De g. à dr.: l’ancien syndic et père du projet Serge Juriens, et le préfet Albert Banderet.

Vuiteboeuf: de l’eau potable pour plusieurs générations

De g. à dr.:  l’ancien syndic et père du projet Serge Juriens,  et le préfet Albert Banderet.

De g. à dr.: l’ancien syndic et père du projet Serge Juriens, et le préfet Albert Banderet.

 

Vendredi passé, quelque part dans le vallon de la Baumine, à l’ombre d’une butte en terre érigée pour satisfaire aux désirs des services cantonaux compétents pour protéger la faune, la Municipalité de Vuiteboeuf au grand complet attendait une cinquantaine d’invités pour procéder à l’inauguration officielle de la nouvelle station de pompage de la Baumine. Un ouvrage qui s’est fait attendre, mais qui est une «véritable révolution à Vuiteboeuf, et ceci sans doute pour des décennies», comme le relèvera le syndic Georges Karlen, visiblement ravi d’avoir pu mettre ainsi un terme à des années de travaux et d’études.

Un peu d’histoire

C’est à 1988 déjà que remonte la recherche de nouvelles sources d’eau potable à Vuiteboeuf. En effet, la commune était, à l’époque déjà, tributaire de l’eau en provenance des gorges de Covatannaz, une eau pas forcément toujours idoine et sur laquelle reposait un risque important de pollution, compte tenu de la configuration du terrain et du bassin versant. C’est ainsi qu’au travers de diverses sociétés et avec l’appui de l’EPFL, des recherches hydrogéologiques furent entreprises, puis des sondages effectués.

Les roches karstiques du Jura ne sont pas forcément propices à l’accumulation d’eaux utilisables comme eau potable. Parfois, dans ce type de roches, les nappes souterraines ont un débit trop élevé. Par ailleurs, leur protection n’est pas idéale. C’est donc vers d’autres types de sous-sols que les recherches se dirigèrent. Et c’est ainsi que furent découvertes, dans le vallon de la Baumine, des types de sous-sols propices à capter de l’eau potable de grande qualité.

Caractéristiques techniques

La station de pompage de la Baumine est située à 590 mètres d’altitude. Le pompage s’effectue à 200 mètres sous la surface du sol, au moyen de deux pompes, dont l’une est située à 50 mètres de profondeur. La capacité actuelle de pompage est de l’ordre de 500 litres par minute. L’eau ainsi pompée n’a pas besoin d’être filtrée, même pas par un filtre UV. C’est donc dire sa qualité intrinsèque. Elle est conduite par une canalisation qui passe sous la Baumine à une hauteur de 660 mètres, jusque dans le réservoir de la commune, qui a été réaménagé. Ainsi, c’est par gravité que l’eau potable arrive maintenant dans les foyers du village. Après toutes les études, forages, sondages et analyses, le véritable chantier a débuté en août 2010 pour se terminer en été 2011, laissant la place à d’ultimes contrôles et réglages.

Une inauguration sympathique

Sous une tente dressée pour l’occasion, différents orateurs se sont succédé. Le syndic Georges Karlen, qui après avoir remercié tous les intervenants, a rappelé que le pompage permettait, le cas échéant, de raccorder d’autres communes et ainsi de vendre de l’eau potable, un bien encore plus précieux que jamais. L’inspecteur cantonal des eaux, Eric Raetz, est revenu sur la saga des eaux potables de Vuiteboeuf, qui au canton occupe pas moins de sept classeurs fédéraux. Une saga qui se termine bien, mais qui a donné passablement de soucis à tous les intervenants au fil de nombreuses années.

Quant au préfet Albert Banderet, il a bien sûr apporté les salutations et félicitations du canton, en relevant qu’avec une eau d’une telle qualité, les habitants de Vuiteboeuf verraient leur durée moyenne de vie augmenter, ce qui ne serait pas sans incidence sur la facture sociale… un clin d’oeil à un ouvrage important pour le village et qui semble promis à un bel et long avenir.

Photo Olivier Gfeller