Chantal Bianchi et Thierry Crozat.

Orbe – Latulu? plongée dans les coulisses d’une création théâtrale

Chantal Bianchi et Thierry Crozat.

Chantal Bianchi et Thierry Crozat.

Un rendez-vous incontournable à La Tournelle

Les arTpenteurs qui présentaient sur deux soirées le texte de leur prochaine création (pour avril 2013) est un rendez-vous automnal incontournable du Théâtre de poche La Tournelle à Orbe. La trame ou synopsis, lu par son auteur et dramaturge, Jean-Claude Blanc, dévoilait la vie d’une femme: Louise Michel, figure majeure de la Commune de Paris et anarchiste au 19e siècle. La troupe était vêtue de noir, seul un œillet rouge (couleur sang ou celle de la révolution des Œillets) rehaussait leur costume. Pour tout décor: un encadrement suspendu, le mur blanc et un tableau noir, et face à la scène, le craquement des bûches, dans la grande cheminée, donnait une atmosphère pertinente à une lecture.

Lecture et gourmandises

Chantal Bianchi et Thierry Crozat développant sur la scène, la lecture interactive entrecoupée de pauses gourmandes par un clin d’œil culinaire du temps de la Commune, accordait une cadence étonnante à la soirée. Yasmine Saegasser lisait les écrits de Louise Michel que soulignait avec élégance l’accordéon diatonique de Corinne Galland.

La participation du public à la lecture du texte donnait une vision pertinente de la vie de cette femme. Sans oublier les chansons de l’époque des barricades qui réveillaient moult souvenirs dans la salle. Durant les pauses gourmandes, les comédiens échangeaient leurs impressions sur le champ avec les spectateurs.

Et puis, La Tournelle c’est…

…aussi une organisation exemplaire, des bénévoles qui s’activent, nantis d’un plaisir flagrant de participer à cette aventure, apportant à chaque convive avec un large sourire, les gourmandises concoctées par Philippe Gervaix et sa brigade culinaire!

Photo Marlène Rézenne

Florence Grivel, l’amour du chant.

Théâtre de la Tournelle: suis-je ce que j’écoute ?

Florence Grivel, l’amour du chant.

Florence Grivel, l’amour du chant.

Ce week-end de mi-novembre, la Tournelle présentait une création de et par Florence Grivel. Ce nom ne vous dit peut-être rien. Sachez que cette jeune femme est historienne de l’art, productrice des matinées musicales d’Espace 2, auteure de deux livres, entre autres. Elle aime la musique, chanter et le fait très bien. Ciseler les mots et vous les asséner, l’auto-dérision où chacun se retrouve et rit.

Dimanche, la Tournelle affichait «complet». Oui, la salle était bondée, on rajoutait des sièges, les gens montaient sur le dossier de leur chaise. La majorité était de fervents proches venus applaudir leur amie. On aurait peut-être pu attendre plus d’Urbigènes....

Tour de chambre avec moquette verte

Sur scène, juste une bergère pourpre légèrement surélevée. Florence Grivel, de noir vêtue, occupera l’espace et fascinera le public, sans aucun artifice autre que sa présence, sa voix et son regard vif et clair qui vous attrape. Pendant une heure, Florence nous emmène dans la bibliothèque sonore de son enfance et adolescence. Elle nous propose de la rejoindre dans des scènes, toujours liées à quelques notes de musique. Elle y mêle récit et voix. Par exemple Florence nous fait partager ses souvenirs de berceuse, lorsque, petite, sa mère lui chantait le refrain des parapluies de Cherbourg pour l’endormir. Véritable «capsule de sécurité». Et d’une belle voix juste, Florence d’interpréter magistralement cet air! Il y aura, parmi d’autres «l’amour ulcéré »qu’elle portait à Boris Vian à l’âge de 9 ans! Ceci nous vaudra une adaptation sensuelle, décapante et énergisante de «Fais-moi mal Johnny, Johnny». Toujours avec une impressionnante présence scénique.

