L’Ensemble Cristofori entoure son chef.

Orbe CCLO: escapade au paradis musical

Elle a bien fait, Constance, de conserver précieusement une pile de manuscrits des concerti pour piano de Mozart dans une armoire, et surtout de les en extraire 10 ans après la mort de son illustre époux pour les faire éditer. La CCLO, de son côté, a terriblement bien fait aussi de convier l’Ensemble Cristofori et son chef Arthur Schoonderwoerd, le spécialiste européen du piano-forte, pour qu’ils consacrent un de leurs concerts du 11e Festival «Musiques en Mosaïques» de Besançon-Montfaucon au public urbigène. Dimanche après-midi au temple, tout concourait pour engendrer un moment de rêve. Un rêve qui s’est réalisé.

Un soliste majeur entouré d’une petite dizaine d’instrumentistes triés sur le volet pour délivrer à un public ébahi une interprétation envoûtante de trois concerti de Mozart pour piano, interprétés sur le piano-forte ancien d’Arthur Schoonderwoerd. Le «Jeunehomme KV 271» tout d’abord, suivi du KV 413 et du KV 414. «Les cordes du piano-forte sont longitudinales et non croisées, contrairement à celles de son descendant le piano moderne dont les cordes sont croisées et obliques.

Cette position permet aux registres de mieux se détacher dans les harmonies d’ensemble» expliquait Arthur Schoonderwoerd dans sa présentation du concert. 90 minutes après, force était de constater que d’une part, son instrument ressortait parfaitement d’un mélange savant de sonorités chaudes et travaillées, et qu’en effet, l’expressivité offerte par le piano-forte sous les doigts du maître dépassait en finesse celle du piano moderne. Un grand moment de béatitude musicale offert par un groupe d’artistes que le public a très chaleureusement remercié par des applaudissements nourris et enthousiastes.

Échanges transfrontaliers

A cette occasion, la commune d’Orbe a reçu les autorités de Montfaucon, avec lesquelles elle partage les mêmes armoiries qui remontent à l’époque où la cité urbigène était sous domination bourguignonne. C’est avec plaisir et chaleur que des échanges ont eu lieu qui pourraient déboucher sur d’autres manifestations communes. En relevant enfin que la cinquantaine d’hôtes d’outre-Jura ont apprécié grandement la localité et ses mosaïques romaines et imaginent revenir dans une région dont ils découvraient le charme.

Plus de 350 chanteurs qui prennent le temps de chanter comme l’a dit Charles Trenet.

Bavois: Giron très réussi !

Du Jura en Alaska, de la ballade à la messe, tous les rythmes y étaient. Qu’ils soient jeunes ou moins jeunes, figés par le trac ou qu’ils se balancent, tout sourire où n’ouvrant qu’à peine la bouche, ils n’ont qu’un but: se faire plaisir en chantant!

Bien sûr, les critiques musicaux ont des annotations à transmettre aux 12 sociétés qui ont participé. En général, il faut travailler les voix, mieux articuler et progresser. Il y a eu quelques canards ou oublis qui ont passé dans l’ombre de la scène, mais rien de grave, au contraire le concert de samedi après-midi, largement suivi par le public, a été grandement apprécié.

Un attelage a ensuite emmené tout ce monde en haut du village pour un très beau final, avec la complicité de Christelle Muth au piano. Les chœurs d’enfants, avec Magali Ibram et Corinne Tschumi en solistes, les chœurs mixtes et hommes, sous la direction de Jean-Marc Poulin, directeur de Bavois, ont exécuté les chants d’ensemble. Puis les quelque 350 chanteurs ont terminé cette partie enchanteresse sous les oreilles de Patrick Bron. Celui-ci, qui a créé la pièce avec Emile Gardaz, l’a adaptée pour les chœurs d’ensemble du
81e Giron Choral de la Plaine de l’Orbe.

Sous le regard des pies, le délicieux souper s’est déroulé dans la bonne humeur. De sympathiques épisodes ont narré, avec beaucoup d’humour, la vie de ce village paysan. Les chanteurs ont imaginé les tracteurs perdant parfois les pédales et où les billets de train donnent de la dysenterie cérébrale...
L’Avenir de Bavois va pouvoir souffler un peu avant de reprendre ses prochains concerts notamment avec le Chœur de l’Amitié le 29 mai et en juin, ils se rendront dans la région de Champagnole en France.

