Mireille Aubert et Nicolas Hauser.

La Praz: laiterie rénovée et nouveau fromager

Mireille Aubert et Nicolas Hauser.

Mireille Aubert et Nicolas Hauser.

Evénement à la Praz vendredi passé. Plus d’une cinquantaine de maîtres d’état, d’invités officiels et de familiers se pressaient devant le bâtiment de la laiterie au centre du village. Un bâtiment qui est juste centenaire et qui vient de subir une rénovation complète en deux étapes. La première a débuté en 2008 et a vu les installations techniques complètement mises au dernier cri.

La seconde s’est terminée cette année, avec la réfection extérieure totale du bâtiment. Propriété de la Société de Laiterie de la Praz et environs, qui regroupe 11 producteurs du village et des environs, l’exploitation est dirigée depuis peu par un nouveau maître fromager, Nicolas Hauser, du Lieu, qui est assisté par sa compagne Mireille Aubert. «Nous avons vécu quelques années difficiles, mais nous sommes très contents d’avoir pu trouver un véritable fromager professionnel sur lequel nous pourrons nous appuyer», précisait le président de la société Christian Tissot dans son allocution. Les autorités locales étaient présentes. L’occasion pour la syndique Anni Sordet de relever l’importance d’un lieu vivant au milieu d’un village de près de 170 habitants qui n’a plus de poste ni de magasin de détail.

Production locale

Les onze producteurs livrent chaque année environ 1.8 million de litres de lait à l’exploitation. La matière première est transformée intégralement en Gruyère AOC, pour deux tiers en Gruyère standard et pour un tiers en Gruyère Bio. La commercialisation est faite par le fromager exploitant, qui, à part quelques marchés régionaux, réserve sa production à la filière Gruyère. Au plan des installations, on aura pu admirer les cuves et les différents systèmes qui permettent la fabrication de 18 meules de fromage par jour.

Attenant à l’exploitation, un petit magasin consacré à la production locale et régionale est ouvert au public chaque jour de 17 h 45 à 19 h. Un plus pour les habitants et les amateurs de Gruyère de la Praz. A noter que les premiers fromages produits par le nouveau fromager installé seront prêts un peu avant Noël. Une date à retenir si l’on veut déguster la nouvelle production. Pour l’instant, les meules poursuivent leur maturation dans une cave attenante qui peut en accueillir plus de 1’200, et qui abritera prochainement un robot destiné à les frotter régulièrement selon les règles de l’art.

Photo Olivier Gfeller

La route rien que pour les ânes de Jean-Jacques et Anni.

La Praz : la route était fermée pour une bonne cause

La route rien que pour les ânes de Jean-Jacques et Anni.

La route rien que pour les ânes de Jean-Jacques et Anni.

Les travaux étaient terminés et les noms des rues posés.

Les derniers préparatifs

La route de ce village, tout en longueur, était promise pour trois jours, aux piétons, aux habitants, sur deux jambes ou à quatre pattes, sans souci de voir une voiture débouler sur cette avenue, toute neuve et propre en ordre.

La Société de Jeunesse Juriens-La Praz, préparait son caveau et les anciens (de la Jeunesse) bricolait une aire d’arrivée, aux allures de celles d’un marathon… pour les habitants avec un Baby-Foot juste à côté d’un petit bar convivial  pour étancher la soif des joueurs, sans oublier la musique.

Un peu plus loin, Willy s’affairait sur la poussière des chaises pour le boulodrome tout neuf, posé juste à côté de chez le syndic, Frédy Schnyder.

Le fromager et sa femme s’activaient à la préparation des tables pour la raclette, surveillant le petit dernier, épris de liberté routière.

Le soleil n’était pas bien haut

Une tente imposante barrait la route aux plus audacieux près de la grande salle, où l’apéritif et le repas seraient servis. Et tout au bout de l’avenue, le petit café, accueillait ses premiers clients. Ils avaient encore le temps, la cérémonie devait débuter à 10h30, devant la ferme des Osches… Ouis, mais, le quart d’heure vaudois n’est pas de mise à La Praz, ce serait plutôt une doublette ou son jumeau! Le programme avait pris du retard. Que voulez-vous, les «Pratoux» prennent le temps de respirer. Ils ont raison.