Éponge à sons

Florence se présente comme une éponge à sons, et très probablement nous en sommes tous. On en revient au «Suis-je ce que j’écoute?» ou comment en trois petites notes, un air fredonné peut vous faire replonger dans le souvenir et dans la construction de la personnalité. Le public voit alors réellement la moquette verte de la chambre de jeune fille de l’artiste, les cornichons et petits oignons devant la télé, «cette crise mondiale personnelle» qu’a été la crise d’acné lors du premier bal.

Ce monde dans lequel nous entrons est aussi le nôtre. Florence Grivel confirme: «Je ne travaille qu’avec des évidences». Le tour de chambre nous parle et nous fait rire aux larmes tant la dame le dit juste et bien! Une personnalité à découvrir absolument!

Photo Catherine Fiaux

Fogg (2e à gauche) au Reform Club.

Baulmes: le Tour du monde en 80 jours

Fogg (2e à gauche)  au Reform Club.

Fogg (2e à gauche) au Reform Club.

Le Daily Telegraph nous annonce en avant-première que le Tour du monde en 80 jours fait halte à Baulmes jusqu’au 12 mai!

Drapeau anglais flottant à l’entrée de l’Hôtel de ville, l’immersion est immédiatement totale! Lors de l’apéritif offert à l’ouverture des portes, tous les participants à cette aventure théâtrale sont revêtus de somptueux costumes d’époque.

Le pari insensé d’un riche britannique, Phileas Fogg, d’effectuer le tour du monde en 80 jours accompagné de son valet, Passepartout, a inspiré la metteuse en scène Nadine Perusset qui a entraîné la troupe théâtrale de Baulmes dans cette folle aventure.

Pas moins de 20 acteurs et figurants, 47 tableaux et décors, 40 costumes, 8 mois de travail et de mise en place furent nécessaires pour mener à bien cette complexe entreprise (Omnibus du 13 avril 2012). Saviez-vous par exemple que le même comédien endosse jusqu’à 7 rôles, tous sexes confondus? Si, Sir Phileas Fogg, remporte son pari, la troupe de Baulmes remporte très largement le sien au vu de la deuxième représentation.

Un spectacle peaufiné jusque dans les moindres détails

Les quelque 40 costumes, illustrant les diverses étapes de nos héros britanniques, ont été conçus et cousus par Martine Morel et son équipe; c’est une merveille de perfection et de finitions ! Quant aux décors, ils représentaient un défi. Le tour du monde de Jules Verne implique une succession rapide de villes, de pays. Ceux-ci ne pouvait être mieux restitués que par un décor tournant imaginé et créé par Marc-Antoine Morel ! Ainsi, nous suivons de manière fluide nos héros partis d’est en ouest en train, en bateau. Phileas Fogg quant à lui, paraît plus british que baulméran, guindé et mécanique, il semble réellement avoir avalé son parapluie !

Humour et surprises

La gaieté est au rendez-vous, les clins d’oeil contemporains, le choix décalé de certaines musiques comme « Il était une fois dans l’Ouest» ou «New York New York» suscitent le rire. Le public souvent pris à partie, participe avec grand plaisir! Si pour Phileas Fogg, «l’imprévu n’existe pas», les surprises quant à elles sont bien au rendez-vous pour le spectateur ! Du music-hall, des claquettes, des éléphants, une collation avec les artistes et bien d’autres choses encore à venir sont absolument à découvrir à Baulmes jusqu’au 12 mai.

Photo Catherine Fiaux

Isabelle Cuche-Monnier relayera Sophie Mayor à la direction de la Tournelle.

Théâtre de La Tournelle: Sophie s’en va, Isabelle arrive

Isabelle Cuche-Monnier relayera Sophie Mayor  à la direction de la Tournelle.

Isabelle Cuche-Monnier relayera Sophie Mayor à la direction de la Tournelle.