Le passage dans l'émission

Chanson: le triomphe d’une jeune Chavornaisanne à Paris

L’un après l’autre, les fauteuils rouges ont pivoté d’un demi-tour. Celui de Mika d’abord après quelques secondes puis le siège de Florent Pagny, celui de Garou et enfin le fauteuil de Zazie. Les compliments fusent. «Super! Quelle belle énergie! On voit que tu as absolument besoin de chanter. C’est rafraîchissant!» «Tu te maquilles avec ta voix. Il y a là un diamant.» poursuit Zazie.

Et Mika de reprendre: «Tu sais provoquer l’émotion. Ta voix a énormément de relief.» Et Garou de renchérir: «Tu maîtrises ta chanson. Tu es complètement impliquée. Tu peux faire n’importe quoi!» «Qui es-tu?» Le visage expressif de la jeune femme est illuminé d’un grand sourire. «Je m’appelle Amandine. Je viens de Suisse.» Elle avait glissé, juste avant d’entrer sur le podium: «J’ai la tremblote.» Amandine a fait preuve d’un aplomb remarquable. D’emblée, elle a charmé les quatre coaches et le public.

Avec Florent Pagny

Fait inattendu, Mika quitte le plateau. Il part à la recherche des proches d’Amandine et s’adresse à ses parents: «Elle est fabuleuse! Il faut qu’elle rejoigne mon groupe!» Accompagné donc d’une demi-douzaine de personnes, il revient sous les feux des projecteurs. Amandine rit, très à l’aise sur scène et dans ses propos. «On n’a jamais vu ça à The Voice» lance quelqu’un. Amandine doit choisir celui qui l’intégrera dans son groupe. Mika est sûr de son coup. Finalement c’est vers Florent Pagny qu’elle se tourne.

Voilà la jeune professeur de musique sur le devant de la scène! Plusieurs millions de spectateurs ont découvert sa présence extraordinaire et sa voix inimitable. C’est qu’Amandine a suivi des master classes de théâtre à Paris avec le soutien de la Fondation Little Dreams d’Orianne Collins. Née à Chavornay il y a 24 ans, elle a grandi dans le bourg de la plaine de l’Orbe. Un public suisse, français et londonien a déjà été impressionné par le talent et l’originalité de cette auteur-compositeur-interprète romande.

Un métier de rêve

«On a mis une semaine pour se remettre!» glisse Claude, le père. «On est sur quelle planète? Serrer la main de chanteurs confirmés! Se retrouver ainsi sur le plateau d’une émission prestigieuse avec notre fille qui nous a procuré un tel bonheur! C’est tout simplement extraordinaire! Amandine était stressée; elle a fait quelques respirations et lorsque la musique a commencé, elle s’est immergée dans sa chanson et a donné le meilleur d’elle-même.» Sa générosité, son enthousiasme, son charisme ont séduit.

C’est en mars lors des «battles» que la jeune femme montera à nouveau à Paris, bien décidée à poursuivre l’aventure. Pour l’heure, elle a repris le chemin de Château d’Oex où l’attendent des élèves si fiers de leur maîtresse de musique. Les quittera-t-elle ainsi que ceux d’Apples pour embrasser cette carrière de chanteuse qui lui ouvre grand les bras? «Je m’en voudrais si je n’avais pas essayé de faire mon métier de rêve.» The dream may be true. The Voice est un formidable tremplin!

© Crédit Photo Patric Carpentier/Shine/Bureau 233/TF1

Arnex: le cirque qui dérange

L’affaire a déjà fait grand bruit dans la presse régionale et pourtant c’est toujours le statu quo. L’Ecole de cirque du Talent à Arnex est censée fermer les portes de ses locaux sis dans la zone artisanale.
C’est le cœur gros et la voix tremblante d’émotion que Steven Carroli et Leticia Carroli-Schwyn disent leur incompréhension face aux mesures prises par la municipalité. Tout avait pourtant bien commencé lorsqu’au printemps ils ouvraient les portes de leur halle à une soixantaine de jeunes élèves pour leur apprendre les arts du cirque. Parents et enfants étaient ravis de trouver ici une aussi belle activité. Pourtant les autorités ne le voient pas de cet œil. Selon elles, l’école de cirque n’est pas une activité artisanale, elle n’a donc pas sa place dans cette zone.

