Pierre-Yves Maillard, président du Conseil d’Etat.

Social: Pierre-Yves Maillard convainc

Pierre-Yves Maillard, président du Conseil d’Etat.

Pierre-Yves Maillard, président du Conseil d’Etat.

Au terme de l’assemblée intercommunale de printemps de la Régionalisation de l’Action Sociale, le président du Conseil d’Etat vaudois, Pierre-Yves Maillard, a fait la démonstration de la volonté de son département d’éviter le gaspillage de l’argent public. Du même coup, il a mis l’accent sur les secteurs qui le préoccupent actuellement soit les jeunes sans formation, les familles working poors (gens qui travaillent mais dont les revenus ne sont pas suffisants) et les chômeurs de longue durée.

Ce secteur de l’aide sociale coûte 360 millions de francs soit un quart du budget de la facture et est en augmentation de 50% par rapport à 2006. Dans notre canton, une personne sur douze est à l’aide sociale mais il est étonnant d’entendre que les bénéficiaires sont le double en pourcentage à Sainte-Croix par rapport à Renens. Concernant une question du représentant de Valeyres-s.-Rances, Thierry Vidmer, le conseiller d’Etat a précisé que le canton doit faire face aux accords bilatéraux conclus par la Confédération avec l’Union Européenne. C’est-à-dire que les étrangers établis récemment chez nous et dont le contrat de travail est rompu, peuvent bénéficier de l’aide sociale mais lorsqu’ils demeurent trop longtemps au chômage, ils perdent leur permis et doivent quitter le pays.

Aides à l’insertion

Les prestations sociales ont été améliorées, notamment pour les familles monoparentales, qui ne bénéficiaient que d’un subside pour l’assurance maladie. Avec l’introduction du PC famille et la rente-pont (pour les chômeurs de près de 60 ans qui ne trouvent plus d’emploi), un millier de dossiers ont été résolus. Le domaine des bourses d’études a été corrigé dans le but d’encourager les jeunes à trouver un apprentissage ou reprendre des études. L’aide était passée de Fr. 2 000.– à Fr. 150.–. Désormais un jeune de plus de 18 ans peut toucher jusqu’à Fr. 700.– auquel s’ajoutera le salaire du jeune, ce qui lui permet d’envisager l’avenir avec plus de sérénité. Sur 1700 dossiers, un millier d’ados ont retrouvé le chemin du travail.

Pierre-Yves Maillard a précisé également que la subvention a été diminuée pour cette catégorie de la population lorsqu’elle tente de l’obtenir systématiquement à la majorité. Dans un futur proche, ces quémandeurs devront justifier l’échec de leurs démarches en matière de travail pour bénéficier de cette subvention, tout cela pour éviter les abus. Le Canton négocie avec les hôpitaux, EMS, etc., pour qu’ils prennent en stage 200 jeunes gens sans emploi, en souhaitant l’engagement de la moitié d’entre eux. Les premiers résultats de cette politique sont positifs puisque 56% de ces jeunes finissent leur apprentissage sans échec. Le domaine de la santé offrant un créneau intéressant en matière d’emplois, un effort sera également demandé aux garderies et à la formation de mamans de jour.

Diminution des demandes

Le coaching familial est un autre secteur dans lequel on s’emploie à tenter d’augmenter le taux d’activité de ses membres pour augmenter leurs revenus. Le président du Conseil d’Etat relève aussi que Vaud est l’un des seuls cantons à avoir engagé des enquêteurs pour veiller à ce que des abus ne soient pas commis. Il faut préciser que l’augmentation de demandeurs du Revenu d’Insertion (RI) est en diminution (3,4% en février 2013).

Si la facture sociale coûte toujours plus cher, on le doit à la conjoncture qui n’est plus aussi favorable qu’elle ne l’était au début des années 2000. En ce qui concerne les Centres Sociaux Régionaux (CSR), des aménagements ont été mis en place afin de permettre aux assistants sociaux de se concentrer sur leur fonction si bien que les paiements des subsides incombent désormais aux adjoints administratifs.

Les explications claires de Pierre-Yves Maillard ont convaincu la centaine de représentants des localités du district du Jura-Nord vaudois puisque très peu de questions lui ont été posées dans un domaine qui fait l’objet pourtant de bien des contestations de la part des exécutifs communaux. Il faut noter enfin que le CSR régional a effectué du bon travail puisqu’il a pu rendre près d’un million de francs au canton qui lui attribue l’argent nécessaire en fonction des dossiers auxquels il doit répondre.

Photo Pierre Mercier