Cortège et flonflons sur la Grand-Rue

Depuis la grande salle, la Jeunesse Juriens-La Praz a rallié la ferme des Osches au son des tambours et grosses-caisses, avec une motivation phonique débordante. Conviés par la municipalité du lieu, les syndics de Moiry et de Mont-La-Ville étaient venus en voisin, ils paratgeaient les derniers potins avec Frédy et la population, sous un magnifique soleil.

Ensuite, la fanfare la Fifette, a pris les choses en musique, et drapeau du village en tête, elle a ouvert le cortège, emmenant dans son sillage les autorités communales, les invités, les enfants, les parents et les étrangers du dehors… pour cheminer jusqu’au centre du village, juste devant le collège, où les discours étaient prévus.

L’eau au village, une histoire ancienne et complexe

Après les remerciements d’usage et sincères du syndic, Frédy Schnyder parlait de l’historique de l’eau pour le village. Il donnait lecture des recherches faites par Claude Graber dans les archives communales et auprès de la mémoire des anciens, sur l’histoire de l’eau dès le début du 19e siècle à nos jours.

Les premières fontaines en pierres sont arrivées au village vers 1818 venant du carrier de Vaulion Marc-Antoine Bignens, elles remplacèrent quelques bassins en bois, des «auges», qui se détérioraient rapidement.  Au début du 20e siècle l’eau se facturait aux nombres de robinets. Depuis 1975, des compteurs furent posés dans chaque maison.

Lors des travaux entrepris par la commune dès 2009, toutes les lignes aériennes, téléphone et électricité, étaient mises en terre, conjointement avec les conduites d’eau toutes neuves et le séparatif. De grands candélabres, élégants et de couleur vert bouteille, illuminaient l’avenue pour le confort de ses habitants. Un investissement énorme pour cette petite commune du pied du Jura. La parole était donnée à Gabriel Cuvit, président du conseil général.

Alors ils ont fait une grande fête

Ils ont pris toute la rue, les enfants profitaient de faire un aller et retour sur la grande avenue avec les ânes d’Anni et Jean-Jacques Sordet. Une table de ping-pong vint bientôt concurrencer le Baby-Foot, et plus loin, un peu en retrait de la route, le boulodrome résonnait des premiers sons mats des boules ferrées atterrissant dans le sable.

Frédy avait réussi à récupérer un poteau de la CVE, qui avait été payé par la propriétaire de l’époque. Et ne se laissant pas démonter, il en demandait deux autres, pour faire les limites du boulodrome. Ça, c’est du recyclage, où je ne m’y connais pas!
Le soir, les enfants n’ont pas été au lit de bonne heure… les adultes, non plus!

Et le dimanche matin, ils étaient à nouveau tous dans la rue, pour prendre le déjeuner face au lever du soleil, révélant un panorama idyllique et sans fil…!

Le village privé de circulation, ce sont les chaises, les tables et les bouteilles qui ont été légion pour remplacer le trafic motorisé. Un parfum d’antan qu’il faisait bon partager.

Photo Marlène Rézenne

Casse-tête pour compter les points.

La Praz : gros travaux en passe de se terminer

Casse-tête pour compter les points.

Casse-tête pour compter les points.

Les délais ont été tenus, le budget aussi.

Pas de quoi perdre le Nord

La Praz, c’est un village tout à un bout du district d’Yverdon, un peu oublié mais qui voit passer, à longueur d’année, une multitude de touristes. Venus du bas du canton, ils prennent ce raccourci, depuis Lausanne, pour rejoindre via le Col du Mollendruz la Vallée de Joux, été comme hiver.

L’année passée, il a vécu plus de quatre mois sans voiture, mais avec un chantier imposant. Fredy Schnider, syndic de La Praz, et la Municipalité, avaient cherché les meilleures solutions  afin que les habitants souffrent le moins possible des nuisances liées à l’enfouissement de toutes les lignes aériennes, de la pose du séparatif de la réfection de la distribution d’eau, en bref la totale.

Principal commerce au cœur  de la bourgade, la laiterie a pu fonctionner normalement et les paysans se sont arrangés pour lui livrer le lait dans des conditions raisonnables. La commune a donné un sérieux coup de main au laitier, Stéphane Pellet, installé depuis près d’un an.

