La conseillère d’Etat Béatrice Mettraux convaincue mais qui ne convainc guère.

Quand une conseillère d’Etat rencontre des syndics à Chavornay

La conseillère d’Etat Béatrice Mettraux convaincue mais qui ne convainc guère.

La conseillère d’Etat Béatrice Mettraux convaincue mais qui ne convainc guère.

Visiblement aucun des élus locaux n’a été convaincu par la présentation du nouveau produit, à savoir le PDR, le plan directeur régional, dont l’établissement est fortement suggéré aux districts.

Les syndics nord-vaudois sont-ils particulièrement frondeurs? Ils étaient en tout cas très à l’aise dans leur rôle d’irréductibles Gaulois viscéralement méfiants face à tout ce qui arrive de Rome.

Plan stratégique contre plan directeur régional

Pour redevenir plus factuel, il convient de rappeler que notre région, sous l’égide de L’ADNV, a réalisé déjà une vaste étude de stratégie régionale notamment sous l’angle de l’aménagement du territoire et que les élus locaux considèrent – non sans raison – que ce travail devrait répondre aux attentes cantonales.
La conseillère d’Etat Béatrice Mettraux, si elle a salué la valeur stratégique de l’étude menée par l’ADNV, considère toutefois qu’il y manque le versant opérationnel qui en ferait un véritable outil de coordination avec l’ensemble des thématiques, dont l’économie et le logement, en passant par l’urbanisation et la définition de centres locaux.

Les centres locaux

Concernant les centres locaux qui semblent constituer le blocage principal sur ce dossier, il faut savoir qu’il s’agit de localités telles que Ballaigues par exemple, qui seraient appelées à jouer un rôle de pôle socio-économique et qui se verraient de ce fait dispensées - en tout cas partiellement - de la «clause guillotine» des 15% maximum d’augmentation de la population d’ici 2023.

Le Conseil d’Etat semble donc sur ce point manier la carotte – si vous voulez des centres locaux, il faut accepter le principe d’un PDR – mais, aux dires du syndic de Ballaigues qui n’épargne aucun projet cantonal de sa gouaille désormais légendaire, ces centres ne seraient que des miroirs aux alouettes…
D’autres amabilités fusèrent dans l’assistance, tel syndic constatant que le SDT (Service du développement territorial) était «un service tout puissant qui veut réinventer la roue et fournit les bureaux d’ingénieurs en travail», tel autre ne voulant pas entendre parler d’un «classeur trop rapidement caduc».

Communes contre canton

L’observateur sort perplexe d’une telle assemblée tant l’impression qui domine est la profonde fracture entre le canton et les communes. S’il est assez logique de constater des réticences communales par rapport au foisonnement de projets cantonaux et fédéraux, qui s’attaquent plus ou moins directement au porte-monnaie communal, c’est surtout sur la forme que le canton doit faire des progrès. Le style de communication par trop technocratique a le don d’échauffer les élus locaux qui traitent quotidiennement de réalités de terrain.

Poser l’exigence d’un nouveau plan directeur est à ce stade une maladresse politique face à un district qui a mené une réflexion stratégique de qualité. Il aurait été plus raisonnable de valider l’exercice de l’ADNV et de négocier quelques compléments pour lesquels on aurait au préalable établi l’absolue nécessité. Dans les faits, on s’acheminera probablement vers cette solution.

Lors de la prochaine législature cantonale, les cinquante députés porteurs d’une casquette municipale risquent le conflit de loyauté entre leurs deux serments.
Et pourtant, à y regarder de plus près, il s’agit de la même loyauté et du même pays!

Photo Denis-Olivier Maillefer