Il est également reproché au jeune couple de ne pas atteindre un niveau suffisant de sécurité que ce soit au niveau du trafic des véhicules sur le chemin sans-issue ou sur le parking, ainsi que sur les installations aériennes telles que les trapèzes. On redoute aussi des nuisances causées par la musique. Autrement dit on ne veut pas d’eux dans le village. «Ce n’est pas faute de les avoir avertis de notre arrivée et de la nature de notre activité» commente Leticia Carroli-Schwyn. La missive ne leur a pourtant été transmise que deux mois après le début des cours.
Bien qu’il semble difficile de trouver un texte de loi qui justifie une telle décision. Il leur a fallu faire recours et porter l’affaire devant le Tribunal Cantonal Administratif.
Ces deux passionnés ont longtemps sillonné les chapiteaux du monde en tant qu’artistes ou techniciens. Car dans le cirque, il faut être polyvalent. Mais pas question de faire l’impasse sur la sécurité. «On ne peut pas se permettre d’être dans l’à peu près quand il s’agit de la sécurité des enfants que l’on nous confie.» Assure Leticia Carroli-Schwyn, maman d’une petite fille de deux ans. Comment peut-on alors mettre en doute le sérieux et les compétences de ces deux professionnels qui ont mis toutes leurs économies et leurs tripes dans ce projet!
Soutenus par les parents d’élèves et par un grand nombre d’Arnésiens, les Circassiens espèrent un revirement de situation. Afin de pouvoir continuer à faire briller les yeux des enfants du coin.

La Chapelle Vocale de Romainmotier

Vallorbe: concert de l’Avent, sobriété et passion au service de la musique

Traditionnellement, la paroisse protestante de Vallorbe organise chaque année un concert de l’Avent. Pour celui qui a eu lieu dimanche soir, c’est la Chapelle Vocale de Romainmôtierqui en était l’invitée, sous la direction de Michel Jordan. Avec en prime la présence musicale de Sébastien Hangartner, organiste titulaire de la paroisse. Le temple n’a pas mis longtemps à se remplir presque complètement à l’heure du concert et les absents ont eu tort, une nouvelle fois. Le programme était presque exclusivement consacré à la famille Bach.

On a en effet pu apprécier, entre autres, deux Motets à 2 chœurs de Johann Ludwig Bach, plusieurs pièces pour orgue seul de Jean-Sébastien Bach, les 8 Variations pour orgue de Andreas Kneller «Nun komm der heiden Heiland».

Le public s’est offert un bis

En fin de concert, c’est le Motet pour Chœur et orgue BWV 230 «Lobet den Herrn alle Heiden» entouré d’un prélude et d’une fugue du Cantor de Leipzig qui ont résonné dans le public attentif. Le public a vivement apprécié les prestations musicales offertes tant par le Chœur que par l’organiste. A relever en particulier l’interprétation délicate et subtile des 4 Motets pour le temps de Noël de Francis Poulenc, qui détonnait dans cette atmosphère géométrique si chère à la famille Bach. Les Variations pour orgue de Kneller, moins connues, mais qui ne manquent pas de parenté avec la famille Bach et l’époque, ont été une nouvelle occasion pour Sébastien Hangartner de démontrer sa virtuosité et sa musicalité.

Michel Jordan n’avait pas prévu de «bis». A sa place, il a fait chanter à l’assemblée un «Voici Noël» qui ne manquait pas de tenue.

Lionel Rogg

Lionel Rogg en apesanteur

Lionel Rogg

Lionel Rogg

Lionel Rogg a profité de sa présence au cours d’interprétation qu’il donne actuellement avec Guy Bovet à Romainmôtier pour présenter à l’Abbatiale un concert de musique baroque d’une très haute tenue.

Celui qui fut professeur de fugue et d’orgue au Conservatoire de Genève pendant plus de 40 ans et qui a enregistré, entre autres et à plusieurs reprises l’oeuvre complète de Bach pour orgue, notamment chez Harmonia Mundi, a enchanté un public de connaisseurs et de passionnés dimanche après-midi.

Débutant son programme avec une Chaconne de Pachelbel durant laquelle on le sentait littéralement transporté, il a poursuivi avec le Gloria pour la Messe des Paroisses de Couperin, et par le Ricercare à 6 voix de l’Offrande musicale du cantor de Leipzig, cette pièce si chargée en symboles et sans doute parmi les plus abouties de Bach. Le manuscrit de cette pièce comporte une portée de notes pour chacune des 6 voix, chaque portée ayant sa propre armature et sa propre clé. Des difficultés supplémentaires que Lionel Rogg semble tout simplement survoler tant sa maîtrise de l’instrument est grande. Un grand moment de musique conclu par une composition de l’artiste écrite en 2012 : Sunset Nocturne Sunshine.

