devant un dilemme: défendre les intérêts de leur commune au sein de l’association, ou défendre à l’inverse et de façon prépondérante les intérêts de l’association au sein de la commune dont ils sont issus, ce qui peut ressembler à une sorte de «trahison locale».

Lorsqu’une commune décide d’adhérer à une association, elle exige de faire partie, entre autres, du comité directeur de l’association, pensant ainsi préserver son contrôle sur cette excroissance «dangereuse» pour l’autonomie communale. Les autorités des communes concernées partent du principe que seuls des élus, voire des membres de l’exécutif communal, peuvent être délégués au sein de l’association. Cette façon de procéder comporte sans doute des avantages, mais elle génère aussi ce fameux conflit potentiel de double loyauté.

Le problème existe aussi lorsqu’un élu municipal cumule cette fonction locale avec la charge de député au Grand Conseil. Il n’est pas possible actuellement de soumettre à une élection populaire le choix des délégués communaux. En revanche, la loi sur les communes ne prévoit pas que ces derniers soient obligatoirement des élus communaux. L’article 116 de cette loi prévoit en effet que «Les membres de ces organes doivent être des électeurs des communes membres de l’association».

On peut dès lors se poser la question de savoir si, pour éviter tout risque de conflit d’intérêts — ce qui est bon pour la commune ne l’est pas forcément pour l’association de communes — le choix des délégués ne devrait pas justement porter sur des électeurs des communes qui ne font pas ou peut-être plus partie des autorités régulièrement élues. Une telle pratique permettrait d’éviter les conflits en question et ne priverait en rien les communes de leur droit de regard fondamental, puisqu’au travers du vote du budget communal annuel, ce sont elles qui font vivre les associations ou décident, de fait, de leur mort en leur coupant les vivres.