Directrice du Théâtre depuis octobre 2008, Sophie Mayor quittera ses fonctions à la fin juin prochain. Elle a eu le bonheur d’être nommée à la tête de l’Echandole à Yverdon qui lui offre de plus grandes possibilités de s’exprimer avec des moyens très supérieurs à ceux du théâtre urbigène.

C’est pourtant avec regret que la citoyenne de Corcelles/Chavornay mais native d’Orbe s’en va. «Je me sens très urbigène et j’aime la Tournelle. Après avoir été administratrice de la Compagnie Extrapol de Porrentruy, j’ai choisi de venir ici pour animer une salle qui avait besoin d’un nouveau souffle. De dix spectacles, nous avons passé à 40 représentations annuelles depuis trois ans.

Grâce à l’appui du comité et notamment de sa présidente, Isabelle Cuche-Monnier, nous avons professionnalisé l’institution. En dehors des spectacles, le lieu est devenu vivant. Des cours, des ateliers (Dimanche sur les planches pour les plus jeunes), des répétitions, des lectures de contes avec la collaboration de la Bibliothèque ainsi que la création de deux troupes (Tournelle et Adonyme pour les ados) animent ces murs.

Je pars le cœur serré mais l’opportunité de diriger l’Echandole était trop alléchante. Je m’en vais avec le sentiment d’avoir rempli la mission qui m’était confiée et je me réjouis de savoir qu’Isabelle prendra le relais dans la continuité».

Amener le public à la culture

Ce passage de témoin s’est fait naturellement dans la mesure où Sophie et Isabelle étaient déjà en adéquation avec les buts à atteindre. D’autant plus qu’une nouvelle présidente, en la personne d’Alexandra Neuvecelle, a accepté de reprendre la charge d’Isabelle qui pourra entièrement se consacrer à sa nouvelle tâche.

«Notre vœu avec Sophie était de rendre le théâtre à la population qui ne semblait plus vraiment en adéquation avec celui-ci. Nous devons aller à la rencontre du public et l’informer de ce que nous faisons. Par exemple, nous avions travaillé avec les élèves de 8e VSO, l’an passé, et nous avons eu plaisir à les revoir pour le spectacle scolaire de cette année. Nous devons encore aller plus loin dans la démarche afin que le public s’intéresse davantage à notre travail et aux spectacles.

Comme nous allons intensifier la collaboration avec certaines structures locales comme la Commission Culturelle et des Loisirs, les écoles ou la Maison des Jeunes, etc».

Fille d’Arnex mais née au Mozambique, Isabelle Cuche-Monnier est aussi peintre-plasticienne et entend organiser des expositions dans un lieu où trois salles sont à disposition. Elle dit avoir six mois pour apprendre son nouveau job. Elle perpétuera le travail fait jusqu’ici, en offrant des «cartes blanches» à certains artistes comme ce fut le cas récemment. Il n’y aura pas de révolution mais la volonté d’apporter du plaisir au public et de l’initier toujours plus à la culture et à la création.

L’Omnibus souhaite bon vent à l’une comme à l’autre afin que le Théâtre de la Tournelle demeure un lieu incontournable de divertissements dans notre région comme l’Echandole d’Yverdon.

Photo Pierre Mercier

Pie Tshibanda fait chanter le public.

Pie Tshibanda: un migrant heureux

Pie Tshibanda fait chanter le public.

Pie Tshibanda fait chanter le public.

La grande salle du Casino a fait salle comble lors de la venue de cet humoriste congolais qui est arrivé en Belgique après avoir été menacé de mort dans son pays. Comme il le dit au début de son spectacle, Pie a été chassé de l’endroit où il était domicilié pour des raisons ethniques.
Ayant osé protester dans ce Congo Kinshasa, qui n’est pas un état véritablement démocratique, ce psychologue-écrivain a eu la chance d’être protégé par les Belges qui ont occupé ce pays pendant plusieurs années. Si le début de spectacle a permis de mesurer les conditions particulières qui règnent dans de nombreuses nations du continent noir, la suite fut plus amusante lorsqu’il a comparé les us et coutumes de l’Afrique par rapport à l’Europe.

