L’équipe formée de Francis Félix, Samuel Wyss et Jean-Yves Muehlemann.

Paris-Brest-Paris: il l’a fait

L’équipe formée de Francis Félix, Samuel Wyss  et Jean-Yves Muehlemann.

L’équipe formée de Francis Félix, Samuel Wyss et Jean-Yves Muehlemann.

Samuel Wyss a accompli son rêve de vingt ans. Amoureux des longues distances à vélo, il espérait bien disputer un jour cette course de 1200 kilomètres, entre Paris et la pointe ouest de la Bretagne, qui se déroule tous les quatre ans. Atteint sérieusement dans sa santé, il y a cinq ans, il a trouvé le moyen de vaincre la maladie grâce à sa volonté et sa persévérance.

Des qualités qui ont donc conduit l’ancien marchand de cycles d’Orbe à soulever les montagnes ou presque. C’est justement dans les Alpes françaises qu’il a préparé soigneusement ce périple. Trois semaines avant le grand départ, il est allé puiser des réserves en altitude où il s’est entraîné, franchissant notamment à huit reprises le fameux col de l’Iseran. Il en a également profité pour tester l’alimentation qui lui permettrait de disputer cette épreuve de longue haleine.

Un départ en fanfare

Dimanche 21 août à 16 h., il prenait le départ à la porte de Versailles en même temps que plus de 5000 concurrents de 56 nations, prêts à affronter ce défi d’un autre temps. Avec un départ fou, sous contrôle avec des motards pour ouvrir la route, puisque les 16 kilomètres qui permettaient de sortir de la ville lumière ont été franchis à près de 40 km/heure de moyenne ! Autant dire que le ton était donné même si ce n’est pas la volonté des organisateurs d’établir un classement. Mais lorsque des sportifs se donnent rendez-vous, l’aspect compétitif prend toujours le dessus. Sam a choisi de prendre les bonnes roues. Il a fallu certes se placer pendant près de deux heures et demie au départ pour partir avec les meilleurs.

Mais quel plaisir de rouler avec des gens sympas qui ne manquaient pas du coup de pédale nécessaire. Tout s’est bien passé jusqu’à Brest mais après 600 km, la fatigue s’est manifestée. Au point que ses accompagnateurs, le Morgien Francis Félix et le Montheysan Jean-Yves Mühlemann, l’ont laissé dormir pendant deux nuits! Détrompez vous cependant car Samuel avait prévu deux manières de se reposer. Soit par pauses de 20 à 30 minutes ou par nuits d’une heure trente! Complètement ragaillardi par ce repos bienvenu, l’Urbigène a effectué un retour fulgurant sur Paris durant lequel il a dépassé des centaines de cyclistes pour terminer parmi les 500 premiers dans un temps de 65 h. et 45 min., pauses comprises, soit près de 15 h.de moins que prévu.

Aide limitée

Pour accomplir ce marathon à deux roues, Sam avait pris conseil auprès de spécialistes d’épreuves au long cours comme les marins ou auprès de son fils, cycliste professionnel. Ainsi s’est-il surtout nourri de sandwiches et a-t-il bu de l’eau ou des hydrates de carbone sous forme liquide, à une cadence donnée, agrémentées tout de même d’une trentaine de cocas et d’une quarantaine de cafés. A ce sujet, il faut savoir que l’organisateur oblige les coureurs à faire des pointages tous les huitante kilomètres dans des localités.

A ces occasions, les coureurs peuvent se nourrir (pâtes, riz, agrémentés d’un peu de viande), se reposer et même se doucher. Comme la cotisation d’inscription n’est que de cent euros, ces frais sont à la charge du compétiteur. 1 euro 50 pour une douche, 3 avec le linge et le savon, par exemple. Dans les cantines, les coureurs étaient très bien accueillis pour manger rapidement. La chaleur du public a touché le cœur de l’Urbigène. «Nous étions reçus comme des rois dans les villages et villes que nous traversions. Le public était là de jour comme de nuit dans une ambiance festive pour nous encourager. Les haltes nous permettaient de faire le point avec nos accompagnateurs qui n’avaient pas le droit de nous suivre, ni de nous attendre sur le parcours. Si bien qu’au moindre incident mécanique, il fallait leur téléphoner pour leur donner rendez-vous sur un chemin de traverse pour procéder à la réparation sans attirer l’attention des commissaires qui nous sanctionnaient, par exemple, lorsque nous roulions sur la gauche de la route qui était ouverte mais le parcours empruntait des axes heureusement peu fréquentés.

