Stéphane Warpelin, chef de poste à Orbe.

Police intercommunale: ce qui a fait la décision

Stéphane Warpelin,  chef de poste à Orbe.

Stéphane Warpelin, chef de poste à Orbe.

58 voix pour, 32 voix contre. C’est le score sans appel, connu maintenant depuis une semaine, et réservé à la police intercommunale du Nord vaudois par le délibérant d’Yverdon-les-Bains.
Alors que la commission chargée de rapporter sur cet objet proposait à l’unanimité le rejet pur et simple du projet, il est utile de s’attarder quelque peu sur les raisons qui ont permis ce retournement de situation significatif et rare dans un tel contexte.

Des commissaires résolument négatifs

Dans un rapport univoque et résolument négatif dans son approche, la commission a additionné les bonnes raisons, à ses yeux, de refuser le projet: périmètre géographique «baroque» et organisation territoriale prévue inadéquate, perte irrémédiable de pouvoir de contrôle démocratique sur la police de proximité, projet globalement mal ficelé et dont les retombées financières sont floues, pur cadeau à Orbe qui ne peut s’en sortir seule.

Bref, les commissaires n’ont rien trouvé de bon pour Yverdon-les-Bains dans le projet municipal et l’ont clairement fait savoir. Même si le projet n’est pas parfait, même si le règlement de l’association comporte quelques articles méritant des retouches, il a trouvé des défenseurs dont les arguments ont fait mouche. Pas chez les Verts, certes, unanimement recroquevillés derrière une conception à courte vue de la sécurité et une approche par trop empreinte d’esprit local et comptable. Pas plus chez quelques PLR, rangés derrière l’ancienne préfète Pierrette Roulet-Grin qui roulait clairement pour un traitement local et non régional de la sécurité, citant à l'appui de son argument des augmentations très importantes de la criminalité dans la ville-centre… mais aussi dans les campagnes reculées.

Le peuple vaudois a refusé la police unique

Pourtant, le peuple a refusé la police unique et le Grand Conseil en a tiré les conséquences en accouchant péniblement l’an passé de la nouvelle organisation policière cantonale, dite police coordonnée. Qui dit coordination, dit corps à coordonner, et donc corps municipaux ou régionaux coexistants. Dans ce cadre, ce ne sont pas moins de 10 polices communales ou intercommunales qui existent ou sont en train de se mettre en place dans le canton, et qui viendront compléter le dispositif de la gendarmerie cantonale.

Dans sa très grande majorité, le PLR, par la voix d’Eric Gentizon, a annoncé qu’il soutiendrait le projet. Même son de cloche chez les socialistes, dont le porte-parole Stéphane Balet a annoncé clairement la couleur. Essentiellement d’ailleurs au nom de la solidarité intercommunale et pour affirmer le rôle de ville-centre aidant sa périphérie plutôt que de jouer en solo. Chez les UDF-verts libéraux, la cause était nettement plus partagée, au point qu’ils ont demandé et obtenu que le vote se fasse à bulletin secret.

Avant tout un problème de sécurité

Olivier Kernen a rappelé que pour créer quelque chose, il faut bien partir de quelque part, même si ce quelque part n’est pas parfait. Montrer aux autres que cette police peut être un succès permettra probablement à d’autres communes de rejoindre le système, surtout lorsqu’elles compareront les coûts et bénéfices de cette dernière avec ceux des fameuses prestations complémentaires de la gendarmerie. Finalement, pour l’élu socialiste, «le problème principal, trop absent des débats, est celui de la sécurité. La meilleure façon de l’assurer est de disposer d’un corps intercommunal capable d’être mobilisé en nombre suffisant dans toute une série de circonstances potentielles».