Jean-Daniel Bezençon

Ballaigues: retraite du secrétaire municipal

Jean-Daniel Bezençon

Jean-Daniel Bezençon

Une longue histoire d’amour avec un village

C’est en 1965 que Jean-Daniel Bezençon est arrivé à Ballaigues pour la première fois. Un Urbigène pure souche qui débarque chez les Ballaiguis, oui, mais pour y faire quoi ? Tout simplement pour entrer au service d’une grande entreprise de la place auprès de laquelle il a entrepris un apprentissage de dessinateur en machines, selon l’appellation de l’époque. Il avait alors 19 ans et une vie devant lui.

A part bien apprendre son métier et commencer de l’exercer avec succès, Jean-Daniel Bezençon a aussi rencontré celle qui deviendra son épouse en 1970, et qui, comme souvent, travaillait dans la même entreprise que son futur mari. C’est décidé, ils resteront au village dont elle est originaire, mais pas forcément pour travailler à la conception de machines-outils.

Un passage à la Municipalité

Après avoir rapidement intégré le Conseil communal local, Jean-Daniel Bezençon sera proposé en 1978 pour faire partie de la Municipalité, à l’époque du syndic Pierre Oberhauser. Il siégera à l’exécutif de la commune de 1978 à 1983: une courte période au cours de laquelle les autorités locales décidèrent de professionnaliser la gestion de la chose publique au service du citoyen. C’est ainsi que fut décidée la création d’un poste de secrétaire municipal permanent et presque tout naturellement Jean-Daniel Bezençon, même si elle l’obligeait à quitter l’exécutif, fut attiré par cette fonction et par l’aventure.

Car c’en était une, dans ce village où le secrétaire de l’époque recevait le concitoyen uniquement sur rendez-vous au premier étage de la Croix d’Or. Il s’est donc d’abord agi de concevoir la réhabilitation d’un bâtiment communal pour y installer des bureaux communaux. L’époque était encore à la décentralisation totale, puisque aussi bien l’office du travail que l’agence communale d’assurance chômage côtoyaient encore le contrôle des habitants et le nouveau greffe. Dans lequel on écrivait encore passablement de procès-verbaux à la plume…

Des anecdotes en liasses

De l’informatisation de l’administration en passant par l’organisation des cérémonies d’octroi de la bourgeoisie d’honneur à Pierre Arnold, Jean-Daniel Bezençon garde en tête un véritable morceau de l’histoire du village, une des fonctions qu’il attribue d’ailleurs au secrétaire municipal dans sa conception de la fonction. «Contrairement à une idée reçue, ce dernier ne doit pas être le 6e municipal» affirme le futur retraité. «Il doit se contenter d’attirer l’attention des élus sur certains problèmes ou précédents, mais seuls ces derniers ont un pouvoir de décision et doivent le garder» ajoute-t-il. C’est officiellement à fin janvier que débutera sa retraite, mais Jean-Daniel Bezençon a de fait terminé son activité à la fin de l’année 2010. Il s’est déjà mis en mode retraite avec du temps pour son épouse et lui-même afin de se promener, de continuer à faire de la musique et simplement jouir de la vie. Un simple et beau programme. Très bonne, longue et heureuse retraite donc, Monsieur le secrétaire.

Photo Olivier Gfeller

Les nouveaux citoyens

Nouveaux citoyens : moins fréquentée

Les nouveaux citoyens

Les nouveaux citoyens

Etait-ce le menu proposé qui a retenu notamment les jeunes nés en 1993 de venir à la cérémonie d’accueil des nouveaux citoyens ? Ils n’étaient qu’une petite trentaine à l’heure d’entendre les discours de la préfète Evelyne Voutaz, du président du Conseil Communal Michel Schmuki et du syndic Claude Recordon. Après le film qui présente les jolies facettes de la localité, un documentaire qui vieillit puisqu’on dit qu’Orbe a franchi le cap des 5’000 habitants alors que la ville compte dorénavant plus de 6000 citoyens, ils ont reçu l’enveloppe-cadeau qui officialise à quelque part leur arrivée dans le monde des adultes ce qui leur confère de véritables responsabilités. Cette partie officielle terminée, ils ont été plusieurs à quitter la buvette du Casino à l’heure de déguster une excellente fondue, concoctée par l’homme à tout faire de la Commune, Roger Egger et son adjoint Jacques Messerli.

La commune et le mariage

Au cours du repas, la discussion avec la jeunesse a tourné autour des manques d’Orbe mais surtout à propos de l’organisation de la Commune. Certes, ils ne sont pas encore concernés par les prochaines élections car la plupart d’entre eux n’auront pas encore atteint leurs 18 ans et derechef n’auront pas reçu les documents qui leur permettraient de participer à cette votation. Quand bien même aucun des jeunes présents ne se trouve au chômage, ils évoquaient avec un brin d’anxiété leur avenir professionnel. Ils sont bien conscients que terminer leur apprentissage ou leurs études, est une nécessité absolue pour entamer la vie du bon pied. Chose étonnante, quelques-uns marquent une certaine méfiance à l’égard du mariage. Sans doute ont-ils partagé des moments difficiles à l’heure d’un divorce et se disent que le jeu n’en vaut pas la chandelle. On espère qu’avec le temps, ils changeront d’avis.

Bonnes relations

Les natifs de 1993 n’étaient pas les seuls présents à cette manifestation. Toutes les personnes qui ont acquis la citoyenneté d’Orbe, l’an passé, étaient également invitées. On a notamment relevé la présence de l’ancien directeur de Nestlé, Daniel Sautrey et de son épouse, qui ont souhaité devenir suisse et citoyen de cette localité avec laquelle le patron de l’entreprise majeure de la ville a eu d’excellentes relations.