Pas moyen de nous tromper de direction non plus puisque 5000 flèches nous indiquaient la voie à suivre. L’organisation était parfaite et l’ambiance fabuleuse. Je suis prêt à y retourner et j’ai envie d’imiter certains Australiens qui ont parcouru les 1200 km. avec armes et bagages sans assistance, ce qui prend forcément un peu plus de temps».

Avec la bénédiction de Madame

Paris-Brest-Paris est la course la plus longue en Europe. La traversée des Etats-Unis sur 4800 kilomètres en une étape est le défi le plus fou. Samuel Wyss n’est pas encore prêt à l’affronter car il faut bénéficier d’une organisation

Photo Pierre Mercier

«Regarde, je grimpe aux arbres papa!».

Festi’bois, le goût de la nature

«Regarde, je grimpe aux arbres papa!».

«Regarde, je grimpe aux arbres papa!».

C’est au son des tronçonneuses et autres scies, que le Festi’bois d’Orbe invitait ses visiteurs à venir découvrir le monde du bois et de la forêt, le week-end dernier. Et c’est grâce au bon vouloir de la commune et de la participation du groupement forestier du triage du Suchet que cette manifestation, mise sur pied pour la première fois il y a deux ans, a pu être rééditée.

Sensibilisation en vue

Le but principal étant d’informer et de sensibiliser la population de la région, la cantine du Puisoir s’était alors vue transformée pour l’occasion en halle d’exposition avec de nombreux panneaux explicatifs sur les différentes manières actuelles d’utiliser le bois.

Les visiteurs s’étaient principalement déplacés en famille, car l’organisation avait prévu de nombreux ateliers manuels et autres divertissements pour les enfants. Des activités pour tous les âges tels que la grimpe sur Platane, chapeautée par l’association du Baron Perché, la création de jardins miniatures, ainsi que des contes en forêt.

Le bois sous toutes ses coutures

La manifestation avait été construite autour de quatre thèmes principaux. Demo’bois pour toutes les démonstrations faites aussi bien par des professionnels que par des artisans, Ludo’bois qui comprenait les activités pour les enfants, Info’bois dont le but était naturellement d’informer la population sur tout ce qui traitait du bois et de la forêt et pour finir Bamboula’bois qui regroupait la partie restauration et le bal du samedi soir.

Malgré un premier jour pluvieux et froid, le responsable, Jean-Marc Ducotterd, espérait égaler le nombre de visiteurs de la première édition, soit 2 000 personnes, grâce au beau temps prévu pour le jour suivant.

En définitive, une belle organisation festive, sur un thème on ne peut plus d’actualité, à qui l’on souhaite de perdurer encore de longues et belles années.

Photo Katy Josi

Le système produisant de l’électricité et la pompe.

Croy: le pompage de la Foule fêté en petit comité

Le système produisant de l’électricité et la pompe.

Le système produisant de l’électricité et la pompe.

«C’est tout simple, vous prenez le chemin à la deuxième fontaine» précisait la secrétaire municipale sortante Sylvie Faessler. En fait, le chemin qui conduit à la station de pompage de la Foule est tout simplement idyllique, et on n’en dira pas plus sur sa localisation pour laisser au randonneur le plaisir de le découvrir.

Car avant de parvenir à la fameuse station dont la commune fêtait le centenaire samedi passé, on traverse petits pâturages, jardins, verdures et arbres d’essences très variées, de quoi satisfaire amplement l’œil et l’âme, un peu comme si le trajet conduisait dans un autre monde.

Une installation originale

A une centaine de mètres environ en retrait de la STEP intercommunale, au bord du Nozon, en pleine forêt, se trouve un bâtiment assez peu élégant, et qui abrite une roue à aubes. A une centaine de mètres en arrière du bâtiment se trouve le captage d’eau potable de la commune, ainsi qu’a bien voulu expliquer à l’Omnibus le municipal Philippe Latty. Celui-ci exposait samedi devant un public plutôt étonné l’explication d’un système original. Il y a cent ans, les autorités ont décidé de raccorder les maisons à l’eau potable courante.

Mais pour cela, il fallait… de l’eau potable et de la pression. C’est ainsi qu’un réservoir a été construit dans la colline au dessus du restaurant Le Gaulois. Pour faire parvenir cette eau dans le réservoir, il fallait donc la pomper depuis le captage de la Foule, au moyen d’une pompe électrique. Et la roue à aubes qui fonctionne grâce au débit du Nozon produit précisément l’électricité nécessaire à actionner la pompe. «Les installations ont été changées depuis l’origine, mais on a conservé le même système, qui fonctionne à satisfaction, à condition que le débit du Nozon le veuille bien» ajoutait Philippe Latty.