On citera, pour illustrer le propos, le fait que l’on traite les Noirs de fainéants alors que l’on dit chez nous que «l’on travaille comme des nègres!». Beau contraste comme le sens de l’accueil qui est inné chez eux, beaucoup moins chez nous. Finalement, une belle occasion pour nous rappeler que rien n’est évident pour un réfugié, même si l’artiste d’un soir a été relativement privilégié par rapport à d’autres. Un spectacle qui a enchanté un public autant amusé qu’intéressé, dans une ambiance paisible et pleine de philosophie.

De l’uni au bus-école

En fait, Pie a été contraint seul de quitter son pays alors qu’il était âgé de 43 ans (en 1995). Il travaillait comme psychologue dans une mine où les conditions étaient très dures. En ayant osé défendre les gens de son ethnie, on ne lui a pas laissé le choix entre mourir ou s’exiler. Séparé de sa femme et de ses six enfants pendant six ans, il a ensuite été confronté à l’administration du Plat Pays qui lui réclamait des documents que le Congo n’accorde pas ou perd très facilement. «De mon mariage, je me souviens surtout que je suis allé avec mon père, muni de deux chèvres et de quelques poulets, demander la main de celle qui allait devenir ma femme.

Par bonheur, notre union a été sacrée par un prêtre belge et la photo de cet heureux événement a permis de dénouer l’affaire. Mais il aura fallu toute l’influence de personnalités belges pour bénéficier d’un regroupement familial» nous dit Pie. Dans son village du Brabant wallon, le demandeur d’asile n’a pas voulu demeurer à l’assistance sociale. Il a commencé par frapper aux portes de ses voisins pour se faire connaître. Ensuite, il est retourné à l’université pour entrer dans la faculté des sciences de la famille.

Puis il a obtenu un bus-école, de l’autorité locale, qui lui a permis de sillonner sa région pour dire aux enfants qu’il fallait avoir envie de faire les choses et non pas les repousser à des jours meilleurs. Un phénomène qu’il avait observé dans son pays d’accueil où les parents acceptent trop facilement le diktat de leurs progénitures alors qu’en Afrique, le respect des aînés est encore bien présent. Si Pie n’a pas poursuivi cette aventure, deux de ses voisins belges s’en occupent désormais. Car Pie a écrit entretemps un livre sur son parcours, titré «Un fou noir au pays des blancs». Le succès a été quasi immédiat et il s’est vu attribuer plusieurs récompenses. Au point qu’il a mis sur pied un spectacle référant qu’il a déjà présenté des centaines de fois et qui occupe tout son temps, dans plusieurs pays sauf au Congo Kinshasa où il risque encore sa vie.

Apprendre à se connaître

Avant de nous quitter, Pie Tshibanda a voulu nous rappeler deux principes. D’abord qu’il ne faut pas mettre une étiquette sur un être humain avant de l’avoir bien connu. Puis il cite un proverbe africain qui dit que «celui qui a froid, doit aller vers le feu». Ceci pour résumer la pensée de ces migrants noirs qui espèrent trouver chez nous ce qu’ils n’ont pas chez eux.

On ne terminera pas ce papier sans citer une dernière anecdote. Notre artiste avait oublié son vêtement de scène chez son hôte si bien qu’il a fallu trouver à la dernière heure une chemise africaine pour permettre à Pie de se produire dans son environnement habituel. Sacré gaillard mais personnage fabuleux que l’Aravoh nous a permis de voir dans le cadre d’une tournée en Suisse Romande qui s’est arrêtée à Orbe grâce à la Ciseroc (Commission d’intégration des étrangers d’Orbe et Chavornay).