Photo Pierre Mercier

Le centenaire urbigène, Jakob Lüscher.

Le travail, c’est la santé

Le centenaire urbigène, Jakob Lüscher.

Le centenaire urbigène, Jakob Lüscher.

Oui, Jakob Lüscher peut fredonner la première phrase de la chanson d’Henri Salvador. Il était resplendissant de santé à l’heure où la Préfète Evelyne Voutaz et la municipalité d’Orbe in corpore sont venu fêter ce centenaire. Car l’Argovien ne se plaint que de la prothèse d’une hanche, posée il y a 15 ans et qui le fait souffrir depuis quelques années. Pour le reste, tout va bien malgré un passage délicat après un vaccin contre la grippe H1N1, il y a deux ans. Il lit toujours les journaux avec des lunettes tout comme il suit les programmes de la télévision, en particulier les émissions folkloriques alémaniques comme les informations et le sport. Le ski en particulier comme le football qu’il a pratiqué avec plaisir avant de devenir un supporter du FC Aarau.

Sans freiner en ville !

Il a cependant eu un crève-cœur à 97 ans lorsque le service des autos lui a retiré son permis à la suite d’un test en direction de Moudon après avoir eu le sentiment d’avoir très bien conduit! Pour se consoler, il s’est acheté un vélo électrique à trois roues qui lui permet de se rendre en ville pour faire ses paiements à la poste. Sans crainte puisqu’il ne freine jamais en descendant du Devin comme il n’a pas besoin de lunettes pour se diriger ! Avec son caractère bien trempé, il ne craint pas de vivre seul. La veille de son anniversaire, il avait encore confectionné trois très bonnes tresses pour la venue des autorités. A propos, il ne mange plus de viande et ingurgite avec plaisir des soupes aux légumes ou des filets de perche, l’un de ses plats préférés.

Pas de travail pour toi

Né le 21 janvier 1911 à Koelliken (Argovie), il est fils d’une famille de paysans de six enfants. Deuxième de la fratrie, on lui fait comprendre qu’il n’y a pas de place pour lui dans le domaine familial. Si bien qu’après son école de recrue, effectuée à Kloten comme soldat du train, il prend la direction de Duillier où il devient garçon de ferme. Il a la chance de débarquer dans une famille très accueillante au point que le patron le fera skier à la Dôle, lui apprendra à nager à Nyon et lui permettra de découvrir la Romandie. En 1938, le travail manque et comme il vient de se marier avec Edwige avec laquelle il vivra pendant 72 ans et aura sept enfants, il choisit de reprendre un domaine en France, à Gex. Une année plus tard, la guerre est déclarée et M. Lüscher se rendra à deux reprises sous les drapeaux, dans le canton de Zürich. De retour à son nouveau domicile, il s’interdira de parler l’allemand dans ce village dans lequel il a gardé de nombreux amis.

La terre est toute sa vie

Après la guerre, il achètera un domaine à Saint-Georges et il fera l’acquisition de sa première voiture, une Vauxhall dont il garde un bon souvenir. Mais comme il est difficile de cultiver à cette hauteur (937 mètres d’altitude), il préfère «redescendre» à Senarclens puis à Chavornay avant de reprendre le domaine de M. Thévenaz au Devin d’Orbe où il vit depuis 43 ans. Encore aujourd’hui, Jakob s’occupe du jardin lorsque le temps le permet car son attachement à la terre est toute sa vie. Il n’a jamais pris de vacances avant ses 65 ans mais depuis, il a bien voyagé se rendant notamment au Brésil, en Thaïlande, au Kenya et en Floride où il a été étonné de voir que l’on récoltait les tomates à la moissonneuse-batteuse !

Jusqu’à la fin de l’année dernière, il se rendait encore aux Bains d’Yverdon. Il regrette également de ne plus pouvoir rencontrer ses amis urbigènes qui sont tous décédés. C’est la raison pour laquelle la télévision est devenue l’une de ses fidèles compagnes, un écran qu’il pourra désormais regarder avec plaisir puisque la Commune lui a offert un modèle dernier cri pour fêter son unique centenaire. L’Omnibus profite de l’occasion pour souhaiter longue vie à cet homme dont toutes les facultés sont intactes, une santé qu’il attribue à son travail dans la nature, sans s’être privé des bonnes choses de la vie comme le vin !

Photo Pierre Mercier

Billets

La mobilité douce

Billets

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En ces temps, on nous répète qu’il faut désormais utiliser les transports publics au détriment de la voiture. Avec raison et pour avoir constaté la situation catastrophique du Caire, une ville de vingt millions d’habitants, qui est proche de l’asphyxie tant la circulation automobile pollue l’atmosphère, il est nécessaire de prendre des mesures pour éviter pareille catastrophe.

Or ces derniers jours, le Conseil Fédéral, à la recherche d’argent pour payer les transversales alpines, entre autres, a fait part de son intention de doubler la taxe autoroutière et de renchérir les coûts des transports ferroviaires. Que la vignette soit particulièrement bon marché dans notre pays, si on compare notre situation par rapport à l’Italie ou la France, on est en droit de penser que c’est un moindre mal.

En revanche, lorsqu’on nous dit que les billets de chemin de fer devraient augmenter de cinquante pour cent d’ici 2017, on se demande quelle est la politique de notre gouvernement fédéral en matière de protection de l’environnement.

En augmentant de manière aussi substantielle les transports publics, il n’incite surtout pas la population à emprunter cette possibilité de transport et à se priver de cette voiture qui nous paraît plus qu’indispensable dans cette perspective malheureuse.