Fête conviviale sur place

Une bâche avait été tirée en pleine forêt, abritant des tables et des bancs, pour permettre aux visiteurs de se restaurer, en compagnie des autorités communales, ravies de faire découvrir à beaucoup l’existence même de cette petite merveille technique peu connue.

Photo Olivier Gfeller

Guillaume Pilloud, Cédric Chezeaux et l’amidonnier noir.

Juriens: le retour des céréales anciennes

Guillaume Pilloud,  Cédric Chezeaux et l’amidonnier noir.

Guillaume Pilloud, Cédric Chezeaux et l’amidonnier noir.

Maître de sa semence

Autrefois chaque région confectionnait son pain à partir de sa propre farine. Puis, rendement oblige, les céréales locales ont cédé leur place à des variétés s’adaptant aux demandes de l’industrie boulangère. Cette uniformisation progressive a conduit à la disparition presque totale des céréales primitives comme l’engrain et l’amidonnier.
Cédric Chezeaux, adepte d’une agriculture à échelle humaine a ressorti les graines oubliées pour les faire revivre à Juriens.

Un mélange de blés anciens sélectionnés pour leurs valeurs gustatives ont d’abord été semés en 2010 pour la multiplication. Pour Cédric Chezeaux il est essentiel que le paysan puisse reproduire ses semences afin de préserver la biodiversité. Comme c’était le cas avant l’arrivée des grands trusts agroalimentaires.

Les céréales anciennes sont cultivées sans pesticides ni engrais chimiques de synthèse, selon le cahier des charges de Bio-Suisse. «C’est par le travail du triage des semences qu’on va garder les grains forts afin de transmettre un bon potentiel à notre future culture et récolte.»

Le moulin Astrié

La mouture est une étape essentielle pour conserver toutes les qualités nutritives du blé. Pour faire sa farine Cédric Chezeaux n’utilise pas un moulin à cylindres mais un moulin à meule de pierre de type Astrié. La rotation lente et sans échauffement de la meule en granit préserve le germe et l’assise protéique du grain.

Les céréales anciennes sont riches en fibres, vitamines, minéraux et oligo-éléments. En raison d’une teneur en gluten nettement moins élevée que les blés conventionnels, elles sont également moins allergisantes.

Le consommateur est de plus en plus sensible au parcours des aliments qui finissent dans son assiette. La démarche de Cédric Chezeaux est on ne peut plus cohérente puisque toutes les étapes de la production, de la transformation et de la distribution se déroulent dans la région d’Orbe.

Dès cet automne les pains à l’amidonnier noir et au petit épeautre seront confectionnés par Marc Haller au four communal de L’Abergement.

Photo Denis Tarantola

Immanuel de Souza en «chef d’orchestre»

Orbe-EPO: la musique qui fait oublier les murs

Immanuel de Souza en «chef d’orchestre»

Immanuel de Souza en «chef d’orchestre»

Un concert original s’est tenu aux EPO (Etablissements de la Plaine de l’Orbe) la semaine passée. Les participants de l’atelier de musique ont pu se produire devant un public, en compagnie d’une partie de l’IMO (Insubordination Méta Orchestra) et étaient écoutés à Lausanne au théâtre 2.21 en direct grâce à l’informatique. L’autre partie de la formation jouait à Lausanne et a été écoutée à Orbe.

Sous l’égide de Prélude, qui se définit comme un pôle de coordination d’actions culturelles en prison, un atelier de musique libre a lieu depuis une année à la colonie.Les musiciens, Immanuel de Souza (d’Orbe) et Benoît Moreau l’animent; le principe est une approche très libre de la musique ou plutôt du son. Tous les instruments ou «objets à possibilités sonores» sont acceptés.

Au départ, cinq détenus prenaient part à l’atelier, mais pour diverses raisons dont deux libérations, deux détenus ont pu participer au concert. Il faut relever qu’un des détenus libérés il y a quelques mois a rejoint la formation à Lausanne.

Développer l’écoute

Comme l’a souligné Charles Galley, le directeur-adjoint des EPO, dans un message d’introduction, cette musique improvisée développe des facultés d’écoute qui sont importantes dans le processus de reconstruction des détenus, mais il a aussi averti le public que ce n’est pas une musique qu’on a l’habitude d’entendre, il y a peu de choses structurées.

À Orbe il y avait 18 musiciens et à Lausanne 19. Les deux détenus, Sébastien à la guitare électrique et Fabrice au chant, ont eu la vedette car les musiciens leur ont laissé une grande place. Le public était composé de la famille ou de proches des détenus, de personnel de la prison, de membres de Prélude. Le concert s’est déroulé en quatre sets de 20 minutes joués alternativement à Orbe et à Lausanne.