Prochains concerts d’orgue : les dimanches 28 juillet, 4, 11 et 18 août. Le 25 août avec le Collegium Vocale de Saint-Gall. Détails sur concerts-romainmotier.ch

Romainmôtier se laisser emporter

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Un maître, l’organiste Luigi Ferdinando Tagliavini

Comme chaque année, depuis plus de 30 ans, ont lieu à Romainmôtier les cours d’interprétation d’orgue pendant la deuxième quinzaine de juillet. Ils regroupent les organistes les plus grands, les plus titrés de l’ensemble de la planète. On en entend peu parler, tant il est vrai qu’il s’agit d’une rencontre de professionnels parmi les meilleurs.

Et que, en toute franchise, au vu de leur discographie et de leurs titres, ils n’ont nul besoin de publicité. Le côté merveilleux de ces cours est qu’ils ne s’adressent pas seulement aux meilleurs soucieux de perfectionner ce qui peut encore l’être, mais également aux organistes du rang.

En mémoire de Marie-Claire Alain

Quoi qu’il en soit, ce premier concert d’orgue était dédié à la mémoire de Marie-Claire Alain, immense organiste malheureusement décédée ce 26 février 2013.
La solennité de Couperin a donné un agréable contraste après les notes virevoltantes et papillonnantes de Girolamo Cavazzoni. On est loin du «Tombeau» avec ces instants qui fleurent bon l’été, l’insouciance et le foin qui sèche au soleil.

Le final vivaldien a permis de se laisser emporter bien au-delà des voûtes de l’Abbatiale vers la joie et la lumière. Qui d’autre que le rouquin italien à moitié débauché peut être capable d’une telle explosion de joie!

La joyeuse troupe de l’Atelier Danse Expression de Pompaples et son mentor Sylviane Thilo.

Pompaples: « Musique-danse-projets », un spectacle prometteur

La joyeuse troupe de l’Atelier Danse Expression de Pompaples et son mentor Sylviane Thilo.

La joyeuse troupe de l’Atelier Danse Expression de Pompaples et son mentor Sylviane Thilo.

Les enfants et les adolescents de l’Atelier Danse Expression de Pompaples proposaient à la salle villageoise, il y a dix jours, une démonstration de leur travail de création chorégraphique et théâtrale. Un joli spectacle composé de variations improvisées sur des enchaînements de mouvements donnés, d’un sketch réécrit, arrangé et décoré par les enfants et d’une chorégraphie de leur cru sur le célèbre gangnam style; le tout léger, gracieux, précis et parfois désopilant, devant un public choisi et enthousiaste.

Mais ce n’est qu’un tour d’essai. Après leur spectacle Ici ou là, l’année dernière aux anciens moulins d’Orbe, l’Atelier Danse rejoint, avec l’Ecole de musique d’Eclépens, le huitième spectacle de l’association Musique-danse-projets : une production d’envergure, sur un thème historico-cocasse, qui sera donnée à six reprises l’année prochaine, à l’occasion du 1200e anniversaire d’Eclépens. Avec le concours de l’Ecole de Musique de Cossonay et de nombreux professionnels et amateurs, la comédie musicale et dansée s’annonce haute en couleur.

D’ores et déjà, les deux directrices, Nicole Soares et Sylviane Thilo, proposent aux jeunes de 10 à 18 ans de la région de s’inscrire à l’un des modules de musique, de percussion corporelle, de danse ou de théâtre, qui commencent cet automne.

Renseignements: www.musique-danse.ch. 021 866 72 92 ou 021 866 75 05. Les modules auront lieu dès septembre 2013 le mercredi après l’école) et/ou le samedi matin.

Frédéric Hostettler faisant déguster un rouge.Frédéric Hostettler faisant déguster un rouge.

Valeyres : vins et poteries à l’unisson dans le parc

Frédéric Hostettler faisant déguster un rouge.Frédéric Hostettler faisant déguster un rouge.

Frédéric Hostettler faisant déguster un rouge.

La cave du Château de Valeyres a organisé ce 2e week-end de juin sa traditionnelle dégustation. Sur la terrasse, 12 vins de qualité offerts aux palais des visiteurs. Les 3 crus de la gamme «Confidentiel», création à 4 mains de Benjamin Morel et Frédéric Hostettler, n’étant quant à eux disponibles que dès novembre. De délicieux petits fours maison accompagnent parfaitement le tout. Les enfants s’ébattent dans le parc pendant que les adultes dégustent.

Un cadre hors du temps pour de merveilleux vins

Faut-il le répéter, le lieu est privilégié. Devant la vieille demeure à l’architecture italienne, le parc fleuri et richement arborisé fournit un écrin intemporel à l’événement. Depuis trois générations, c’est une histoire de famille au Château! Benjamin accompagné de Frédéric s’emploient à faire perdurer cet héritage. La philosophie est de produire des vins authentiques ayant de la personnalité. Clairement, leurs vins plaisent! Benjamin et Frédéric insistent néanmoins sur l’importance de rester humbles!