«On n’est pas là pour embêter les gens, mais pour s’arranger. Les camions ne pouvaient pas venir chercher sa production pendant tout ce temps». Alors il a mis ses meules de fromages en pension  pour l’affinage et estimé la place pour la production de gruyère durant les travaux.

Le petit magasin de dépannage a lui aussi fonctionné durant l’activité du chantier.  Les autorités communales étaient soulagées, les délais avaient été tenus et le budget aussi. Un premier revêtement de bitume était posé pour passer l’hiver.

«Les Pratoux» descendent dans la rue

Depuis sa maison, Fredy Schnyder regardait la vue époustouflante sur le plateau, le lac Léman et les Alpes. Devant ce panorama à 180°, il ajoutait : «ça tu peux pas payer, et après ce sera encore plus formidable, plus de lignes électriques pour rayer le paysage…!»

Il parlait aussi des formidables parties de pétanque… Les habitants prenaient doucement possession de leur village.
La rue…? elle leur appartenait.

Après la poussière et le bruit des machines en journée, les Pratoux se retrouvaient dans la rue, partageaient un coup de blanc accompagné de quelques grillades et jouaient aux boules ferrées avec un joli cochonnet tout rose, bien entendu. Les points… c’était un alignement de cailloux sur un muret.

Ces travaux n’ont pas fait que planquer de la poussière jaune et collante dans les habitations, ils laisseront des souvenirs épiques.

Le petit Café du Jura, au bout de la grande avenue, a été envahi plus d’une fois durant les travaux, avec bonne humeur. Il faisait bon vivre.

Tout est rentré dans l’ordre, l’hiver est passé et les finitions vont reprendre; un beau tapis de goudron sera posé. Les poteaux et leur chevelure de fils électriques ne seront bientôt plus qu’un souvenir gravé sur carte postale.

La rue appartiendra de nouveau aux voitures pour un temps. La deuxième partie du séparatif, depuis la croisée devant le collège en direction de Juriens, se fera prochainement.

Un futur boulodrome sera certainement inauguré par la Municipalité pour quelques mois.

Photo Marlène Rézenne

La Praz : Laurent Bortolotti et Jean-Yves Poupin

Jean-Yves Poupin au piano et Laurent Bortolotti  aux claquettes et pantomime

Jean-Yves Poupin au piano et Laurent Bortolotti aux claquettes et pantomime

La S’OcCuPraz  nous a fait découvrir le monde théâtral et musical de Laurent Bortolotti et Jean-Yves Poupin

La première partie se déroula sous les sons «jazzy» du pianiste Jean-Yves Poupin, où compositions personnelles se lièrent à des morceaux connus tels que des pièces de Thelonius Monk et d’Erik Satie. Un doigté impressionnant, qui très vite  déclencha une atmosphère mélodieuse dans toute la salle.

Poupin nous donna également un aperçu de quelques pièces de son CD «rythm n’ dream vol. 3», où piano, accordéon, contrebasse, batterie et percussion se mélangent, toujours dans un style jazzy, entraînant.

C’est après une petite pause café/dessert que le spectacle continua. Cette fois-ci, le piano allait former le cadre dans lequel Laurent Bortolotti nous raconta une histoire, tout en suivant le rythme de la musique, avec ses claquettes.

Beaucoup d’expressions faciales, de mimes, de gestes théâtraux, accompagnés d’un talentueux jeu de claquettes. L’histoire illustrait un jeune homme, Pierre, plein d’espoir, débarquant à Broadway, le symbole de la réussite pour tous les artistes du monde entier voulant faire carrière. Pierre était accompagné de son fidèle compagnon: l’oiseau.

Puis le conte laissa la place à l’imagination de chacun. Beaucoup diront que le succès de Pierre l’a rendu aveugle, oubliant l’essentiel : l’amitié, en chassant l’oiseau. D’autres parleront de tragédie, puisque une fois l’oiseau décédé, Pierre se trouva bien seul et abandonna sa carrière…

J’en ai déjà trop dit! Une chose est sûre, c’est que nous avons tous pu voir et entendre le talent de Laurent Bortolotti, autant dans son rôle de comédien que de danseur, ainsi que la complicité entre la musique, la danse et le théâtre.

De la soupe à la courge entre autre, une soirée à la lueur des bougies frémissantes, de la musique entraînante, une histoire touchante, tout pour transformer monstres et démons d’Halloween en douceur poétique!

Photo Emma Willis