Une première partie où Sébastien et Fabrice, accompagnés par Immanuel de Souza, ont débuté seuls le concert, rejoints petit à petit par les autres musiciens. Lors du deuxième set, les musiciens étaient «librement» dirigés par deux chefs d’orchestre en alternance.

Beaucoup d’émotions

On peut dire que c’est surtout une musique très vivante qui apporte beaucoup à celui qui la joue. Les musiciens explorent des voies ensemble et de temps en temps un langage commun ressort. On sentait une grande connivence entre tous les musiciens et ils ont réussi à faire passer des émotions. Cependant, quand on ne voit pas les musiciens, la musique était plus difficile à vraiment apprécier. Pour plus d’informations : www.Prelude.ch

Image aimablement fournie par le Service Pénitentiaire Vaudois

Edit du 6 janvier 2012: écouter intégralement le concert en suivant ce lien

En début de soirée les jeunesses de Croy et de Ferreyres ont «mis le feu» vers et dans les caveaux.

Agiez: la fête des 1000 ans, c’était déjà hier

En début de soirée les jeunesses de Croy et de Ferreyres ont «mis le feu» vers et dans les caveaux.

En début de soirée les jeunesses de Croy et de Ferreyres ont «mis le feu» vers et dans les caveaux.

Après un ouragan bien timide, la fête a débuté, dans la salle du Conseil, avec le discours d’ouverture du syndic Philippe Schwendimann, suivi par l’allocution du Pasteur de la paroisse. A cause de la pluie, la verrée prévue initialement dans la cour du collège s’est déroulée à l’intérieur du bâtiment.

L’exposition «Hier et aujourd’hui» a rencontré un succès mérité. Son concepteur, Samuel Baudraz, a passé des centaines d’heures dans les archives pour présenter une exposition de qualité. Samedi, le soleil a eu beaucoup de peine à s’imposer si bien que la fréquentation du marché villageois en a malheureusement souffert tout comme les décorations des maisons que les habitants d’Agiez avaient patiemment décorées.

Malgré le temps maussade, le village a résonné aux sons des orchestres des caveaux et de la salle villageoise, où bon nombre de participants sont venus fêter les 1000 ans du village avec les Rita Faye. Le soir, tout ce petit monde s’est rendu à la salle villageoise pour poursuivre la fête.

A 23 h., le feu d’artifice a clos en beauté l’événement qui s’est terminé dans la nuit. Aujourd’hui, plus de musique, plus de rires dans les rues du village, seules quelques clochettes résonnent dans les champs, les photos de la fête peuvent déjà rejoindre celles de l’exposition «Hier et Aujourd’hui». Pour le prochain millénaire !

Photo Elisabeth Zahnd

Chômage

Manque de main-d’oeuvre

Chômage

Chômage

Le chômage des jeunes est source d’inquiétude. L’Italie détient le record en la matière avec 31% des moins de 25 ans qui n’ont pas d’emploi.

En Europe, la moyenne est de 27%. L’automatisation puis la mondialisation, c’est-à-dire le recours à une main d’œuvre moins chère qu’en Europe, figurent notamment parmi les critères qui conduisent à cette situation.

La Suisse est un peu moins touchée. N’empêche que la recherche de travail est devenue compliquée pour notre jeunesse. Cependant, il semblerait que l’on manque actuellement de 6’000 ingénieurs, que l’on ne trouve plus de médecin généraliste, que les hôpitaux doivent chercher du personnel soignant à l’étranger et que la police ne trouve plus les renforts dont elle a besoin.

Très récemment, il a été dit que nous n’avions plus suffisamment de personnel qualifié dans certains métiers manuels. Les statistiques fédérales disent pourtant que tout va bien dans le domaine de l’apprentissage où l’on a perdu passablement de postes. Il est vrai que les patrons renoncent parfois à engager des jeunes à la suite de mauvaises expériences (scolarité déficiente ou attitude inadaptée) ou à cause de la complexité administrative que représentent les clauses de l’apprentissage.

L’avenir de ce pays dépend-t-il de l’étranger? Difficile à croire car on a toujours entendu que la qualité du personnel helvétique et la stabilité politique du pays étaient des atouts reconnus. C’est pourquoi on est en droit de s’inquiéter de la situation du marché du travail et l’on aimerait voir des signes forts des autorités afin d’encourager entreprises et jeunes à pallier ces manques pour que la Suisse continue de former une main d’œuvre de qualité.