Sur la terrasse, les femmes et les chats de Sandrine

Sandrine Soldini sculpte la terre et donne des cours dans son atelier aux Moulinets 4 à Orbe. Là, sur la terrasse du Château, la jeune femme expose ses pots avec, ici un chat qui guigne, là une petite bonne femme élégamment juchée sur le rebord. Femme ou animal? La frontière reste floue. Ses longues dames fuselées s’allient harmonieusement au cadre. Pour l’occasion, l’artiste a sculpté d’adorables et pensives demoiselles installées sur des ceps de vigne. Faire le lien avec le thème du vin. La terre étant bien à la base de tout!

Photo Catherine Fiaux

Les Nørn inaugurent les Printemps Musicaux

Norn trio

Voilà dix ans, à l’occasion d’un festival au Théâtre de la Tournelle, le trio vocal Nørn voit le jour autour d’une idée incroyable : Anne-Sylvie Casagrande, Edmée Fleury et Gisèle Rime inventent une civilisation, sa langue et sa musique, et elles s’en font les troubadours, créant un monde onirique et étrangement familier. Anne-Sylvie Casagrande compose la musique et les mots de leur langue, et le voyage commence.

Toujours pieds nus, elles offrent des centaines de spectacles dans les lieux les plus inattendus, mêlant passé et avenir, réel et imaginaire, envoûtant les publics les plus variés de leurs voix surnaturelles.

Des glaces du nord, elles sont arrivées au plus profond de l’océan avec le spectacle IOD, qu’elles ont offert vendredi dernier à la Salle des Chevaliers, dans une intimité magique. Offert, oui, car le public, ce soir-là, emporté par le rire et les larmes, a eu l’impression de recevoir un cadeau précieux.

Du pointu au guttural, de la corne de brume au chant des oiseaux du paradis, les trois voix se sont mêlées au point de n’en faire qu’une, pour raconter l’histoire des premières eaux, du déluge, de la femme et de la naissance, des civilisations englouties qui peuplent encore le fond de notre mémoire. Tour à tour inquiétantes, tendres, provocantes, fragiles, mutines, elles créent presque instantanément un espace à l’air libre, l’acoustique d’une cathédrale virtuelle, d’une grotte, d’une falaise, rendant les sons presque visibles. Un exorcisme magnifique pour le printemps paresseux.

www.printempsmusicaux.ch - Prochains concerts, ce soir et demain: jeunes espoirs de l’Académie de Monaco.

L’Ensemble Bis avec, en premier plan, les solistes: Catherine Rouard, Christine Crépon-Piguet, le ténor Marius Marcu et la basse Matthias Seidl-Stollberg.

Orbe: l’Ensemble Vocal Bis au Temple

L’Ensemble Bis avec, en premier plan, les solistes: Catherine Rouard, Christine Crépon-Piguet, le ténor Marius Marcu et la basse Matthias Seidl-Stollberg.

L’Ensemble Bis avec, en premier plan, les solistes: Catherine Rouard, Christine Crépon-Piguet, le ténor Marius Marcu et la basse Matthias Seidl-Stollberg.

En clôture de la Foire aux Saveurs et Senteurs, la Commission Culturelle d’Orbe a proposé la petite messe solennelle de Rossini par l’Ensemble Bis dimanche en fin d’après-midi.

Le Temple d’Orbe est parfait pour ce genre de répertoire, il y a un public relativement fidèle qui est venu nombreux. Certes la visibilité n’est pas très bonne si on n’est pas venu tôt, mais la sonorité est agréable partout. Cette petite messe fut composée en 1885, soit trois ans avant la mort de Rossini, une sorte de chant du cygne qu’il dédicaça au Créateur.

L’Ensemble Bis vient de Lausanne et est composé d’une cinquantaine de choristes, dirigé par Olivier Piguet. Pour ce morceau, ils se sont associés à quatre solistes, un pianiste et un organiste. A noter que la soliste soprano, Catherine Rouard a habité longtemps à Valeyres-sous-Rances (et est toujours abonnée à l’Omnibus...), les quatre solistes et les musiciens sont des professionnels.

Autant le choeur que les solistes ont impressionné par la qualité de la prestation. Une cinquantaine de chanteurs qui exécutent avec justesse et précision leur partition, donnent un effet d’ensemble remarquable. Ils ont été longtemps applaudis, et malgré leur nom n’ont pas fait de bis...

Photo Natacha Mahaim