Photo Françoise Monnier

Myriam Demierre

Ballaigues: Myriam Demierre et son Ecole des Mères

Myriam Demierre

Myriam Demierre

L’APE de Vallorbe, Ballaigues, Vallon du Nozon a eu l’excellente idée d’inviter Myriam Demierre vendredi passé au Centre villageois de Ballaigues pour qu’elle y présente son One Woman Show intitulé «L’Ecole des Mères».

C’est devant une salle quasi comble que le petit bout de femme qui a embrassé une carrière de comédienne et d’actrice il y a quelques années a surgi. Tantôt mère de famille facilement excédée par le quotidien, mais prétendant qu’elle «gère la situation», tantôt Françoise Genton, la maîtresse d’école du primaire vaudois à l’accent traînant et aux considérations affreusement formatées, l’artiste a dû mettre trente secondes pour arracher sans difficultés les premiers rires à la salle conquise, essentiellement féminine, mais parsemée cependant de mâles rieurs et d’enfants riant aux éclats.

Il faut dire qu’entre le cochon d’Inde incontinent, qui porte le joli nom de Roger et qui souhaite accompagner sa propriétaire en classe, et la corvée de plastification assez particulière des livres «offerts à l’élève par l’administration» à laquelle la mère de famille s’adonne alors que son époux dort devant une série américaine, le nombre de personnages campés par Myriam Demierre avec justesse, finesse et sagacité ne manque pas d’étonner par sa variété.

Un humour caustique, mais pas méchant, à considérer comme une cure rythmée d’introspection salutaire en toutes circonstances et pour tous les personnages présentés. A relever que Myriam Demierre vient de présenter son spectacle, créé en 2009 déjà, au Festival International du Rire de Bierges, en Belgique où elle représentait la Suisse.

La tournée continue, samedi 28 à Chexbres. Pour en connaître les détails, on peut consulter le site myriamdemierre.ch

Photo Olivier Gfeller

Les élèves de 8e et 9e, artistes aux facettes multiples.

Les élèves d’Orbe: comédiens, musiciens, chanteurs et danseurs

 

Les élèves de 8e et 9e, artistes aux facettes multiples.

Les élèves de 8e et 9e, artistes aux facettes multiples.

«Les élèves ont toujours tort, vous le savez bien!»

Mercredi dernier au Casino d’Orbe, ils nous ont pourtant prouvé le contraire en présentant sur scène leurs prouesses artistiques. Organisée par Serge Goy ainsi que d’autres enseignants, cette soirée avait pour but de réunir les élèves de 8e et 9e années pour créer ensemble un spectacle où chacun avait la possibilité de s’exprimer soit par la musique, la danse ou la comédie.

Cette soirée marquait la fin d’une semaine de festival scolaire se déroulant chaque jour à la pause de midi au Casino, des productions de 5e et 9e s’y succédant. Les adolescents ont répété avec plaisir tous les midis pendant plusieurs semaines afin de dévoiler leurs talents respectifs à leurs parents, frères, sœurs et amis venus nombreux ce soir-là.

Un spectacle riche en performances artistiques

La soirée commençait par différents sketchs joués par une quinzaine d’élèves rassemblés dans le salon d’une maison de vacances. Parmi les habitants, citons notamment Marie Torou; une jeune fille un peu loufoque avec de gigantesques lunettes roses qui ne souhaite pas se mêler aux autres colocataires car elle s’estime plus cultivée qu’eux, rien que ça! Mais, c’est sans compter sur le psychiatre qui ramène tout à des théories, mais qui ne connaît pas de réels succès auprès de ses patients et Samuel, le dragueur de ces demoiselles.

Puis, plusieurs duos de guitare et de chant ont repris les morceaux cultes de Téléphone, de Saez ou encore d’Oasis. Suite aux événements de Fukushima, c’est avec émotion qu’une élève a chanté un titre en japonais. Une autre jeune fille a ensuite interprété au piano deux compositions d’Yann Tiersen, connu notamment pour la bande-originale du film Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain.

