Les docteurs Abetel et Morel.

Soutenir les généralistes

Les docteurs Abetel et Morel.

Les docteurs Abetel et Morel.

De partout il est dit que la profession de médecin généraliste connaît une crise grave. Ce sont pourtant les 90% des soins qui sont prodigués par ces docteurs. Malheureusement, les jeunes ont une tendance marquée à choisir une spécialisation. Pour des raisons financières souvent car le généraliste est plus mal payé que les autres, qu’il faut s’astreindre à des horaires de garde (en soirée ou en fin de semaine) et que les assurances se montrent tatillonnes administrativement, au point de décourager certaines vocations.

A Yverdon, à titre d’exemple, cinq médecins arrivent à la retraite et ne trouvent pas de successeur. Il devient donc nécessaire de prendre des mesures afin d’éviter la disparition de ces docteurs de premier recours. Le problème est le même sur le continent nord-américain où désormais on délègue à des infirmières ces soins immédiats, pour soulager un personnel débordé.

Maison des médecins

Différents groupes de travail réfléchissent aux moyens de stopper cette hémorragie. A Orbe, les docteurs Abetel et Morel ont pris l’initiative de créer une maison des médecins dans l’immeuble de la Place du Marché 6, à partir de 2012. Deux étages dans lesquels ces messieurs et leurs confrères Lasserre et Mancini travailleront à plein temps alors que Mmes Lasserre, Nicollier et Saber seront employées à temps partiel. Chaque année, un assistant complète l’équipe qui peut compter aussi sur les services du physiothérapeute Majeur qui possède un cabinet dans le même immeuble.

A l’exemple de Tramelan dont les autorités communales ont construit une maison pareille afin d’attirer de jeunes confrères, Vallorbe souhaite également mettre un terrain à disposition pour la création d’un centre de soins ambulatoires. C’est à Yverdon que l’on prévoit l’instauration d’une maison de garde qui recevra les malades en journée et durant les sept jours de la semaine alors que les polycliniques couvriront les urgences pendant la nuit (celle d’Orbe reçoit de jour) avec le SMUR.

En regroupant les médecins en un même endroit, on parvient ainsi à faciliter l’accès des patients vers un lieu connu avec l’avantage de diminuer les frais généraux et de faciliter l’arrivée de nouveaux confrères dans des cabinets équipés. Car il faut toujours être plus pointu dans une société où les individus deviennent plus vieux et nécessitent davantage de soins, notamment en matière de diabète et d’obésité, sans parler du stress.

15 ans de formation

Il est intéressant aussi de savoir que les banques se montrent moins enclines à accorder des prêts à des médecins qui voudraient s’installer à titre individuel car elles les considèrent comme des commerces peu rentables. Une raison supplémentaire pour ces généralistes de revendiquer des salaires adéquats car leur pouvoir d’achat a baissé avec le temps et les différentes mesures restrictives imposées par les assurances. Cette diminution des médecins de premier recours ne manque pas d’inquiéter. La Confédération avait pris l’option, il y a quelques années, d’un numerus clausus sur cette profession, pensant que plus il y aurait de pratiquants, plus cela coûterait cher.

Une erreur monumentale puisque certaines statistiques semblent vouloir démontrer que l’on manquera de généralistes vers 2030 car il faut quinze ans pour former un médecin tel que le nouveau venu dans ce cabinet, Abram Morel, de Valeyres- sous-Rances. Celui-ci a fait des stages à Saint-Loup, Neuchâtel, en Afrique de l’Ouest et en Israël pour le CICR avant de devenir chef de clinique à la Polyclinique universitaire de Lausanne, tout cela après de longues années d’études ! Actuellement, on forme en Suisse 700 médecins généralistes alors qu’il en faudrait 1200, en précisant, pour étayer cette statistique alarmiste que 60% de ces docteurs de premier recours ont plus de 50 ans !

Photo Pierre Mercier