De plus, deux jeunes gens ont dansé du hip-hop alors que d’autres récitaient des poèmes. Les spectateurs ont eu beaucoup de plaisir à assister aux Arts de la scène qui alliaient de multiples formes artistiques, le tout présenté par des élèves enthousiastes et talentueux.

Photo Valérie Beauverd

Les ArTpenteurs en scène

Des élèves au théâtre

Les ArTpenteurs en scène

Les ArTpenteurs en scène

De la lecture imposée au sujet d’examen

Il n’y a pas très longtemps, la troupe des ArTpenteurs avait présenté à la Tournelle son adaptation théâtrale du fameux livre de Roy Lewis Pourquoi j’ai mangé mon père. Et c’est avec cette même adaptation théâtrale interprétée par Thierry Crozat et Daniel Monnard, deux acteurs multifonctionnels, que plus de 130 élèves des classes de 9e et 8e de l’établissement scolaire de Baulmes Chavornay-Orbe ont passé une partie de leur vendredi matin.

Cet événement constituait le prolongement de la lecture du livre et, dans une forme agréable, ce qui pourrait bien constituer, pour certains d’entre eux, un sujet d’examen en fin d’année scolaire. Pour d’autres, qui pratiquent le théâtre – voir l’article de Katy Josi dans l’Omnibus du 11 février – dans leurs branches à option, ce fut une agréable manière de suivre un cours en direct.

Des thèmes qui interrogent

Au travers d’une fresque imaginant des hominidés du Pléistocène qui se chamaillent pour savoir quel est le sens du progrès technique, il y a sans doute là une sorte de fable à lire dans deux dimensions différentes. L’une est historique et amusante et l’autre plus philosophique et qui reflète les interrogations actuelles d’une société de consommation cherchant un nouveau mode de croissance plus doux et exempt de certains dangers technologiques.

Des réactions contrastées

Si pour Stéphanie et Rayan, deux élèves de 8e pratiquant le théâtre, c’est une matinée qui les a ravis, alors que ni l’un ni l’autre n’ont eu l’occasion de lire l’ouvrage au préalable, il n’en est pas allé de même pour deux autres élèves de 9VSO et 9VSB. Joaquim n’a pas fini le livre et a trouvé la pièce pas bien intéressante. «Je mettrais 4 sur 10», ajoute-t-il, visiblement sans enthousiasme, alors que son camarade Julien trouve «qu’avec deux acteurs, ce n’est pas suffisant pour monter une telle pièce». De son côté, Jérôme, un autre élève de 9e, a trouvé que «l’adaptation correspondait bien au livre et au sens que voulait donner l’auteur à son récit».

Finalement, peu importent les réactions. Le livre et la pièce dérangent. Ils trouvent aussi bien leurs supporters que leurs détracteurs dans le monde des adultes. Et l’expérience était en toute hypothèse enrichissante pour les élèves.

Photo Olivier Gfeller

Daniel Mader, metteur en scène, Marion Ferrari, Willy Lindanda, Anne-Marie Berthoud, Roberto Ferrari, Sylvie Combe, Jérémie Combe et Laura Bönzli.

Orbe – La Bergère: des rires … à en pleurer

Daniel Mader, metteur en scène, Marion Ferrari, Willy Lindanda, Anne-Marie Berthoud, Roberto Ferrari, Sylvie Combe, Jérémie Combe et Laura Bönzli.

Daniel Mader, metteur en scène, Marion Ferrari, Willy Lindanda, Anne-Marie Berthoud, Roberto Ferrari, Sylvie Combe, Jérémie Combe et Laura Bönzli.


Un beau succès pour La Bergère avec «Les drôles de vacances».

La nouvelle pièce de théâtre de La Bergère, donnée en fin de semaine passée, était très bien jouée et drôle à souhait.

Une réussite

La sœur de Dominique a loué une villa pour quatre sur la Côte d’Azur. Mais à peine arrivé, Jacques, son mari, y trouve la secrétaire avec laquelle il a couché et la femme qu’il a connue il y a trente ans et il découvre qu’avec elle, il a eu une fille, qui est dans la villa avec son copain qui l’a mise enceinte…
Un vrai cauchemar vaudevillesque pour ces vacanciers qui parlent ensemble, mais pas des mêmes personnes ou des mêmes choses pour un méli-mélo gigantesque. On ne sait plus qui est fou ou pas, qui a loué la villa pour un mois et qui est l’amant de qui !

Belle mise en scène

Comme à son habitude, Daniel Mader a su donner vie aux personnages, de la pièce de Francis Joffo, avec maestria. Les temps morts n’ont pas été nombreux et il fallait bien suivre pour saisir toutes les mimiques et les subtilités du texte, car il en était truffé et le nombreux public venu écouter avait mal au ventre de rire à l’issue du spectacle. Les décors et les costumes étaient en accord parfait avec la pièce. Le public était ravi et conquis par le travail de la troupe de théâtre de la Bergère.

Cette société de chant a repris les répétitions, sous la nouvelle direction de Corinne Tschumi et prépare le giron, puis continuera le travail pour la future soirée commune avec l’Echo du Suchet au début 2012. Et pour l’immédiat, on peut signaler leur loto le 11 février 2011.

Photo Marianne Kurth

Samuel Gay en discussion avec Pie Tshibanda.

Vallorbe: un fou noir au pays des blancs

Samuel Gay en discussion avec Pie Tshibanda.

Samuel Gay en discussion avec Pie Tshibanda.

En ce samedi soir 15 janvier, tous les bancs de l’église catholique de Vallorbe sont occupés par un public nombreux, curieux de découvrir ce «Fou noir» dont les passages à Berne, Gland et Morges ont rempli les salles.

Pie Tshibanda, conteur congolais exilé en Belgique, entraîne son auditoire dans 4 histoires.

Psychologue à ses heures perdues, cet écrivain, doublé d’un conteur hors pair, a rapidement trouvé les mots pour entraîner son public, avec un humour désarmant, dans les méandres et mésaventures rencontrées par un immigrant débarquant en Europe, ou en Belgique pour son cas particulier.

Avec une grande sensibilité, Pie Tshibanda oscille en permanence entre l’humour et le souci de donner sa voix aux «sans-voix» qui nombreux cherchent à rejoindre nos contrées.

Mettre des bons mots accompagnés d’humour sur des sujets aussi délicats que l’accueil de l’autre, des préjugés nombreux, permet à chacun de comprendre un peu mieux la problématique de l’accueil des étrangers, tel que la cité du fer la vit quotidiennement.
Nous le citons : «Il est étonnant de voir que l’on soupçonne rapidement un noir d’être un flemmard, mais que l’on dit d’un blanc très travailleur «Il travaille comme un nègre!»

Ce spectacle a une fois encore démontré la force de l’humour et de la sensibilité pour faire passer un message. Ceci était le but de l’ARAVOH (Association auprès des Requérants d’Asile Vallorbe Œcuménique et Humanitaire) organisatrice de ce spectacle et qui se soucie quotidiennement de l’acceptation des nombreux réfugiés qui transitent par Vallorbe.

Un vin chaud servi à la sortie du spectacle a permis à chacun de continuer la discussion et de pouvoir approcher le conteur.

Photo Françoise Monnier

Sophie Mayor, narratrice; le chat; le renard; Ulyssse fait le merle; Sylvie Gehringer est Mangefeu et Gilles Parent le Pinnocchio.

LaTuLu? Pinocchio, conte philosophique intemporel

Sophie Mayor, narratrice; le chat; le renard; Ulyssse fait le merle;  Sylvie Gehringer est Mangefeu et Gilles Parent le Pinnocchio.

Sophie Mayor, narratrice; le chat; le renard; Ulyssse fait le merle; Sylvie Gehringer est Mangefeu et Gilles Parent le Pinnocchio.

Orbe – Lecture gourmande à la Tournelle

Qui ne connaît pas les balades gourmandes qui fleurissent un peu partout, celle d’Arnex en septembre par exemple ? Mais qui a déjà fréquenté une lecture gourmande ? Ce concept très original, développé par la compagnie des arTpenteurs et la Tournelle, consiste à lire, découvrir un texte tout en dégustant des petites gourmandises tout en finesse.

Samedi soir au Théâtre de La Tournelle à Orbe, dans d’agréables effluves, les convives, spectateurs étaient aussi les acteurs de la lecture. «Pinocchio» de Carlo Collodi avait été choisi par la Compagnie des arTpenteurs (Corcelles-sur-Chavornay) associée à la Compagnie Pied-de-Biche (Lausanne). Ils vont le monter l’année prochaine dans le petit chapiteau des arTpenteurs et partiront en tournée en Suisse romande, ils viendront à Orbe les 14 et 15 mai sur l’Esplanade du Château invités par la Commission Culturelle d’Orbe et la Tournelle.

Une lecture, pas si simple!

Une lecture, ça peut paraître simple à priori, mais, en fait, tout un travail avait déjà été effectué en amont. Évidemment le choix des passages, mais aussi l’adaptation du conte en forme théâtrale, la sélection des personnages, leurs costumes et accessoires, les décors, la lumière… Les spectateurs-acteurs étaient très bien entourés par les acteurs professionnels et les deux metteurs en scène, Thierry Crozat et Frédéric Ozier.

Une introduction détaillée par les metteurs en scène et le dramaturge, Jean-Claude Blanc a permis de se faire une idée du contexte et des enjeux. Il y a énormément à dire sur ce conte, sur la philosophie des personnages .

Sans oublier les gourmandises de Phillippe Gervaix (et toute son équipe), servies entre deux scènes. Entre autres: la mousse de Saint-Jaques au citron vert, la soupe de courge au sot-l’y laisse, la mousse de café sur panacotta amaretto… Ces intermèdes gustatifs étaient également musicaux avec Corinne Galland à l’accordéon. Un moment très chaleureux, ludique et convivial à la fois.

Photo Natacha Mahaim

Lionel Frésard, Gérald Perreira et le profil d’Eric Masserey très attentif.

Lecture de «Retour aux Indes»

Lionel Frésard, Gérald Perreira et le profil d’Eric Masserey très attentif.

Lionel Frésard, Gérald Perreira et le profil d’Eric Masserey très attentif.

La journée «portes Ouvertes» de la bibliothèque de la région d’Orbe s’est terminée par une lecture au théâtre de La Tournelle qui s’était associé à cette journée.

Autour de la cheminée, un comédien, Lionel Frésard et un musicien, Gérald Perreira, à la basse électrique, ont interprété le dernier ouvrage d’Eric Masserey, «Retour aux Indes».

En présence de l’auteur et l’éditeur du livre Bernard Campiche, les deux artistes se sont attachés à nous faire revivre le récit. C’est le comédien qui a lui-même choisi les extraits. L’accompagnement à la basse créait une atmosphère particulière qui se prêtait au texte, qui se déroule au XVIe. Sur un écran, les dates et les lieux étaient indiqués pour situer les passages choisis.

Pour les spectateurs:  ceux qui avaient déjà lu le livre ont été surpris de le découvrir sous un angle différent et cette lecture a donné envie aux autres de s’y plonger.

Quant à l’auteur, il trouve que c’est un privilège d’entendre son propre texte ainsi et s’est dit surpris, mais pas du tout de manière négative, par les extraits choisis.

Photo Natacha Mahaim